jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE02189 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP CALENGE-GUETTARD-MICOU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler la décision du maire de la commune de Lamotte-Beuvron du 19 juillet 2019 l'informant du non-renouvellement de son contrat de travail, ensemble la décision du 12 décembre 2019 rejetant son recours gracieux, et de condamner la commune de Lamotte-Beuvron à lui verser la somme de 30 000 euros en réparation de ses préjudices.
Par un jugement n° 2000585 du 23 juin 2022, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 5 septembre 2022 et 25 avril 2024, M. B, représenté par Me Veauvy, avocat, demande à la cour :
1°)d'annuler ce jugement ;
2°)d'annuler ces décisions ;
3°)de condamner la commune de Lamotte-Beuvron à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation de ses préjudices et au titre de l'indemnité de licenciement à laquelle il pouvait prétendre ;
4°)de mettre à la charge de la commune de Lamotte-Beuvron le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est irrégulier, le tribunal administratif n'ayant pas répondu au moyen tiré de ce que son contrat devait être requalifié en contrat à durée indéterminée ;
- il n'a pas été en mesure de consulter son dossier ;
- il n'a pas été convoqué à un entretien lui indiquant que son contrat risquait de ne pas être renouvelé pour motif disciplinaire ;
- les mêmes faits ayant déjà donné lieu à un avertissement, il ne pouvait être sanctionné deux fois pour ces mêmes faits ;
- la décision de non renouvellement de son contrat aurait dû être précédée d'un entretien conformément à l'article 30-1 du décret du 15 février 1988 ;
- son contrat doit être requalifié en contrat à durée indéterminée ;
- la décision de non-renouvellement n'est pas fondée ;
- il pouvait prétendre à une indemnité de licenciement de 2 357,68 euros ; il a subi une perte de revenus de 1 000 euros par mois pendant vingt-huit mois ; il a souffert d'un préjudice moral.
Par deux mémoires en défense, enregistrés respectivement les 11 avril 2024 et 15 mai 2024, la commune de Lamotte-Beuvron, représentée par Me Micou, avocat, demande à la cour :
1°)de rejeter la requête de M. B ;
2°)de mettre à la charge de M. B le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Camenen,
-les conclusions de Mme Janicot, rapporteure publique,
-et les observations de Me Gault-Ozimek, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, recruté par la commune de Lamotte-Beuvron à compter du 20 septembre 2016 pour exercer les fonctions de chef de service des affaires scolaires et jeunesse par un contrat à durée déterminée d'un an renouvelé à deux reprises, relève appel du jugement du 23 juin 2022 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du maire du 19 juillet 2019 l'informant du non-renouvellement de son contrat, ensemble la décision du 12 décembre 2019 rejetant son recours gracieux formé contre cette décision, et à la condamnation de la commune à l'indemniser de ses préjudices résultant de l'illégalité de ces décisions.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Lamotte-Beuvron :
2. Aux termes de l'article R. 811-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois. Il court contre toute partie à l'instance à compter du jour où la notification a été faite à cette partie dans les conditions prévues aux articles R. 751-3 à R. 751-4-1 () ".
3. Il ressort des pièces du dossier de première instance que le pli contenant la notification jugement attaqué a été présenté à l'adresse de M. B le 29 juin 2022. Si l'accusé de réception postal comporte la signature manuscrite du destinataire, aucune date de distribution n'a été renseignée. Cet accusé comporte également un cachet de La Poste daté du 2 juillet 2022 accompagné au même niveau d'une seconde signature manuscrite. Ainsi, les mentions figurant sur cet accusé de réception ne sont pas suffisamment claires, précises et concordantes pour établir que le pli aurait été remis à M. B avant le 2 juillet 2022. Dans ces conditions, le délai d'appel n'a pu courir avant cette date. Le 3 septembre 2022 étant un samedi, ce délai n'était pas expiré lorsque M. B a saisi la cour par sa requête enregistrée au greffe le lundi 5 septembre 2022. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Lamotte-Beuvron doit être écartée.
Sur la régularité du jugement attaqué :
4. A l'appui de sa demande, M. B a notamment soutenu que son contrat de travail à durée déterminée devait être requalifié en contrat à durée indéterminée en application de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale. Il ressort de l'examen du jugement attaqué que le tribunal administratif n'a pas répondu à ce moyen, qui n'était pas inopérant. Par suite, son jugement doit être annulé en tant qu'il se prononce sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B.
5. Il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur ces conclusions par la voie de l'évocation et sur le surplus par l'effet dévolutif de l'appel.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de non-renouvellement du contrat :
En ce qui concerne la requalification du contrat :
6. Aux termes de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale alors en vigueur : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à : 1° Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant, du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs () ". Aux termes de son article 3-3 : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : () 2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi () Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. / Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée ".
