jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-22VE02778 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 24 juin 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de sa destination et l'a obligée à se présenter en préfecture afin d'indiquer les diligences mises en œuvre pour la préparation de son départ, pendant le délai de départ volontaire, et à remettre son passeport à l'autorité administrative, et d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte.
Par un jugement n° 2109321 du 7 novembre 2022, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2022, Mme B, représentée par Me Maugendre, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation administrative dans les mêmes conditions de délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé dès lors que le tribunal administratif n'a examiné que la légalité de la décision portant refus de titre de séjour et a omis de statuer, notamment sur le moyen tiré du défaut de motivation dirigé contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et la décision l'obligeant à se présenter à la préfecture et à remettre son passeport ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen sérieux et complet de sa situation ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée de plusieurs erreurs de faits dès lors que l'exposante est présente sur le territoire français depuis vingt-cinq ans et qu'elle justifie y avoir noué de nombreuses relations amicales ;
- cette décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les dispositions des articles 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 et L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision l'obligeant à se présenter tous les mardis à la préfecture a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision l'obligeant à remettre son passeport à l'autorité administrative a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme B, ressortissante thaïlandaise née le 30 mai 1971 et entrée en France, selon ses déclarations, en 1997, a sollicité, le 14 novembre 2019, la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 juin 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de sa destination, l'a obligée à se présenter en préfecture afin d'indiquer les diligences mises en œuvre pour la préparation de son départ et à remettre son passeport à l'autorité administrative. Mme B fait appel du jugement du 7 novembre 2022 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, il ressort de l'examen du jugement attaqué que le tribunal administratif a suffisamment répondu à l'ensemble des moyens soulevés devant lui à l'encontre des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination et obligeant la requérante à se présenter en préfecture afin d'indiquer les diligences mises en œuvre pour la préparation de son départ et à remettre son passeport à l'autorité administrative. Il a, en particulier, écarté par une motivation suffisante le moyen tiré du défaut de motivation de la décision octroyant un délai de départ de trente jours au point 12 de sa décision. Par ailleurs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le tribunal a omis de répondre au moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de la décision fixant le pays de destination et de la décision l'obligeant à se présenter en préfecture et à remettre son passeport à l'autorité administrative dès lors qu'elle n'avait soulevé le moyen tiré d'un défaut de motivation qu'à l'encontre des décisions portant refus de titre de séjour et fixant à trente jours le délai de départ volontaire. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation suffisante du jugement attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, Mme B reprend en appel les moyens soulevés en première instance et tirés, à l'encontre de la décision de refus de titre de séjour, de son insuffisante motivation, du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et des erreurs de faits commises par le préfet, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'elle a déjà fait valoir devant le tribunal administratif. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.
5. En troisième lieu, pour soutenir que la décision de refus de titre de séjour a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Mme B soutient qu'elle réside sur le territoire français depuis 1997 et qu'elle y a noué des relations personnelles et exercé une activité professionnelle. Toutefois, Mme B n'établit pas davantage qu'en première instance sa résidence habituelle en France depuis 1997, notamment pour les années 1998 à 2001 et pour les années 2004 et 2005. Par ailleurs, si l'intéressée, qui est célibataire et sans enfant, produit des attestations de proches, celles-ci sont insuffisantes pour établir l'intensité, l'ancienneté et la stabilité des liens personnels dont elle se prévaut. En outre, si la requérante justifie avoir occupé à temps partiel auprès d'un particulier un emploi familial entre les mois de juin 2019 et mars 2021 et produit une promesse d'embauche en date du 22 mars 2021 pour un emploi d'aide cuisinière, ces éléments très récents au regard de la date alléguée d'entrée en France, ne suffisent pas à démontrer une insertion sociale et professionnelle stable et ancienne dans ce pays. Enfin, la seule circonstance que son père soit décédé ne permet pas de démontrer qu'elle serait dépourvue de toute attache familiale et privée en Thaïlande où réside d'ailleurs sa mère. Dans ces conditions, nonobstant la durée de son séjour en France et l'avis favorable de la commission du titre de séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait porté au droit de Mme B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
6. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision portant refus de titre de séjour aurait méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision portant refus de titre de séjour sur la situation personnelle de la requérante.
7. En cinquième lieu, Mme B reprend en appel le moyen soulevé en première instance tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions portant obligation de quitter le territoire français, lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours, l'obligeant à se présenter tous les mardis à la préfecture, l'obligeant à remettre son passeport à l'autorité administrative et fixant le pays de destination, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'elle a déjà fait valoir devant le tribunal administratif. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.
8. En sixième lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
9. En septième lieu, les moyens tirés de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français aurait été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante, doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux qui ont été retenus au point 5 de la présente ordonnance.
10. En huitième lieu, Mme B reprend en appel le moyen soulevé en première instance tiré de l'insuffisante motivation de la décision lui accordant un délai de départ volontaire de trente jours, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'elle a déjà fait valoir devant le tribunal administratif. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.
11. En neuvième lieu, Mme B ne peut se prévaloir, à l'encontre de la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire, des dispositions de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 dès lors que cette directive a fait l'objet d'une transposition en droit interne et qu'il n'est pas même allégué que cette transposition méconnaîtrait les objectifs de cette directive. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant à trente jours le délai de départ volontaire.
12. En dixième lieu, il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision fixant le pays de destination, la décision l'obligeant à se présenter tous les mardis à la préfecture et la décision portant obligation de remise du passeport doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision lui refusant un titre de séjour ou de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
13. En onzième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, les moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
14. Enfin, Mme B n'établit pas que le préfet des Hauts-de-Seine aurait porté une atteinte excessive à son droit de mener une vie privée et familiale normale en lui faisant obligation de remettre l'original de son passeport et de se présenter tous les mardis à la préfecture des Hauts-de-Seine, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou aurait entaché ces décisions d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonctions sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 12 octobre 2023.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin-Icre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026