mardi 29 avril 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE02463 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans a demandé au tribunal administratif d'Orléans de lui accorder la décharge partielle de la cotisation d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016 et de constater un déficit reportable de 6 854 euros pour l'exercice clos en 2017.
Par un jugement n° 1901715 du 26 août 2022, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2022, la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans, représentée par Me Obadia, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement attaqué ;
2°) de prononcer la décharge des impositions en litige et de constater le déficit reportable revendiqué ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, faute pour la proposition de rectification de comporter la mention des pièces obtenues par droit de communication auprès de l'ARS ;
- c'est à juste titre et pour éviter une double imposition inéquitable qu'elle conteste l'imposition du débouclage de la cession d'AMS du véhicule immatriculé AZ-894-TX, au profit de la société Ambulances SD Secours, comptabilisée pour un montant de 55 000 euros le 21 septembre 2016 ;
- l'AMS cédée en location-vente à la société Ambulances SD Secours a sans doute été détachée par cette société en novembre 2014, le véhicule ayant bénéficié d'une AMS issue du parc de la SAS Ambulances Saint Nicolas lorsque cette dernière société l'a acquis le 6 février 2015 (par l'intermédiaire de la société Saran Ambulances, qui a acquis ce véhicule le 29 novembre 2014, sans lui attribuer d'AMS) ;
- la SAS Ambulances Saint Nicolas a demandé le 6 février 2015 à l'ARS de consentir à ce que le retrait de six AMS VSL soit en partie compensé par l'attribution de 2 AMS ambulances, dont l'une au profit du véhicule immatriculé AZ-894-TX.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 mai 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 28 novembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 10 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Tar,
- les conclusions de M. Lerooy, rapporteur public,
- et les observations de Me Boisseau, substituant Me Obadia, représentant la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans exerce une activité de transport sanitaire. Par courriers des 21 décembre 2018 et 21 janvier 2019, elle a déposé deux réclamations accompagnées de déclarations rectificatives de ses résultats au titre des exercices clos en 2016 et 2017, faisant valoir qu'elle avait comptabilisé au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2016 un produit exceptionnel de 55 000 euros correspondant à la cession à la SARL Ambulances SD secours de l'autorisation de mise en service (AMS) d'une ambulance immatriculée AZ 894 TX et que cette comptabilisation faisait double emploi avec le rehaussement mis à sa charge à l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur l'exercice clos le 30 septembre 2014. Par une décision du 14 mars 2019, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val-de-Loire et du département du Loiret a rejeté ces réclamations. La SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans relève appel du jugement du 26 août 2022 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande de décharge de la cotisation d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2016 et de constatation de l'existence d'un déficit reportable au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2017.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".
3. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a obtenu de l'ARS du Centre-Val-de-Loire, dans le cadre de l'exercice de son droit de communication, la liste des véhicules bénéficiant d'une AMS au nom de la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans ainsi que la liste des sociétés titulaires d'une AMS pour le véhicule immatriculé AZ 894 TX. Ces renseignements ne peuvent être regardés comme ayant fondé les impositions litigieuses, dès lors que celles-ci résultent d'une imposition primitive établie sur le fondement de la déclaration de la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans et ne procèdent d'aucun rehaussement. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions litigieuses :
4. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ". Il résulte de ces dispositions que le contribuable supporte la charge de la preuve lorsque, imposé conformément à sa déclaration primitive, il demande à l'être conformément à une déclaration rectificative souscrite après l'expiration de délai de déclaration.
5. Pour établir l'existence de la double imposition qu'elle invoque aux fins de décharge et de constatation d'un déficit reportable, la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans produit un extrait du grand livre général de l'exercice clos au 30 septembre 2016 faisant apparaître, à la date du 21 septembre 2016, un crédit de 55 000 euros au compte " produits exceptionnels - produits des cessions d'éléments d'actif - immobilisations incorporelles " avec la mention " FAC SD SECOURS CESSION AMS AMB ", une facture du 21 septembre 2016 portant les mentions suivantes : " Transfert définitif de propriété au profit de la société Ambulances SD secours - élément incorporel - transport sanitaire - 1 autorisation de mise en circulation ambulance - total TTC 55 000 € " et enfin une " convention particulière " qu'elle a conclue le 31 mai 2013 avec la SARL Ambulances des Deux Lions, portant sur la mise à disposition de l'autorisation de mise en service rattachée au véhicule AZ 894 TX.
6. Toutefois, alors que la facture produite ne comporte aucune identification du véhicule auquel serait rattachée l'AMS faisant l'objet de la cession, les éléments produits ne permettent pas d'établir que la somme de 55 000 euros comptabilisée comme produit exceptionnel correspondrait effectivement à la cession de l'AMS cédée concomitamment à la cession de l'ambulance immatriculée AZ 894 TX. Par suite, la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans n'apporte pas la preuve, qui lui incombe en vertu des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, du caractère exagéré de la cotisation d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 30 septembre 2016.
7. Il résulte de ce qui précède que la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande. Sa requête aux fins de décharge et de constatation d'un déficit reportable doit par suite être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Ambulances Saint Nicolas-Orléans est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à la SARL Ambulances Saint Nicolas Orléans et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 1er avril 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Massias, présidente de la cour,
Mme Le Gars, présidente assesseure,
M. Tar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2025.
Le rapporteur,
G. TarLa présidente,
N. MassiasLa greffière,
A. Gauthier
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026