7. Il résulte des dispositions législatives précitées que les contrats passés par les collectivités et établissements publics territoriaux en vue de recruter des agents non-titulaires doivent, sauf disposition législative spéciale contraire, être conclus pour une durée déterminée et ne peuvent être renouvelés que par reconduction expresse. Dans le cas où le contrat de recrutement d'un agent non-titulaire a été conclu en violation des dispositions précitées de l'alinéa 2 de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 ou de celles du 2° de l'article 3-3 de cette même loi, ces illégalités n'ont pas pour effet de conférer au contrat dès son origine une durée indéterminée.
8. Il ressort des pièces du M. B a été recruté par un premier contrat à durée déterminée le 20 septembre 2016 pour une durée d'un an pour faire face à un surcroît d'activité sur le fondement des dispositions du 1° de l'article 3 précité de la loi du 26 janvier 1984. Une délibération du conseil municipal de la commune de Lamotte-Beuvron du 16 mars 2017 ayant créé un emploi permanent de chef du service des affaires scolaires et jeunesse, le contrat de M. B a été renouvelé à compter du 20 septembre 2017 pour une durée d'un an sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984. L'année suivante, ce contrat a été renouvelé une seconde fois sur ce même fondement pour une même durée.
9. M. B soutient que la nature des fonctions qu'il exerçait ne justifiait pas le recours à un agent contractuel, que cet emploi ne présentait aucune technicité particulière et qu'aucun besoin particulier tel qu'un surcroît d'activité n'obligeait la commune à procéder de la sorte. Il fait valoir que ses fonctions répondent à un besoin permanent de la commune et que celle-ci n'a jamais eu pour objectif de recruter un agent titulaire. Toutefois, à supposer même que la commune de Lamotte-Beuvron ait recruté M. B en violation des dispositions précitées de l'alinéa 2 de l'article 3 de la loi du 26 janvier 1984 ou de celles du 2° de l'article 3-3 de cette même loi, ces illégalités, à les supposer établies, n'ont pas eu pour effet de conférer à ses contrats une durée indéterminée. Par suite, le moyen tiré de ce que les contrats de M. B devraient être requalifiés en contrat à durée indéterminée doit être écarté.
En ce qui concerne les motifs de la décision de non-renouvellement du contrat :
10. La décision du maire de la commune de Lamotte-Beuvron du 12 décembre 2019 indique que la décision de non-renouvellement " a été prise dans l'intérêt du service, au vu de l'avertissement du 28 février 2019 ainsi que des faits portés à ma connaissance par des élus et des agents au printemps 2019. Ces éléments ont justifié la décision de non reconduction du contrat de M. B, au vu de son incapacité manifeste à communiquer normalement avec ses collègues et de ses méthodes de travail ". La nature des motifs ainsi énoncés n'est pas sérieusement remise en cause par les autres pièces du dossier, notamment par les comptes rendus d'entretiens professionnels de l'intéressé pour 2016 et 2017 qui font notamment état de difficultés de relations avec les élus ou de la nécessité d'améliorer la gestion des dossiers délégués. Ainsi, alors même que la décision attaquée a été prise au vu de considérations relatives à la personne de M. B, elle ne peut être regardée comme constituant par elle-même une sanction disciplinaire.
En ce qui concerne la méconnaissance des garanties de la procédure disciplinaire et la violation du principe non bis in idem :
11. En premier lieu, un agent dont le contrat est arrivé à échéance n'a aucun droit au renouvellement de celui-ci. Il en résulte qu'alors même que la décision de ne pas renouveler ce contrat est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur l'aptitude professionnelle de l'agent et, de manière générale, sur sa manière de servir et se trouve ainsi prise en considération de la personne, elle n'est - sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire - ni au nombre des mesures qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de prendre connaissance de son dossier, ni au nombre de celles qui doivent être motivées.
12. Il résulte de ce qui précède que la décision de non-renouvellement attaquée n'ayant pas le caractère d'une sanction disciplinaire, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il devait préalablement être mis à même de consulter son dossier.
13. En second lieu, il résulte également de ce qui précède que M. B ne saurait être regardé comme ayant été sanctionné deux fois pour les mêmes faits. L'avertissement dont il a fait l'objet par une décision du 28 février 2019 ne concernait d'ailleurs qu'une attitude agressive lors d'un déplacement à la Trésorerie alors que la décision attaquée repose plus généralement sur la manière de servir de l'intéressé.
