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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE01226

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE01226

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE01226
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
Formation5ème chambre
Avocat requérantVICTOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise :

- sous le n° 2008515, d'annuler la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Cergy du 1er juillet 2020 prononçant la suspension de son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et d'enjoindre au directeur général de l'OFII de le rétablir rétroactivement au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois de juillet 2020, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

- sous le n° 2013323, d'annuler la décision du directeur territorial de l'OFII de Cergy du 22 octobre 2020 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui octroyer rétroactivement le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois d'octobre 2020, dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Par un jugement nos 2008515-2013323 du 6 avril 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé ces décisions et a enjoint au directeur général de l'OFII de rétablir M. A à titre rétroactif au bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation pour demandeur d'asile à compter de la date à laquelle il en a suspendu le versement, jusqu'à la fin du mois suivant la date à laquelle il a été ou sera définitivement statué sur sa demande d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.

Procédure devant la cour :

Par une requête sommaire, un mémoire ampliatif et un mémoire en réplique, enregistrés respectivement le 6 juin 2023, le 27 septembre 2023 et 21 mars 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), représenté par la SCP Poupet et Kacenelenbogen, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, demande à la cour :

1°)d'annuler ce jugement ;

2°)de rejeter les demandes présentées par M. A devant le tribunal administratif.

Il soutient que :

- la minute du jugement attaqué n'a pas été signée ;

- ce jugement est entaché d'erreur de droit en ce qu'il n'a pas accueilli la substitution de base légale ;

- en ce qui concerne la décision du 1er juillet 2020, le jugement attaqué est insuffisamment motivé ;

- il a méconnu le champ d'application de la loi en considérant que la loi du 10 septembre 2018 n'est pas applicable ;

- l'absence de présentation d'une demande d'asile en Allemagne en dépit de la mesure de transfert et le retour en France pour présenter cette demande sont constitutifs d'une fraude ;

- en ce qui concerne la décision du 22 octobre 2020, le jugement attaqué a également méconnu le champ d'application de la loi ;

- il a dénaturé les pièces du dossier en considérant que M. A n'avait pas pu présenter ses observations écrites ;

- M. A n'a pas été privé d'une garantie ;

- M. A a méconnu l'arrêté de transfert vers l'Allemagne ; si l'exposant n'a pu prendre sa décision sur le fondement de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable à compter du 1er janvier 2019, sa décision de suspension peut trouver son fondement dans les dispositions du 1° de l'article L. 744-8 dans sa rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015 ; l'office demande une substitution de base légale ;

- il demande aussi une substitution de motif au regard de ce dernier texte ;

- M. A a été mis à même de présenter ses observations lors de l'entretien de vulnérabilité du 20 octobre 2020.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2024, M. A, représenté par Me Victor, avocate, demande à la cour :

1°)de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°)de rejeter la requête ;

3°)d'enjoindre au directeur de l'OFII de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil, de manière rétroactive à compter de juillet 2020, dans un délai de trois jours à compter de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°)de mettre à la charge de l'OFII le versement de la somme de 2 400 euros à Me Victor en cas d'admission à l'aide juridictionnelle ou à M. A sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la loi du 10 septembre 2018 n'est pas applicable ;

- en ce qui concerne la décision du 1er juillet 2020, à titre principal, la substitution de base légale n'est pas possible ; il n'a pas bénéficié des garanties résultant de l'application de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisqu'il n'a pas été invité à présenter ses observations sur une demande de réexamen mais sur des manquements aux exigences des autorités en charge de l'asile ;

- à titre subsidiaire, ses observations n'ont pas été prises en compte ;

- la décision du 1er juillet 2020 est insuffisamment motivée, entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ; elle constitue une décision de refus des conditions matérielles d'accueil après transfert et non une décision de refus de rétablissement après suspension ; sa demande d'asile ne constitue pas une demande de réexamen, sa demande d'asile n'ayant jamais antérieurement été enregistrée en procédure normale ;

- la décision du 22 octobre 2020 n'a pas fait l'objet d'une procédure préalable obligatoire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa vulnérabilité.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Versailles du 3 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 ;

- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;

- le décret n° 2020 -1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Camenen,

-les conclusions de Mme Janicot, rapporteure publique,

-et les observations de Me Dighiero-Brecht substituant Me Victor, pour M. A.

