jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00329 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler les décisions du 3 janvier 2023 par lesquelles le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans, a prescrit son éloignement du territoire à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays où il établirait être légalement admissible et l'a assigné à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2300145 du 17 janvier 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2023, M. A, représenté par Me Masilu, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler ces décisions ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour et d'effacer son signalement aux fins de
non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé s'agissant de la réponse au moyen tiré du défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée de plusieurs erreurs de fait révélant un défaut d'examen sérieux de sa situation familiale ;
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation compte tenu de l'ancienneté de son séjour en France et de son intégration professionnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant assignation à résidence a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A, ressortissant malien né le 3 janvier 2002 et entré en France, selon ses déclarations, le 1er février 2018, fait appel du jugement du 17 janvier 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation des arrêtés du préfet du Val-d'Oise du 3 janvier 2023 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, lui faisant interdiction de revenir sur le territoire français pour une durée de deux ans et l'assignant à résidence dans le département du Val-d'Oise pour une durée de quarante-cinq jours.
3. En premier lieu, il ressort du point 3 du jugement attaqué que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a écarté le moyen tiré d'un défaut d'examen particulier de la situation de l'intéressé, au motif qu'il ne ressortait pas des pièces du dossier, en particulier des termes mêmes de l'arrêté attaqué, que le préfet du Val-d'Oise ne se serait pas livré à un tel examen avant de décider de l'obliger à quitter le territoire. Il a ainsi suffisamment motivé la réponse à ce moyen. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait insuffisamment motivé doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la circonstance que le préfet du Val-d'Oise n'a pas fait état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation du requérant, notamment le fait que l'intéressé a déclaré lors de son audition qu'il bénéficiait d'un contrat à durée indéterminée en qualité de coiffeur et qu'il aurait effectué des démarches en vue de régulariser sa situation administrative, n'est pas constitutive d'erreurs de fait. En outre, il ressort des motifs mêmes de l'arrêté litigieux que le préfet, qui a fait état de circonstances de fait propres à la situation personnelle et familiale de M. A, s'est livré à un examen particulier de la situation de ce dernier. Par suite, les moyens tirés d'erreurs de fait et d'un défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doivent être écartés.
5. En troisième lieu, M. A fait valoir qu'entrer en France en février 2018, il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance et se prévaut de ce qu'il a été embauché en qualité de coiffeur en vertu d'un contrat à durée indéterminée le 7 septembre 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 17 février 2021 à laquelle il n'a pas déféré et qu'il a été interpellé le 3 janvier 2022 alors qu'il était en possession d'un faux document de séjour. En outre, l'intéressé, qui est célibataire et sans charge de famille, n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où vivent ses parents. Par suite, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision d'éloignement sur la situation personnelle du requérant.
6. En quatrième lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté litigieux que le préfet du
Val-d'Oise a pris en compte les critères prévus par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour fixer la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A, en particulier la durée de sa présence en France, la nature et l'ancienneté de ses liens sur le territoire français, ainsi que l'édiction d'une précédente obligation de quitter le territoire français, le préfet n'ayant pas retenu l'existence d'une menace pour l'ordre public. Par suite, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans prise à l'encontre du requérant est suffisamment motivée, a été précédée d'un examen particulier de la situation de l'intéressé et n'est pas entachée d'erreur de droit.
7. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, il ne ressort pas des pièces du dossier que des circonstances humanitaires feraient obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour à l'encontre du requérant. Par suite, le préfet du Val-d'Oise a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, assortir l'arrêté attaqué d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
8. En sixième lieu, M. A reprend en appel le moyen soulevé en instance tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision portant assignation à résidence, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'il a déjà fait valoir devant le tribunal administratif. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif au point 1 du jugement attaqué.
9. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier, et eu égard à ce qui a été dit au point 5, que le préfet du Val-d'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision d'assignation à résidence, sur la situation personnelle du requérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 12 octobre 2023.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin-Icre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026