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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-22VE02125

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-22VE02125

mardi 5 mars 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-22VE02125
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL AEQUAE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination, lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'a informé de ce qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

Par un jugement n° 2110980 du 29 juillet 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 26 août 2022, M. B, représenté par Me Vitel, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail ;

4°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de refus de séjour est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de ces dispositions ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu l'étendue de sa compétence en ne procédant pas, malgré tout, à la régularisation de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est insuffisamment motivée et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant serbe né le 7 septembre 1975 à Neuss (Allemagne), qui a déclaré être entré en France le 6 mars 2012, a sollicité son admission au séjour au titre des dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 juillet 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. B relève appel du jugement du 29 juillet 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué comporte, en toutes ses décisions, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il est ainsi suffisamment motivé, alors même qu'il ne présente pas une description exhaustive de la situation personnelle du requérant. Cette motivation ne révèle en outre aucun défaut d'examen de sa situation personnelle et familiale.

4. En deuxième lieu, le requérant soutient, comme en première instance, que le préfet des Hauts-de-Seine aurait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour. A cet égard, le requérant fait valoir qu'il réside habituellement en France depuis 2012, soit neuf ans à la date de l'arrêté attaqué, qu'il vit avec son fils, en situation régulière, et sa petite-fille, de nationalité française, ainsi que son ex-épouse et sa fille, qu'il exerce depuis 2019 le métier de poseur de menuiseries, qu'il est en possession d'un contrat à durée indéterminée depuis septembre 2021, qu'il est parfaitement intégré au sein de la société française et qu'il est dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Toutefois, la circonstance que le requérant justifierait d'une résidence habituelle en France depuis 2012, soit neuf ans à la date de l'arrêté attaqué, ne constitue pas, à elle seule, un motif d'admission exceptionnelle au séjour, alors même, au surplus, que l'ancienneté de sa résidence résulte de sa soustraction à plusieurs décisions d'éloignement prises à son encontre en 2014 et 2017. De même, les éléments relatifs à la situation professionnelle et familiale de l'intéressé ne suffisent pas à établir l'existence d'un tel motif. A cet égard, et alors que son ex-épouse et sa fille majeure se maintiennent également en situation irrégulière sur le territoire national, M. B ne démontre ni même n'allègue que sa présence auprès de son fils et de sa petite-fille serait indispensable. Enfin, si l'intéressé produit pour la première fois en appel une attestation établie le 31 août 2022 par le gardien de sa résidence et des bulletins de paie couvrant la période de janvier 2022 à juillet 2022 mentionnant un revenu moyen net d'environ 1 300 euros, ces éléments sont postérieurs à l'arrêté attaqué et ne sont en tout état de cause pas de nature à remettre en cause l'appréciation des premiers juges. Dans ces conditions, en estimant qu'en l'absence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, la situation personnelle, familiale et professionnelle du requérant ne justifiait pas son admission exceptionnelle au séjour, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas entaché l'arrêté attaqué d'une erreur manifeste au regard des dispositions de l'article L. 435-1. Enfin, il ne résulte pas des pièces du dossier et des éléments exposés ci-dessus que le préfet aurait méconnu l'étendue de sa compétence en ne procédant pas, malgré tout, à la régularisation de la situation du requérant. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

5. En troisième lieu, M. B reprend en appel les moyens tirés de ce que le préfet des Hauts-de-Seine aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de ce que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, et alors qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident sa mère, sa demi-sœur et son demi-frère et où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente-sept ans, ces moyens doivent être écartés pour les motifs exposés au point 4. de la présente ordonnance.

6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de séjour, de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

7. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en n'accordant pas au requérant, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur au délai de droit commun de trente jours, prévu par l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet aurait commis une erreur d'appréciation.

8. En sixième lieu, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de renvoi doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire, de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

9. En dernier lieu, d'une part, il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire, de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. D'autre part, et pour les motifs exposés au point 4. de la présente ordonnance, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas inexactement appliqué les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a commis aucune erreur d'appréciation, en prononçant à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Versailles, le 5 mars 2024.

Le Conseiller d'État,

Président de la cour administrative d'appel de Versailles

T. OLSON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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