jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE01898 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DUPLANTIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C B a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du 10 septembre 2021 par lequel le préfet du Cher lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français et lui a fait obligation de quitter le territoire français.
Par un jugement n° 2104562 du 13 juillet 2022, le tribunal administratif d'Orléans a annulé cet arrêté, a enjoint au préfet du Cher de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois et, dans l'attente, de la munir d'une autorisation provisoire de séjour et a mis à la charge de l'Etat le versement à Me Duplantier d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Duplantier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2022, le préfet du Cher demande à la cour d'annuler ce jugement.
Il soutient que :
- un faisceau d'indices sérieux et concordants l'a conduit à suspecter que les reconnaissances des enfants de Mme B par M. A ont été souscrites dans le but de faciliter l'obtention d'un titre de séjour au profit de l'intéressée ; ces éléments s'opposent à la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français selon les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- aucun élément n'a été apporté permettant de prouver la contribution de M. A à l'entretien et à l'éducation des enfants.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2023, Mme B, représentée par Me Duplantier, avocate, conclut au rejet de la requête, à ce que l'arrêté du 10 septembre 2021 soit annulé, qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 1 300 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par le préfet du Cher ne sont pas fondés.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles du 14 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Danielian a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ressortissante surinamaise née le 2 novembre 1984, est, selon ses déclarations, entrée pour la dernière fois en Guyane française en 2017, accompagnée de ses trois filles, nées respectivement les 3 novembre 1999, 28 mai 2001 et 26 juin 2005. Elle a ensuite irrégulièrement rejoint le territoire français métropolitain en juin 2020, également selon ses déclarations, avec sa fille cadette, Olyshana A. Le 14 avril 2021, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français. Par arrêté en date du 10 septembre 2021, le préfet du Cher a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Le préfet du Cher fait appel du jugement du 13 juillet 2022 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a annulé son arrêté, lui a enjoint de délivrer à Mme B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et a mis à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur le moyen d'annulation retenu par le tribunal administratif :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". En outre, aux termes de l'article 31-2 du code civil : " Le certificat de nationalité indique, en se référant aux chapitres II, III, IV et VII du présent titre, la disposition légale en vertu de laquelle l'intéressé a la qualité de Français, ainsi que les documents qui ont permis de l'établir. Il fait foi jusqu'à preuve du contraire. Pour l'établissement d'un certificat de nationalité, le directeur des services de greffe judiciaires du tribunal judiciaire pourra présumer, à défaut d'autres éléments, que les actes d'état civil dressés à l'étranger et qui sont produits devant lui emportent les effets que la loi française y aurait attachés ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. Cette obligation ne cesse de plein droit ni lorsque l'autorité parentale ou son exercice est retiré, ni lorsque l'enfant est majeur ".
4. Si un acte de droit privé opposable aux tiers est en principe opposable dans les mêmes conditions à l'administration tant qu'il n'a pas été déclaré nul par le juge judiciaire, il appartient cependant à l'administration, lorsque se révèle une fraude commise en vue d'obtenir l'application de dispositions de droit public, d'y faire échec, même dans le cas où cette fraude revêt la forme d'un acte de droit privé. Ce principe peut conduire l'administration, qui doit exercer ses compétences sans pouvoir renvoyer une question préjudicielle à l'autorité judiciaire, à ne pas tenir compte, dans l'exercice de ces compétences, d'actes de droit privé opposables aux tiers. Tel est le cas pour la mise en œuvre des dispositions précitées de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'ont pas entendu écarter l'application des principes ci-dessus rappelés. Par conséquent, si la reconnaissance d'un enfant est opposable aux tiers, en tant qu'elle établit un lien de filiation et, le cas échéant, en tant qu'elle permet l'acquisition par l'enfant de la nationalité française, dès lors que cette reconnaissance a été effectuée conformément aux conditions prévues par le code civil, et s'impose donc en principe à l'administration tant qu'une action en contestation de filiation n'a pas abouti, il appartient néanmoins au préfet, s'il est établi, lors de l'examen d'une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la reconnaissance de paternité a été souscrite dans le but de faciliter l'obtention de la nationalité française ou d'un titre de séjour, de faire échec à cette fraude et de refuser, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, tant que la prescription prévue par les articles 321 et 335 du code civil n'est pas acquise, la délivrance du titre de séjour sollicité par la personne se présentant comme père ou mère d'un enfant français.
5. Pour annuler l'arrêté en litige, le tribunal administratif d'Orléans a estimé que le préfet ne pouvait être regardé comme ayant apporté des éléments précis et concordants de nature à établir que M. A ne serait pas le père biologique des enfants de la requérante. Puis, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 423-8, le tribunal a apprécié le droit au séjour de l'intéressée, en l'absence de preuve de la contribution du père et d'une décision de justice, au regard de sa vie privée et familiale et de l'intérêt supérieur de sa fille mineure résidant en France et a accueilli, dans les circonstances très particulières de l'espèce, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, combiné à l'article L. 423-8 du même code, selon lequel le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant.
6. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment d'un entretien administratif mené par la référente fraude départementale du Gers le 5 août 2021 que si M. A, né en 1963, reconnaît avoir entretenu une relation amoureuse avec Mme B, celle-ci n'aurait débuté qu'en 2012 ou 2013 et aurait duré environ trois ans, soit bien après les naissances de ses trois filles qu'elle a eues en novembre 1999, mai 2001 et juin 2005 alors qu'elle était âgée, respectivement, de 15 ans, 16 ans et 20 ans. Mme B, qui n'a pas été en mesure d'apporter des éléments circonstanciés sur sa rencontre ni sur sa relation de 1999 à 2015 avec M. A, ne justifie pas davantage de la présence de ce dernier au Surinam lors de la conception des trois filles. Celui-ci dément d'ailleurs expressément être le père biologique des enfants et avoir entrepris la moindre démarche en vue d'une reconnaissance de sa paternité à leur égard, affirmant s'être juste engagé oralement. S'il a signé, le 5 juillet 2013 et en présence de la requérante, un acte de reconnaissance de paternité des trois filles de Mme B, cette reconnaissance a été faite au Surinam, par un officier d'état-civil du district Wanica et sur un document n'ayant été établi qu'en langue néerlandaise. En outre, cette reconnaissance est intervenue très tardivement, l'intéressé déclarant que les enfants ne sont jamais venues habiter chez lui en Guyane, mais sont restées au Surinam pendant tout le temps de sa relation avec leur mère, ce qui est corroboré par les déclarations de cette dernière qui affirme n'être entrée en Guyane par bateau avec ses trois enfants qu'en 2017. Il affirme en outre avoir cessé tout contact avec elle en 2015, après avoir su qu'elle remettait l'argent qu'il lui donnait au père des enfants, dont il a d'ailleurs constaté la présence lors d'un voyage au Surinam où il se rendait parfois en tant qu'orpailleur travaillant dans la forêt amazonienne. Il ressort enfin des pièces du dossier que la mairie de Grand-Santi (Guyane) l'a contacté pour l'informer que Mme B s'était présentée à la mairie pour demander son acte de naissance, obtenu frauduleusement, et au vu duquel elle a obtenu indûment du tribunal judiciaire de Cayenne des certificats de nationalité française de ses filles le 29 avril 2020, faits pour lesquels le préfet a saisi le procureur de la République de Bourges, sur le fondement de l'article 40 du code de procédure pénale, le 8 septembre 2021. Au regard de l'ensemble de ces éléments, le préfet du Cher doit être regardé, dans les circonstances de l'espèce, comme ayant apporté des éléments suffisamment précis et concordants de nature à permettre de tenir pour établi que la reconnaissance de paternité, dont se prévaut Mme B, a été effectuée dans le but d'obtenir frauduleusement un titre de séjour. Dans ces conditions, le préfet du Cher est fondé à soutenir c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a annulé l'arrêté en litige au motif que les dispositions des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile auraient été méconnues.
7. Il appartient toutefois à la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par Mme B devant le tribunal administratif d'Orléans et la cour.
Sur les autres moyens invoqués par Mme B :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
8. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Cher aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ;() ". Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du titre de séjour du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues à l'article L. 423-7 auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.
10. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, Mme B ne remplissait pas les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le préfet du Cher n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
12. Si Mme B fait valoir qu'elle réside en France métropolitaine depuis juin 2020 avec sa fille cadette, laquelle est scolarisée en seconde professionnelle, il ressort toutefois des pièces du dossier que l'intéressée, célibataire, est entrée sur le territoire national, en Guyane puis en métropole, respectivement en 2017 puis 2020, soit quatre ans seulement à la date de la décision attaquée. Si elle soutient qu'un de ses frères et une de ses sœurs, ses tantes et ses cousins résident en France métropolitaine, et qu'elle a perdu sa mère et deux de ses frères au Surinam, elle n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations. En outre, elle ne justifie pas davantage être dépourvue de toute attache dans son pays d'origine où résident deux frères et une sœur et où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans au moins. Si elle se prévaut d'une inscription à une formation " Accueil et Promotion " afin d'apprendre la langue française en 2021 ainsi que de trois jours de travail dans la cueillette de pommes du 7 au 10 septembre 2021, ces seuls éléments sont insuffisants pour établir l'existence d'une intégration professionnelle et d'une insertion sociale en France. Dans ces conditions, l'arrêté litigieux n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté aurait été pris en méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré d'une erreur manifeste d'appréciation dont serait entaché l'arrêté contesté doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, aucuns des moyens dirigés contre la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour n'ayant prospéré, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité de cette décision à l'appui des conclusions à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; ". Pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 6, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet du Cher est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a annulé son arrêté du 10 septembre 2021. La demande présentée par Mme B devant le tribunal administratif d'Orléans et l'ensemble de ses conclusions présentées en appel doivent, en conséquence, être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : Le jugement n° 2104562 du tribunal administratif d'Orléans du 13 juillet 2022 est annulé.
Article 2 : La demande présentée par Mme B devant le tribunal administratif d'Orléans et ses conclusions d'appel sont rejetées.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme C B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Cher.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
Mme Danielian, présidente assesseure,
Mme Liogier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
I. DanielianLa présidente,
L. Besson-LedeyLa greffière,
T. TollimLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026