jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE02026 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Avocat requérant | SELAS CHETIVAUX-SIMON |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Les sociétés Garages automobiles services et MMA IARD ont demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de condamner la commune de Garges-lès-Gonesse à verser à la société Garages automobiles services la somme de 11 634 euros correspondant aux sommes demeurées à sa charge au titre du dommage survenu le 21 juillet 2014, de la condamner à verser à la société MMA IARD, subrogée dans les droits de la société Garages automobiles services, la somme de 90 799,88 euros et de mettre à la charge de la commune de Garges-lès-Gonesse la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un jugement n° 1810834 du 14 juin 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 11 août 2022, les sociétés Garages automobiles services et MMA IARD, représentées par Me Oulad Bensaid, avocate, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) à titre principal, de condamner la commune de Garges-lès-Gonesse à leur verser respectivement la somme de 11 634 euros et la somme de 90 799,88 ;
3°) à titre subsidiaire, de condamner la société Fayolle et Fils à leur verser ces sommes ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Garges-lès-Gonesse la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- le jugement attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation ;
- les dommages subis par la société Garages automobiles services sont imputables au réseau d'évacuation des eaux pluviales ; le rapport d'expertise du cabinet Elex souligne l'insuffisante capacité du bassin d'orage appartenant à la commune en cas de fortes pluies ; alors que la commune avait connaissance de ce sous-dimensionnement, il n'est pas établi que le bassin avait fait l'objet de modifications substantielles permettant d'accroitre sa capacité ; la société Garages automobiles services a subi d'autres sinistres du même type postérieurement à celui du 21 juillet 2014 ; le bassin d'orage appartenant à la commune a été identifié comme étant à l'origine des désordres subis lors des neufs réunions d'expertise qui se sont tenues et par le cabinet Elex ;
- l'orage, qui était prévisible en période estivale, ne caractérise pas un événement de force majeure ; le bulletin météo du mois de juillet 2014 ne fait état d'aucun événement météorologique particulier et l'état de catastrophe naturelle n'a pas été déclaré ;
- la commune de Garges-lès-Gonesse, maître de l'ouvrage, est responsable des désordres dès lors qu'ils sont imputables au dimensionnement de l'ouvrage ;
- dans le cas où les désordres seraient considérés comme imputables au fonctionnement de l'ouvrage et non à son dimensionnement, la cour devra condamner la société Fayolle et Fils en sa qualité de délégataire ;
- les dommages matériels subis par la société Garages automobiles ont été chiffrés à la somme de 83 148,88 euros, les dommages extérieurs à la somme de 6 200 euros et la perte d'exploitation à 13 085 euros, soit un coût total de 102 433,88 euros ;
- la société MMA IARD, subrogée dans les droits de la société Garages automobiles services, a versé à son assurée la somme de 90 799,88 euros correspondant aux dommages matériels et à la perte d'exploitation après déduction des franchises ;
- la société Garages automobiles services a conservé à sa charge la somme de 6 200 euros correspondant au coût de remise en état du parking qui n'était pas garanti, la somme de 200 euros correspondant à la franchise pour les dommages matériels et la somme de 5 234 euros correspondant à la franchise pour les pertes d'exploitation, soit la somme totale de 11 634 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2022, la société Fayolle et Fils, représentée par Me Didi Moulai, avocate, demande à la cour :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de mettre à la charge solidaire des sociétés Garages automobiles services et MMA Iard la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les sociétés requérantes ne sont pas recevables à présenter pour la première fois en appel des conclusions à fin de condamnation dirigées contre elle ;
- sa responsabilité ne peut être engagée dès lors que sa mission, en tant que délégataire du service public, était d'assurer la surveillance et l'entretien du réseau ainsi que les réparations nécessaires à l'accomplissement de ces missions, que c'est la conception même du réseau qui est à l'origine du sinistre et qu'aucun défaut d'entretien, de surveillance ou d'exploitation de sa part n'a été relevé lors des opérations d'expertise amiable.
