mercredi 30 août 2023
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01461 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET ADDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert ayant pour mission d'apprécier le lien entre son état de santé et les conséquences de sa prise de fonction dans un établissement scolaire à compter du 1er décembre 2019 et pour évaluer l'ensemble de ses préjudices relatifs à un prétendu accident.
Par une ordonnance n° 2212874 du 14 juin 2023, le premier vice-président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, juge des référés, a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2023, M. B, représenté par Me Laplante, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) de constater le caractère utile de la mesure d'expertise médicale sollicitée ;
3°) de désigner un médecin expert dans la spécialité de son affection mentale, avec pour mission à partir de ses déclarations, au besoin, de celles de ses proches et de tout sachant, et des documents médicaux fournis, d'apprécier le lien entre son état de santé et d'évaluer les conséquences de sa prise de fonction dans un établissement scolaire à compter du 1er décembre 2019, conformément aux termes de sa demande ;
4°) de dire et juger que l'expert commis devra adresser aux parties un pré-rapport d'expertise et impartir auxdites parties un délai minimum de quatre semaines pour lui faire connaître leurs observations, auxquelles il répondra dans son rapport définitif.
5°) de mettre à la charge de la partie défenderesse une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie du bien-fondé de la demande d'expertise et de l'irrégularité de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
- il est nécessaire qu'un expert se prononce sur les préjudices résultant des affections contractées dans le cadre de son service, dont il a rappelé le caractère indemnisable dès lors que le fonctionnaire victime d'un accident de service peut solliciter de son employeur public l'indemnisation de ses préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux, même en l'absence de faute de celui-ci et leur caractère indemnisable quand bien même le fonctionnaire ne remplirait pas les conditions d'octroi d'une allocation temporaire d'invalidité ; la juste appréciation de ses préjudices, dont il entendait obtenir réparation, nécessitait qu'un médecin expert procède à un examen et à une évaluation ;
- l'ordonnance est irrégulière et doit être annulée pour deux motifs, d'une part, le caractère contradictoire des avis justifiait effectivement qu'une expertise se tienne pour apporter à toute juridiction saisie au fond de se prononcer, d'autre part, et surtout, la demande d'expertise dont a été saisi le juge des référés porte également sur l'évaluation des préjudices du requérant qui résultent des conditions particulièrement néfastes qu'il a eu à subir dans le cadre de son service et ayant provoqué ses affections, il est de jurisprudence constante qu'ils doivent être réparés par son employeur ; l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés du tribunal administratif d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative précité doit être appréciée, bien qu'il ne soit pas saisi du principal, dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle se rattache ; la condition est remplie, il entend solliciter la réparation de ses préjudices auprès des collectivités défenderesses ; sa demande doit donc être appréciée dans la perspective d'un litige éventuel entre les parties sur cette question ; les parties se trouvent actuellement dans l'incapacité d'évaluer lesdits préjudices ; il en résulte qu'il ne peut présenter une demande d'indemnisation qui soit juste, et que le département du Val-d'Oise et la région Ile-de-France seront dans l'incapacité de statuer sur cette demande si elle n'est pas fondée sur un avis médical ; à défaut d'expertise, la juridiction éventuellement saisie de ce nouveau différend sera dans l'incapacité de statuer sur la demande indemnitaire formulée par le requérant ; il apparait que la demande d'expertise médicale formulée par le requérant est utile, et qu'elle était par conséquent justifiée.
- il demande une expertise médicale par l'expert désigné dans la spécialité de son affection mentale, avec la mission dont les termes sont définis dans sa requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2023, la région Ile-de-France, représentée par Me Nahmias, avocat, demande à la cour de rejeter la requête et de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'expertise n'est pas utile, les conditions d'application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative n'étant pas réunies au regard des instances au fond en cours ;
- la mesure d'expertise reste inutile dans le perspective d'un litige indemnitaire et la mesure sollicitée est en tout état de cause inutile.
La requête a été communiquée au département du Val-d'Oise, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une décision du 1er septembre 2022, le président de la cour a désigné M. Albertini, président de la 6ème chambre, pour statuer en qualité de juge des référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise qu'un médecin expert spécialiste des affections mentales soit désigné en vue de se prononcer tant sur la réalité et l'étendue de ses affections de santé que sur leur imputabilité au service et leur incidence sur son aptitude à tenir son poste, au regard notamment des conditions d'octroi des congés de longue maladie et de longue durée. Il relève appel de l'ordonnance du 14 juin 2023 par laquelle le premier vice-président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, juge des référés, a rejeté sa demande, pour défaut d'utilité de la mesure sollicitée.
Sur le caractère utile de l'expertise :
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
3. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
4. M. B sollicite la désignation d'un expert pour apprécier le lien entre son état de santé et les conséquences de sa prise de fonction dans un établissement scolaire à compter du 1er décembre 2019 et pour évaluer l'ensemble de ses préjudices relatifs à un prétendu accident de service, en lien selon lui avec des faits de harcèlement moral. Parallèlement à cette demande d'expertise, il a demandé au tribunal de Cergy-Pontoise, dans une requête enregistrée sous le n° 2104506, enregistrée le 2 avril 2021, d'annuler la décision par laquelle la région d'Ile-de-France a implicitement rejeté son recours tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de ses affections de santé et à la révision de son entretien professionnel au titre de l'année 2020. Le 21 septembre 2022, il a aussi initié un second recours, sous le n° 2213035, afin de contester la décision du 21 septembre 2021 du département du Val-d'Oise lui refusant l'octroi d'un congé de longue maladie
5. Toutefois, s'il peut être fait application des dispositions de l'article R. 532-1, alors même qu'une requête à fin d'annulation est en cours d'instruction, il appartient au juge des référés d'apprécier l'utilité de la mesure demandée sur ce fondement. En l'espèce, tout d'abord, aucune circonstance particulière ne confèrerait à la mesure qu'il est ainsi demandé au juge des référés d'ordonner un caractère d'utilité différent de celui des mesures que le juge de l'annulation pour excès de pouvoir, saisi des requêtes n° 2104506 et n° 2213035, pourra décider, le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. Ensuite, si M. B fait valoir que la mesure d'expertise qu'il demande est utile pour lui permettre d'évaluer les préjudices dont il est susceptible de demander réparation, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige éventuel auquel elle est susceptible de se rattacher, il ne fait état d'aucune circonstance particulière, notamment d'urgence, propre à conférer à la mesure qu'il demande au juge des référés d'ordonner un caractère d'utilité différent de celui de la mesure que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, éventuellement saisi de sa requête indemnitaire, pourra décider le cas échéant, dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction. Ainsi, M. B ne fournit au juge des référés de la cour aucun élément de nature à justifier qu'il fasse usage du pouvoir qu'il tient des dispositions citées ci-dessus, sans attendre que la chambre chargée de l'instruction de ses requêtes ait pu elle-même en apprécier l'utilité. Dans ces conditions, l'expertise sollicitée par M. B devant la cour ne présente pas un caractère utile dans la perspective d'un litige actuel ou éventuel auquel elle est susceptible de se rattacher, au sens des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, le premier vice-président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, juge des référés, a rejeté sa demande. Dès lors, la requête en référé présentée par M. B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la région Ile-de-France et au département du Val d'Oise, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la région Ile-de-France au titre de ces mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête d'appel de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la région Ile-de-France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la région Ile-de-France et au département du Val-d'Oise.
Fait à Versailles le 30 août 2023.
Le président de la 6ème chambre,
Juge des référés
Paul-Louis ALBERTINI
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026