jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00532 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise :
- sous le n° 2210748, d'annuler l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 29 juin 2022 prononçant son expulsion du territoire français et fixant le pays de destination ;
- sous le n° 2212872, d'annuler l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 14 septembre 2022 l'assignant à résidence dans le département des Hauts-de-Seine et portant remise du passeport ou de tout document d'identité.
Par un jugement nos 2210748, 2212872 du 17 février 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2023, M. B, représenté par Me Saligari, avocat, demande à la cour :
1°)d'annuler ce jugement ;
2°)d'annuler ces arrêtés ;
3°)de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-l'arrêté portant expulsion du territoire français est insuffisamment motivé ;
-il méconnaît l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en l'absence de preuve d'une menace grave pour l'ordre public ;
-il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
-il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
-il entend exciper de l'illégalité de la décision d'expulsion à l'appui de ses conclusions contre la décision fixant le pays de destination ;
-l'arrêté portant assignation à résidence est insuffisamment motivé ;
-il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
-il est dépourvu de base légale compte tenu de l'illégalité de l'arrêté portant expulsion du territoire français ;
-il méconnaît l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; on ne peut considérer tout à la fois que son éloignement demeure une perspective raisonnable sur le fondement de l'article L. 731-1 et qu'il peut faire l'objet d'une assignation à résidence jusqu'à ce qu'il existe une perspective raisonnable d'exécution de la mesure d'éloignement sur le fondement de l'article L. 731-3 ; la preuve de l'impossibilité de se rendre dans le pays dont il a la nationalité et dans aucun autre pays doit être apportée ; le préfet ne fait état d'aucune démarche infructueuse auprès d'autorités diplomatiques et consulaires d'autres Etats que la Russie ; le préfet dans son mémoire en défense et le tribunal confirment que son éloignement demeure une perspective raisonnable ; il ne pouvait être assigné que sur le fondement de l'article L. 731-1 ; les textes ont été détournés ; après une assignation de courte durée du 29 juillet 2022 au 14 septembre 2022, le préfet a pris une assignation de longue durée en s'affranchissant de la limite de quarante-cinq jours prévue par l'article L. 731-2 ;
-l'assignation à résidence étant illégale, l'obligation de remettre son passeport ou tout document d'identité ou de voyage en sa possession est également illégale ; elle est également illégale en ce qu'il est dépourvu de tout document d'identité et de voyage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, le préfet des Hauts-de-Seine demande à la cour de rejeter la requête de M. B.
Il s'en remet à ses écritures en première instance et au jugement attaqué.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 9 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Camenen,
-les conclusions de Mme Janicot, rapporteure publique,
- et les observations de Me Legrand substituant Me Saligari, pour M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant russe né le 26 novembre 1981, relève appel du jugement du 17 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses demandes tendant à l'annulation des arrêtés du préfet des Hauts-de-Seine du 29 juin 2022 l'expulsant du territoire français et du 14 septembre 2022 l'assignant à résidence dans le département des Hauts-de-Seine.
Sur la régularité du jugement attaqué :
2. Si M. B soutient que le jugement attaqué est entaché d'erreurs de droit et d'appréciation, de tels moyens se rattachent au bien-fondé de ce jugement et sont sans incidence sur sa régularité. Ils doivent ainsi être écartés.
Sur la légalité de la décision d'expulsion :
3. En premier lieu, l'arrêté du 29 juin 2022 vise les dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les motifs pour lesquels la présence de M. B sur le territoire français constitue une menace grave pour l'ordre public. Par suite, sans qu'importe la circonstance qu'il ne mentionne pas une procédure en cours devant la Cour européenne des droits de l'homme et la mesure provisoire de cette cour du 16 décembre 2021 prescrivant à la France de ne pas renvoyer l'intéressé vers la Russie, cet arrêté est suffisamment motivé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné à une peine d'emprisonnement de quatre mois avec sursis pour menace de mort réitérée par un jugement du tribunal de grande instance de Caen du 17 octobre 2018. En 2018, il a fait l'objet d'une mesure d'expulsion et d'une interdiction d'entrée de quinze ans sur le territoire Schengen par les autorités suisses pour mise en danger de la sécurité intérieure et extérieure de la Suisse, l'intéressé entretenant des contacts réguliers avec des personnes soutenant l'organisation terroriste " Etat islamique " et ayant un comportement montrant sa radicalisation avancée et sa dévotion pour le djihadisme. Il a été condamné en Suisse pour des faits de violence envers des agents de la protection de l'enfance et a fait l'objet d'une enquête pénale pour menace contre sa femme. Prônant un islam radical, il est soupçonné d'avoir contribué à la radicalisation de ses enfants, ces derniers ayant un comportement jugé inquiétant par la direction de leur école. En outre, il n'est pas sérieusement contesté qu'il a été trouvé en possession de documents de propagande djihadistes et d'éléments démontrant son intérêt pour les armes. Il a participé au financement d'individus présents au Moyen Orient, en lien avec des organisations terroristes de " l'Emirat du Caucase " et de " l'Etat islamique ". Enfin, il a fréquenté une mosquée salafiste et a côtoyé des individus radicalisés ayant des accointances avec l'organisation terroriste " Etat islamique ", faits pour lesquels il a fait l'objet de poursuites judiciaires. Dans ces conditions, alors même que la condamnation pénale dont M. B a fait l'objet en France date de 2018, a été assortie du sursis simple lequel n'a pas été révoqué, que la mesure prise à son encontre par les autorités suisses n'a pas été communiquée, qu'aucune note blanche n'a été produite par l'administration et que la commission d'expulsion a émis un avis défavorable à son expulsion, le requérant n'est pas fondé à soutenir que sa présence en France ne constituait pas une menace grave et actuelle pour l'ordre public à la date de l'arrêté contesté.
6. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la décision fixant le pays de destination est distincte de la mesure d'expulsion. Ainsi, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut utilement être invoqué à l'appui des conclusions tendant à l'annulation de la décision d'expulsion.
7. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. M. B fait valoir qu'il est le père de sept enfants issus d'une précédente union qui résident sur le territoire français et d'une fillette née en 2020, dont la mère, avec laquelle il vit en concubinage, s'est vu accorder la protection subsidiaire par une décision du directeur général de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 26 décembre 2016 et qui bénéficie d'une carte de séjour pluriannuelle. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 19 février 2020 à l'âge de trente-huit ans. Il n'est pas contesté qu'il n'a plus de contact avec ses sept premiers enfants qui résident à Caen avec leur mère. En outre, le requérant n'a produit que quelques preuves de communauté de vie avec sa compagne actuelle et de contribution à l'éducation et l'entretien de sa fille née en 2020, postérieures à l'arrêté contesté du 29 juin 2022. Il n'est pas établi ni même allégué que M. B aurait noué d'autres liens suffisamment intenses à caractère amical ou professionnel en France. Par ailleurs, M. B n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents. Dans ces conditions, compte tenu notamment de la durée et des conditions de séjour en France de M. B et de la gravité de la menace que représente sa présence en France, l'arrêté contesté n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été édicté. Il n'a pas davantage porté atteinte à l'intérêt supérieur de ses enfants. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfants doivent être écartés.
Sur la légalité de la décision fixant le pays de destination :
9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'expulsion.
10. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
11. M. B soutient qu'il ne peut être éloigné que vers la Russie et qu'il risque de subir des peines ou traitements contraires aux stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, son frère ayant été impliqué dans les deux guerres d'indépendance de Tchétchénie. Il relève que le bureau d'aide juridictionnelle du Conseil d'Etat a estimé qu'il présentait des moyens de cassation sérieux contre la décision de la Cour nationale du droit d'asile qui a rejeté sa demande tendant à obtenir le statut de réfugié et que la Cour européenne des droits de l'homme a pris des mesures provisoires interdisant son éloignement par le Gouvernement français. Toutefois, à supposer que M. B ait ainsi entendu invoquer la violation des stipulations précitées à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, il n'établit pas qu'il encourt un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, ce moyen doit être écarté.
Sur la légalité de la décision portant assignation à résidence :
12. En premier lieu, l'arrêté du 14 septembre 2022 rappelle la teneur des dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. B est dans l'impossibilité de regagner son pays d'origine ou tout autre pays mais qu'il existe une perspective raisonnable d'exécution de l'arrêté d'expulsion. Cet arrêté est ainsi suffisamment motivé.
13. En deuxième lieu, cette motivation révèle un examen sérieux de la situation personnelle de M. B.
14. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'expulsion.
15. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : () 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion () ". Aux termes de l'article L. 731-3 du même code : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : () 6° L'étranger fait l'objet d'une décision d'expulsion () ".
16. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit, que l'arrêté contesté a été pris sur le fondement de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non sur le fondement de son article L. 731-1. Est sans incidence sur sa légalité la circonstance que M. B a précédemment fait l'objet d'une assignation à résidence sur ce dernier fondement, cette mesure ayant d'ailleurs été annulée par un arrêt n° 22VE02195 de la cour administrative d'appel de Versailles du 10 mai 2023.
17. En outre, compte tenu des mesures provisoires prises par la Cour européenne des droits de l'homme, le préfet a pu légalement autoriser M. B à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans être tenu de justifier de démarches accomplies auprès des autorités diplomatiques et consulaires de pays susceptibles de l'accueillir.
18. Par ailleurs, l'arrêté contesté précise que la Cour européenne des droits de l'homme a demandé que M. B ne soit pas renvoyé en Russie jusqu'à nouvel ordre, que dans l'attente du traitement de sa requête, son éloignement ne peut être mis en œuvre mais que celui-ci " demeure malgré tout une perspective raisonnable ". Le préfet a ainsi voulu indiquer que l'expulsion de M. B demeure, à terme, une perspective raisonnable. L'existence cette perspective raisonnable n'étant pas sérieusement contestée par le requérant, le préfet était fondé à l'assigner à résidence sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'était pas tenu de renouveler son assignation à résidence pour une période maximale de quarante-cinq jours sur le fondement de l'article L. 731-1 du même code, en l'absence de toute possibilité de mettre à exécution la mesure d'expulsion à brève échéance.
19. Enfin, si M. B a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours par un arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 28 juillet 2022 pris sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la circonstance qu'il a ensuite été assigné à résidence pour une durée indéterminée par l'arrêté contesté du 14 septembre 2022 pris sur le fondement de l'article L. 731-3 du même code ne permet pas d'établir que le préfet a ainsi voulu s'affranchir de la limite de quarante-cinq jours pour le renouvellement de la première mesure d'assignation à résidence prise sur le fondement de l'article L. 731-1 et que la seconde assignation à résidence serait entachée de détournement de pouvoir.
Sur la décision de remise du passeport ou de tout document d'identité :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision de remise de son passeport ou de tout document d'identité en sa possession doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision d'assignation à résidence.
21. En second lieu, la circonstance que M. B serait dépourvu de tout passeport et document d'identité est par elle-même sans incidence sur la légalité de la mesure contestée.
22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses demandes. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, également, être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,
M. Camenen, président assesseur,
Mme Houllier, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
Le rapporteur,
G. CamenenLa présidente,
C. Signerin-Icre La greffière,
C. Fourteau
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026