Une note en délibéré présentée pour M. A a été enregistrée le 8 octobre 2024.

Considérant ce qui suit :

1. L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) relève appel du jugement du 6 avril 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la décision du directeur territorial de l'OFII de Cergy du 1er juillet 2020 prononçant la suspension des conditions matérielles d'accueil de M. A, ressortissant afghan, et la décision de cette autorité du 22 octobre 2020 refusant à l'intéressé le bénéfice de ces conditions matérielles d'accueil.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles du 3 septembre 2024, ses conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur le bien-fondé du jugement attaqué :

3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé une demande d'asile en France le 6 juin 2018 et a été placé en procédure dite " Dublin ". Il a accepté le 7 juin 2018 l'offre de prise en charge par l'OFII et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Il a fait l'objet d'un premier arrêté de transfert aux autorités allemandes responsables de l'examen de sa demande d'asile. Ne s'étant pas présenté au vol organisé pour son réacheminement en Allemagne, il a été déclaré en fuite. Le 14 octobre 2019, l'OFII lui a notifié son intention de suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour non présentation aux autorités chargées de l'asile. Toutefois, il a été effectivement transféré en Allemagne le 16 janvier 2020. Il est revenu en France et s'est présenté en préfecture le 12 juin 2020 en faisant valoir que la France était devenue responsable de l'examen de sa demande d'asile. Il a de nouveau été placé en procédure dite " Dublin ". Il a accepté les conditions matérielles d'accueil le 16 juin 2020. Le même jour, l'OFII lui a notifié son intention de suspendre les conditions matérielles d'accueil, en l'invitant à présenter ses observations dans un délai de quinze jours. Par la décision contestée du 1er juillet 2020, le directeur territorial de l'OFII à Cergy a suspendu ses conditions matérielles d'accueil. Cette décision ayant été suspendue par une ordonnance n° 2008506 du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 22 septembre 2020, le directeur de l'OFII a refusé, sur réexamen de sa situation, d'attribuer à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

En ce qui concerne le droit applicable dans le temps :

4. Si les dispositions de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur rédaction issue de la loi du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile ont été modifiées par différentes dispositions du I de l'article 13 de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie, il résulte du III de l'article 71 de cette loi que ces modifications, compte tenu de leur portée et du lien qui les unit, ne sont entrées en vigueur ensemble qu'à compter du 1er janvier 2019 et ne s'appliquent qu'aux décisions initiales, prises à compter de cette date, relatives au bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées et acceptées après l'enregistrement de la demande d'asile. Les décisions relatives à la suspension et au rétablissement de conditions matérielles d'accueil accordées avant le 1er janvier 2019 restent régies par les dispositions antérieures à la loi du 10 septembre 2018.

5. En l'espèce, M. A étant revenu en France à la suite de son transfert aux autorités allemandes responsables de l'examen de sa demande d'asile, ayant présenté une nouvelle demande d'asile le 12 juin 2020 et accepté les conditions matérielles d'accueil le 16 juin 2020, la décision de l'OFII du 1er juillet 2020 et les décisions postérieures relatives aux conditions matérielles d'accueil sont régies par les dispositions de la loi du 10 septembre 2018 et non celles de la loi du 29 juillet 2015.

En ce qui concerne les motifs d'annulation retenus par le tribunal administratif :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour dans sa rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil prévues à l'article L. 744-1 est subordonné : () 2° Au respect des exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes (). ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A ne s'est pas présenté aux autorités allemandes responsables de l'examen de sa demande d'asile. Ainsi, le directeur territorial de l'OFII était fondé à suspendre ses conditions matérielles d'accueil sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En second lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction issue de la loi du 10 septembre 2018 pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie : " Outre les cas, mentionnés à l'article L. 744-7, dans lesquels il est immédiatement mis fin de plein droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le bénéfice de celles-ci peut être : () 2° Refusé si le demandeur présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ou s'il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° du III de l'article L. 723-2 (). ".

9. Par la décision contestée du 22 octobre 2020, le directeur territorial de l'OFII a refusé d'accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A sur le fondement des dispositions précitées du 2° de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision ayant été prise à la suite de la demande de l'intéressé présentée le 12 juin 2020, l'administration n'était pas tenue de le mettre en mesure de présenter ses observations écrites. En tout état de cause, cette demande a fait l'objet d'un entretien de vulnérabilité le 20 octobre 2020 au cours duquel M. A a pu fournir tous éléments sur sa situation.

