mardi 23 septembre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00619 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MIGAT-PAROT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B divorcée C a demandé au tribunal administratif d'Orléans de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser une indemnité de 148 985,50 euros en réparation des préjudices subis du fait d'un retard de diagnostic.
Par un jugement n° 2001677 du 26 janvier 2023, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 26 mars, 20 juillet 2023 et 8 avril 2025, Mme B représentée par Me Migat-Parot, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 26 janvier 2023 ;
2°) de condamner le centre hospitalier de Chartres à lui verser une indemnité de 148 985,50 euros ;
3°) de réserver certains postes de préjudices ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Chartres une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le retard de diagnostic de la rupture du quadriceps est fautif et lui a fait perdre une chance de pouvoir remarcher de 50 % ;
- elle en a subi de nombreux préjudices qui doivent être réparés.
Par des mémoires en défense enregistrés les 11 juillet et 6 décembre 2023, le centre hospitalier de Chartres, représenté par la SCP Le Prado-Gilbert, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- il n'appartient pas au juge administratif de réserver les droits d'une partie ;
- le tribunal a omis de prendre en compte la circonstance que Mme B avait déjà besoin d'une tierce-personne à raison de 3 heures par semaine pour évaluer l'indemnisation de ce besoin.
Par un mémoire enregistré le 29 novembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Loir et Cher, représenté par Me Maury, conclut à la confirmation du jugement attaqué et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la partie succombante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ordonnance du 18 mars 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 8 avril 2025 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
-
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Gars,
- et les conclusions de M. Lerooy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B divorcée C, née le 27 avril 1937, souffrant de gonarthrose gauche, a été opérée le 17 mars 2008 au centre hospitalier de Chartres afin de mette en place une prothèse, puis transférée au centre de rééducation fonctionnelle (CRF) de Beaurouvre où elle a chuté à plusieurs reprises. Une luxation du genou gauche a été constatée. Le 16 avril 2008, elle a été opérée pour une réduction de la luxation puis le 19 mai suivant pour une reprise de prothèse totale du genou remplacée par une prothèse totale à charnière rotatoire. Le 2 septembre 2010 une échographie a mis en évidence une rupture partielle du tendon quadricipital déconseillant une intervention chirurgicale compte tenu de l'ancienneté de la rupture et de l'importance de ses conséquences. Mme B a saisi la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) de la région Centre qui a considéré, après expertise, que la réparation du dommage incombait au centre hospitalier de Chartres à hauteur de 40 %. Mme B a refusé l'offre d'indemnisation présentée par l'assureur du centre hospitalier et a saisi le tribunal administratif d'Orléans d'une demande de condamnation du centre hospitalier de Chartres à l'indemniser de ses préjudices. Par jugement du 26 janvier 2023, le tribunal administratif a retenu la responsabilité du centre hospitalier de Chartres à indemniser à hauteur de 50 % les préjudices subis par Mme B. Après les avoir évalués, il a constaté que le tribunal judiciaire de Chartres avait condamné le CRF de Beaurouvre à verser à Mme B une somme totale de 132 869 euros en réparation de ces mêmes préjudices ainsi qu'au versement d'une rente représentant une somme capitalisée de 34 940,86 euros et que ces sommes étaient supérieures aux préjudices tels qu'évalués par le jugement. Il a par conséquent rejeté la requête de Mme B, et condamné le centre hospitalier de Chartres à verser à la CPAM de Loir-et-Cher une somme de 2 045,79 euros afin de compléter le montant de l'indemnisation des débours telle que fixée par le tribunal judiciaire. Mme B relève appel de ce jugement et demande la condamnation du centre hospitalier de Chartres à lui verser une indemnité de 148 985,50 euros en réparation des divers préjudices subis.
Sur les conclusions tendant à ce que la cour réserve certains postes de préjudice :
2. Le présent arrêt ne portant que sur les préjudices dont la réparation est demandée, il n'y a pas lieu de réserver " certains postes de préjudice " comme le demande la requérante.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. Les écritures de Mme B ne comportent aucune critique du motif de rejet de la demande de première instance et il ne résulte pas de l'instruction que les préjudices dont Mme B demande réparation n'auraient pas déjà été indemnisés par la condamnation du centre de rééducation fonctionnelle de Beaurouvre, par le tribunal judiciaire de Chartres, par jugement du 21 septembre 2022, dont il n'est pas allégué qu'il ne serait pas définitif. Il y a donc lieu, par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges de rejeter ces conclusions.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du centre hospitalier de Chartres qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B le versement d'une somme de 700 euros à la CPAM de Loir et Cher.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera une somme de 700 euros à la CPAM de Loir et Cher au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à Mme A B divorcée C, au centre hospitalier de Chartres et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir et Cher.
Délibéré après l'audience du 9 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Le Gars, présidente-rapporteure,
M. Tar, premier conseiller,
Mme Fejérdy, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2025 .
La présidente-rapporteure,
A.C. Le GarsLe conseiller le plus ancien,
G. TarLa greffière,
A. Gauthier
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026