La requête a été communiquée à la commune de Garges-lès-Gonesse qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. La société Garages automobiles services, qui exploite une concession automobile à Garges-lès-Gonesse (Val-d'Oise), et son assureur, la société MMA IARD, font appel du jugement du 14 juin 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande tendant à la condamnation de la commune de Garges-lès-Gonesse à leur verser respectivement la somme de 11 634 euros et la somme de 90 799,88 euros, en réparation des dommages ayant résulté de l'inondation du parking et des locaux de la société Garages automobiles services survenue le 21 juillet 2014. Elles demandent à la cour, à titre principal, de prononcer la condamnation de la commune de Garges-lès-Gonesse et, à titre subsidiaire, celle de la société Fayolle et Fils, chargée de la gestion du service public communal d'assainissement collectif des eaux usées et pluviales en vertu d'un contrat d'affermage en date du 15 janvier 2013.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Si les sociétés requérantes soutiennent que le tribunal administratif a commis une erreur d'appréciation, un tel moyen est relatif au bien-fondé du jugement et est sans influence sur sa régularité. Il doit, par suite, être écarté.
Au fond :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la commune de Garges-lès-Gonesse :
4. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
5. Par ailleurs, en cas de délégation limitée à la seule exploitation de l'ouvrage, comme c'est le cas en matière d'affermage, si la responsabilité des dommages imputables à son fonctionnement relève du délégataire, sauf stipulation contractuelle contraires, celle résultant de dommages imputables à son existence, à sa nature et son dimensionnement, appartient à la personne publique délégante.
6. En l'espèce, contrairement à ce que soutiennent les sociétés requérantes, il ne résulte pas du rapport établi par le cabinet Elex le 11 juillet 2016, qui ne se prononce pas sur l'imputabilité du sinistre, que l'inondation des locaux de la société Garages automobiles services survenue le 21 juillet 2014 au cours d'un violent orage aurait pour origine un sous-dimensionnement du réseau d'assainissement de la commune de Garges-lès-Gonesse. Par ailleurs, si le schéma directeur d'assainissement de la commune d'avril 2007 mettait en évidence d'importantes insuffisances capacitaires des réseaux pluviaux, en mentionnant notamment comme point critique la rue Marcel Cerdan, où est implantée la société Garages automobiles services, il résulte toutefois de la délibération n° 8 du conseil municipal de la commune de Garges-lès-Gonesse du 14 mai 2009, qu'un marché d'un montant de 415 395 euros hors taxe a été attribué pour la réalisation de travaux sur le bassin de rétention de la rue Marcel Cerdan. Si les sociétés requérantes soutiennent en appel qu'il n'est pas établi que ce marché aurait été exécuté, elles n'apportent aucun élément de nature à faire présumer que les travaux n'auraient pas eu lieu. Enfin, si elles justifient en appel que la société Garages automobiles services a connu deux nouveaux sinistres similaires en mai et juillet 2018, les rapports du cabinet Polyexpert du 30 octobre 2018 et du 22 janvier 2019 sur ces derniers sinistres ne permettent pas de mettre en cause le dimensionnement du réseau. Dans ces conditions, les sociétés requérantes n'établissent pas que les dommages qu'elles ont subis sont imputables au dimensionnement du réseau d'assainissement. Dès lors, elles ne sont pas fondées à rechercher la responsabilité de la commune de Garges-lès-Gonesse.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la société Fayolle et Fils :
7. En première instance, les sociétés Garages automobiles services et MMA IARD n'ont pas présenté de conclusions contre la société Fayolle et Fils. Par suite, les conclusions qu'elles présentent contre celle-ci en appel constituent, ainsi que l'oppose en défense la société Fayolle et Fils, une demande nouvelle et ne sont, dès lors, par recevables. Elles doivent, par suite, être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête des sociétés Garages automobiles services et MMA IARD est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les frais liés à l'instance :
9. La commune de Garges-lès-Gonesse n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme sollicitée à ce titre par les sociétés requérantes soit mise à sa charge. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés Garages automobiles services et MMA IARD la somme de 1 000 euros que la société Fayolle et Fils demande sur le fondement de ces dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête des sociétés Garages automobiles services et MMA IARD est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la société Fayolle et Fils tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Garages automobiles services, à la société MMA IARD, à la commune de Garges-lès-Gonesse et à la société Fayolle et Fils.
Fait à Versailles le 27 avril 2023.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne SIGNERIN-ICRE
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026