mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE02155 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Le préfet des Hauts-de-Seine a, par une requête enregistrée le 22 juillet 2022, demandé à la juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement des dispositions de l'article L. 554-1 du code de justice administrative et de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, d'ordonner la suspension, d'une part, de l'exécution de la décision n° 2022/68 du 19 mai 2022 par laquelle le maire de la commune de Malakoff a approuvé la convention avec l'association " Union des Musulmans de Malakoff " relative à la mise à disposition, à titre précaire et onéreux, du local situé 1 rue Avaulée et a autorisé la signature de cette convention ainsi que tous les actes administratifs en découlant, d'autre part, et " par extension ", de la convention de mise à disposition.
Par une ordonnance n° 2210366 du 17 août 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la demande du préfet des Hauts-de-Seine.
Par un jugement
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 30 août 2022, le préfet des Hauts-de-Seine, demande à la Cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision n° 2022/68 du 19 mai 2022 par laquelle le maire de la commune de Malakoff a approuvé la convention avec l'association " Union des Musulmans de Malakoff " relative à la mise à disposition, à titre précaire et onéreux, du local situé 1 rue Avaulée et a autorisé la signature de cette convention ainsi que tous les actes administratifs en découlant, et " par extension ", de la convention de mise à disposition ;
Il soutient que :
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision n° 2022/68 du 19 mai 2022 au regard des articles 2 et 19-2 de la loi du 9 décembre 1905, notamment au moyen qu'il n'existe pas de circonstances matérielles justifiant le faible montant de la redevance fixée par la convention et qu'il n'y a pas de caractère précaire de l'occupation ;
- il existe également un doute sérieux quant à la légalité de cette décision au regard des articles 10 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 et 1er du décret n° 2001-495 du 6 juin 2001, en raison de l'absence de conclusion d'une convention d'objectifs et de moyens.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, la commune de Malakoff, représentée par Me Seban, avocat, conclut au rejet de la requête et demande à la cour de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le préfet ne pouvait se fonder sur l'évaluation de la valeur locative réelle par le pôle Evaluation domaniale de la DDFIP 92 pour soutenir que le montant de l'indemnité n'était pas justifié, notamment parce que cette évaluation n'intègre, ni la vétusté du bâtiment initial, ni les travaux pris en charge par l'association, ni la précarité de l'occupation.
- le montant de l'indemnité est également justifié par un intérêt public qui réside dans la préservation de la valeur patrimoniale du bien communal dans l'attente de la réalisation d'un projet d'aménagement ;
- le montant de l'indemnité doit intégrer le fait que l'association n'exerce aucune activité à but lucratif ;
- ce montant correspond aux pratiques constatées pour les locaux compris au sein du périmètre de la réserve foncière ;
- l'absence de conclusion d'une convention d'objectifs et de moyen est non seulement justifiée par l'absence de subvention versée par la commune mais elle est également sans effet sur la légalité de la décision accordant la subvention ;
- à titre subsidiaire, le déféré préfectoral était irrecevable en première instance dès lors que la décision attaquée a épuisé ses effets le 23 mai 2022, date de la signature de la convention par les parties ;
- à titre infiniment subsidiaire, la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des effets de l'annulation d'un acte détachable d'une convention de droit privé.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 30 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut aux mêmes fins que sa requête initiale.
Il soutient que :
- la requête est recevable car la mise à disposition du bien n'a pas fini de produire ses effets ;
- la précarité de l'occupation ne peut être déduite du fait que la commune n'aurait pas la main sur l'opération financière, puisque si le bien a été acquis par l'EPFIF en vue du portage foncier de l'opération d'aménagement à venir, elle est consultée pour l'ensemble des opérations qui interviennent dans ce cadre ;
- l'indemnité prévue par la convention n'est pas justifiée par un quelconque intérêt général et l'absence d'occupation précaire fait obstacle à l'existence de contreparties suffisantes ;
- l'évaluation effectuée par la DDFIP 92 ne saurait être erronée dès lors qu'elle intègre des éléments soulevés par la commune elle-même, à savoir que les locaux ont été réhabilités en 2019 pour accueillir du public mais aussi pour un usage de bureau ;
- le parallèle avec d'autres conventions n'est en rien pertinent dès lors que les surfaces et les usages de ces bâtiments diffèrent nettement.
Vu :
- le jugement n° 2210401 du 15 décembre 2022 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la Cour a désigné M. A, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les premiers vice-présidents () des cours () peuvent, par ordonnance : () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
3. Il résulte de l'instruction que, par un jugement n° 2210401 du 15 décembre 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est prononcé de manière définitive sur la requête déposée en première instance par le préfet des Hauts-de-Seine et tendant à l'annulation, d'une part, de la décision de la maire de la commune de Malakoff approuvant la convention signée avec l'association " Union des musulmans de France " et relative à la disposition à titre précaire et onéreux d'une dépendance du domaine privé ainsi que de tous les actes administratifs qui en découlent, d'autre part, de la convention de mise à disposition. Par suite, dès lors qu'il a été statué sur la requête en annulation, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la présente requête tendant à la suspension de ces deux actes.
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Malakoff sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête du préfet des Hauts-de-Seine.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Malakoff au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet des Hauts-de-Seine, à la commune de Malakoff et à l'association " Union des Musulmans de Malakoff ".
Fait à Versailles, le 20 décembre 2022.
Le juge des référés
B. A
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026