10. Il résulte de ce qui précède que l'OFII est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé les décisions des 1er juillet 2020 et 22 octobre 2020 aux motifs, d'une part, que l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 n'était pas applicable, et, d'autre part, que M. A avait été privé de la garantie consistant à pouvoir préalablement présenter ses observations écrites.

11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu pour la cour, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par M. A devant le tribunal administratif.

En ce qui concerne la décision du 1er juillet 2020 :

12. En premier lieu, M. B C, directeur territorial à Cergy, a reçu délégation à l'effet de signer la décision contestée par une décision du directeur général de l'OFII du 2 janvier 2019 publiée sur le site internet de l'OFII et au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Par suite, le moyen tré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.

13. En deuxième lieu, la décision du 1er juillet 2020 comporte les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée.

14. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'OFII a informé M. A, par un courrier du 16 juin 2020, remis en mains propres, de son intention de suspendre ses conditions matérielles d'accueil et que M. A a présenté ses observations à ce sujet par un courriel de son conseil du 22 juin 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de la procédure contradictoire doit être écarté.

15. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision contestée, qui a fait l'objet d'une procédure contradictoire préalable, n'a pas été précédée d'un examen de la situation personnelle de M. A, en particulier de son état de santé.

16. En cinquième lieu, alors même que la nouvelle demande d'asile présentée par M. A le 12 juin 2020 ne pourrait être regardée comme constitutive d'une fraude, il résulte de ce qui a été dit précédemment que le directeur territorial de l'OFII était fondé à suspendre le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil en application des dispositions précitées du 2° de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen tiré de l'existence d'une erreur de droit doit, par suite, être écarté.

17. Enfin, M. A fait valoir qu'il ne dispose plus des conditions matérielles d'accueil depuis juillet 2020 et qu'il vit dans la rue et dort dans une tente partagée. Toutefois, compte tenu notamment des conditions dans lesquelles M. A est revenu en France après avoir été transféré en Allemagne pour l'examen de sa demande d'asile, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaît le principe de dignité humaine protégé par l'article 1er de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et le principe de proportionnalité résultant de l'article 20-5 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale. M. A n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle telle que précédemment décrite.

En ce qui concerne la décision du 22 octobre 2020 :

18. En premier lieu, il y a lieu d'écarter le moyen de l'incompétence du signataire de la décision en litige pour les motifs retenus au point 12 ci-dessus.

19. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la fiche produite par l'OFII en première instance, que M. A a fait l'objet d'une évaluation de sa vulnérabilité en présence d'un interprète le 20 octobre 2020. Ainsi, le moyen tiré de l'absence d'une telle évaluation doit être écarté.

20. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que par la décision contestée du 22 octobre 2020, le directeur de l'OFII a refusé d'accorder à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'ayant présenté une nouvelle demande d'asile le 12 juin 2020 après son transfert en Allemagne, cette demande était assimilable à une demande de réexamen. En effet, alors même que la précédente demande d'asile de M. A avait été placée en procédure dite " Dublin ", le directeur territorial de l'OFII a pu, sans erreur de droit, considérer que M. A avait présenté une demande de réexamen à la suite de son transfert en Allemagne, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

21. Enfin, il y a lieu d'écarter les moyens tirés de la méconnaissance du principe de dignité humaine protégé par l'article 1er de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et du principe de proportionnalité résultant de l'article 20-5 de la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale et le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences de la décision sur la situation personnelle de M. A pour les motifs exposés au point 17 ci-dessus.

22. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'OFII est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé les décisions du directeur territorial de l'OFII de Cergy des 1er juillet 2020 et 22 octobre 2020 .

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'OFII, qui n'est pas la partie perdante, verse une quelconque somme au conseil de M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de se prononcer sur les conclusions de M. A tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise nos 2008515-2013323 du 6 avril 2023 est annulé.

Article 3 : Les demandes présentées par M. A devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise et ses conclusions en appel sont rejetées.

Article 4 : Le présent arrêt sera notifié à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à M. D A.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Signerin-Icre, présidente,

M. Camenen, président assesseur,

Mme Florent, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le rapporteur,

G. CAMENEN La présidente,

C. SIGNERIN-ICRE

La greffière,

V. MALAGOLI La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

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