En ce qui concerne l'absence d'entretien et l'impossibilité de présenter des observations :
14. En premier lieu, un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
15. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été reçu par le maire de la commune de Lamotte-Beuvron le 27 mai 2019. Il indique lui-même que le maire l'a alors informé qu'en raison de dysfonctionnements au sein du pôle " affaires scolaires et jeunesse ", une commission avait été constituée. Par un courriel du 18 juin 2019, M. B a été invité à prendre connaissance, le 28 juin 2019, du rapport de cette commission et de l'audition de l'animatrice chargée de la gestion du guichet famille et à présenter ses observations. Il n'est pas établi, en particulier par la synthèse des auditions produite par le requérant, que ce dernier n'a pas été mis à même de faire valoir ses observations lors de cette réunion. Dans ces conditions, sans qu'y fasse obstacle l'annulation d'une nouvelle audition prévue le 12 juillet 2019, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations avant l'intervention de la décision refusant le renouvellement de son contrat.
16. En second lieu, aux termes de l'article 38-1 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " I.- Lorsqu'un agent contractuel a été engagé pour une durée déterminée susceptible d'être renouvelée en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité territoriale lui notifie son intention de renouveler ou non l'engagement () La notification de la décision finale doit être précédée d'un entretien lorsque le contrat est susceptible d'être reconduit pour une durée indéterminée ou lorsque la durée du contrat ou de l'ensemble des contrats conclus sur emploi permanent conformément à l'article 3-3 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée est supérieure ou égale à trois ans () ".
17. Dans les circonstances de l'espèce, ainsi qu'il a été dit, M. B a été reçu par le maire de la commune de Lamotte-Beuvron le 27 mai 2019 et entendu par la commission chargée d'examiner les dysfonctionnements de son service le 28 juin 2019, préalablement à la décision attaquée du 19 juillet 2019 de ne pas renouveler son contrat. Ainsi, M. B ne peut, en tout état de cause, être regardé comme ayant été privé d'un entretien préalable à la décision finale de non-renouvellement de son contrat.
En ce qui concerne le bien-fondé des décisions attaquées :
18. Si M. B produit notamment à l'appui de sa requête des échanges de courriels d'avril 2019 de nature à établir le caractère cordial, voire amical, de ses relations avec les agents de son service, la synthèse des auditions du 28 juin 2019, dont les conclusions ne sont pas sérieusement remises en cause par le requérant, montrent en revanche l'existence de dysfonctionnements dans son service. En outre, ses comptes rendus d'entretien professionnel pour 2016 et 2017 mettent en évidence, ainsi qu'il a été dit, des points à améliorer. Aucun élément ne fait présumer que la décision de non renouvellement a été prise en raison de l'absence de M. B pour raison de santé. Ainsi, les décisions attaquées reposent sur des considérations relatives à la personne de l'agent qui caractérisent en l'espèce l'intérêt du service justifiant le non-renouvellement de son contrat.
Sur les conclusions indemnitaires :
19. A l'appui de ses conclusions indemnitaires, M. B se prévaut du caractère abusif de la décision de non-renouvellement de son contrat ainsi que du caractère abusif du recours aux contrats à durée déterminée. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision de non-renouvellement de son contrat n'est ni illégale ni abusive. En outre, à supposer même que la commune de Lamotte-Beuvron ait eu recours illégalement à des contrats à durée déterminée pour employer M. B, cette circonstance ne suffit nullement à établir que ces contrats ont été conclus ou renouvelés abusivement. Au demeurant, les préjudices dont M. B demande réparation, calculés par le requérant en fonction du montant de l'indemnité de licenciement à laquelle il pouvait prétendre selon lui, de la perte de salaire qu'il a subie pendant vingt-huit mois et visant également à réparer le préjudice moral résultant de la décision de non-renouvellement de son contrat, sont sans lien avec l'illégalité dont seraient entachés les contrats qu'il a souscrits. Ainsi, les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
20. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Le jugement n° 2000585 du tribunal administratif d'Orléans du 23 juin 2022 est annulé en tant qu'il se prononce sur les conclusions à fin d'annulation de M. B.
Article 2 : Les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du maire de Lamotte-Beuvron du 19 juillet 2019 refusant le renouvellement de son contrat, ensemble la décision du 12 décembre 2019 rejetant son recours gracieux, et le surplus de ses conclusions en appel sont rejetés.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Lamotte-Beuvron au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et à la commune de Lamotte-Beuvron.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,
M. Camenen, président assesseur,
Mme Florent, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
Le rapporteur,
G. CamenenLa présidente,
C. Signerin-Icre
La greffière,
T. René-Louis-Arthur
La République mande et ordonne au préfet du Loir-et-Cher en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
No 22VE02189
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026