jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00637 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL EQUATION AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A D et Mme B C ont demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler les arrêtés du 19 décembre 2022 par lesquels la préfète d'Indre-et-Loire les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de leur destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, de suspendre l'exécution de ces arrêtés et d'enjoindre à la préfète d'Indre-et-Loire de leur délivrer une attestation de demande d'asile sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir.
Par un jugement nos 2300210, 2300211 du 28 février 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2023, M. D et Mme C, représentés par Me Rouille-Mirza, avocate, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler ces arrêtés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français méconnaissent les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations des articles 33 de la convention de Genève et 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- les décisions fixant le pays de destination sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaissent les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations des articles 33 de la convention de Genève et 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les décision portant interdiction de retour sur le territoire français sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
M. D et Mme C ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles du 9 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. D et Mme C, ressortissants géorgiens nés le 16 février 1987 et le 12 décembre 1986, sont entrés en France, selon leurs déclarations, le 16 juillet 2022, accompagnés de leurs deux enfants mineurs. Après que leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions du 16 novembre 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et que le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a émis, le 8 décembre 2022, un avis défavorable à leur admission au séjour pour raisons médicales, la préfète d'Indre-et-Loire, par des arrêtés du 19 décembre 2022, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de leur destination et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. M. D et Mme C font appel du jugement du 28 février 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
3. En premier lieu, pour contester la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, les requérants soutiennent qu'ils seraient exposés à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Géorgie en raison, notamment, des discriminations dont ils auraient été victimes du fait de leur situation de handicap. Toutefois, les craintes ainsi alléguées ne sont étayées par aucun élément probant alors, d'ailleurs, que le 16 novembre 2022, l'OFPRA a rejeté leurs demandes d'asile en considérant que les déclarations des intéressés ne permettaient de regarder comme avérés les risques pour leur sécurité auxquels ils se disaient exposés en cas de retour en Géorgie. Par suite, M. D et Mme C ne sont, en tout état de cause, pas fondés à soutenir que, compte tenu des risques encourus par eux, la préfète d'Indre-et-Loire ne pouvait leur faire obligation de quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sauf à méconnaître les stipulations de l'article 33 de la convention relative au statut des réfugiés et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. En deuxième lieu, M. D et Mme C soutiennent que leurs enfants mineurs ont subi, dans leur pays d'origine, un harcèlement scolaire en raison du handicap de leurs parents. Toutefois, ils n'assortissent pas cette allégation d'éléments suffisamment probants et n'établissent pas, par suite, que les obligations de quitter le territoire français prises à leur encontre porteraient atteinte à l'intérêt supérieur de leurs enfants. Par suite, le moyen tiré de ce que ces décisions méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions fixant le pays de destination doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français.
6. En quatrième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3, les requérants n'établissent pas, par des documents probants, qu'ils auraient été victimes dans leur pays de faits de harcèlement et de discriminations assimilables à des traitements inhumains ou dégradants au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, M. D et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que la préfète d'Indre-et-Loire aurait méconnu les stipulations de cet article 3 ou les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède que M. D et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
8. Enfin, les requérants soutiennent que les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an sont constitutives de mesures disproportionnées au motif qu'ils n'ont fait l'objet d'aucune mesure antérieure d'éloignement et que leur comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public. Toutefois, il est constant que les intéressés sont présents sur le territoire français seulement depuis le 16 juillet 2022 soit cinq mois, à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, ils ne justifient, ni ne font état de liens personnels ou familiaux en France et ont conservé de la famille dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, alors même que les intéressés n'ont jamais fait l'objet d'une décision d'éloignement et que leur présence ne constitue pas une menace pour l'ordre public, la préfète d'Indre-et-Loire a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, leur interdire de revenir sur le territoire français pendant un an. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. D et Mme C est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. D et Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et Mme B C. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la préfète d'Indre-et-Loire.
Fait à Versailles, le 15 février 2024.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin-Icre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026