mardi 20 février 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01518 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler d'une part, l'arrêté du 24 mai 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assignée à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, d'autre part, l'arrêté du 17 avril 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de prendre toute mesure propre à mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Par un jugement nos 2307011, 2307022 du 12 mai 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 3 juillet 2023, Mme A, représentée par Me Garcia, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte, et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le jugement attaqué est irrégulier dès lors que le juge de première instance a remis en cause la durée de sa présence en France depuis 2008 alors qu'elle n'était pas contestée par l'autorité administrative, de sorte qu'une telle motivation révèle une méconnaissance des exigences de la procédure contradictoire et des droits de la défense ;
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de son droit à être entendu garanti par le droit de l'Union européenne ; elle n'a pas été invitée à présenter ses observations ni pu être assistée par un avocat avant l'édiction de la décision en litige alors qu'il avait été enjoint au préfet de réexaminer sa situation à la suite de l'annulation d'un précédent arrêté d'éloignement par le tribunal administratif de Melun ; c'est à tort que le juge de première instance a considéré qu'elle avait bénéficié du droit d'être entendu en ce qu'elle avait été auditionnée, par les services de police, le 10 janvier 2023 alors que cette audition concerne la mesure d'éloignement qui a été annulée par le tribunal administratif de Melun ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure faute de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation dès lors que la présence de l'exposante ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- la décision portant refus de délai départ volontaire est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le risque de fuite au sens de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 n'est pas caractérisé ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. Mme A, ressortissante marocaine née le 1er janvier 1977, fait appel du jugement du 5 juin 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 17 avril 2023 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de sa destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
3. En premier lieu, si Mme A soutient qu'en remettant en cause la durée de sa présence sur le territoire français depuis 2008 au vu des pièces versées au dossier, alors que cette durée n'était pas contestée par l'administration, le juge de première instance a méconnu le caractère contradictoire de la procédure. Il résulte, toutefois, de l'examen du point 8 du jugement attaqué, que, pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le juge de première instance n'a retenu cet élément que parmi un ensemble d'autres circonstances tenant, en particulier, aux conditions du séjour en France de la requérante, à sa condamnation pénale et à ses liens privés et familiaux dans son pays au regard de ses liens en France. Dans ces conditions, le motif tiré de la durée de la présence en France de la requérante n'étant nullement déterminant, le moyen tiré de la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure doit être écarté.
4. En deuxième lieu, Mme A soutient que l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de son droit à être entendue garanti par le droit de l'Union européenne et de son droit à être assistée par un avocat. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été pris à la suite de l'annulation d'une précédente mesure d'éloignement par le tribunal administratif de Melun qui a également enjoint à l'administration, à la demande de Mme A, de réexaminer la situation de l'intéressée. Dans ces conditions, la requérante, qui n'allègue pas ne pas avoir reçu notification de ce jugement et qui a été mise en possession par les services de la préfecture le 11 avril 2023 d'une autorisation provisoire de séjour, n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas été mise à même d'être entendue par l'administration dans le cadre de ce réexamen et de fournir les éventuels éléments nouveaux dont elle aurait pu utilement se prévaloir depuis son audition par les services de police le 10 janvier 2023. De même, elle n'établit pas en quoi elle aurait été empêchée de recourir à l'assistance d'un avocat. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En troisième lieu, Mme A reprend en appel les moyens soulevés en première instance tirés de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français et du défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'elle a déjà fait valoir en première instance. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le juge de première instance.
6. En quatrième lieu, Mme A, qui a fait l'objet d'une décision d'éloignement, ne peut utilement se prévaloir de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour à l'encontre d'une décision qui ne comporte pas de refus de titre de séjour.
7. En cinquième lieu, pour soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, Mme A soutient avoir établi sa vie privée et familiale en France où elle réside de manière continue depuis 2008 avec son fils et se prévaut d'une ancienneté de travail depuis le mois d'août 2018 en qualité de serveuse. Toutefois, l'intéressée, qui est célibataire et sans charge de famille, n'établit pas la réalité des liens qu'elle entretiendrait avec son fils majeur qui se trouverait en France et n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-et-un ans selon ses déclarations. En outre, elle n'établit pas davantage avoir noué des liens privés intenses et stables en France. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que la requérante a été condamnée le 30 juin 2016 par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de quinze mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de proxénétisme aggravé. Enfin, elle a fait l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une mesure d'éloignement en date du 5 mai 2021, à laquelle elle n'a pas déféré. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que la requérante occupe un emploi, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels la décision en litige a été prise. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation de la requérante.
8. En sixième lieu, Mme A reprend en appel le moyen soulevé en première instance tiré de ce que la décision portant refus de délai départ volontaire est entachée d'erreur d'appréciation faute que le risque de fuite au sens de la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 soit caractérisé, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'elle a déjà fait valoir en première instance. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le juge de première instance.
9. En septième lieu, il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
10. En huitième lieu, Mme A reprend en appel le moyen soulevé en première instance tirés de l'insuffisante motivation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'elle a déjà fait valoir en première instance. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le juge de première instance.
11. Enfin, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 7, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an aurait été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 20 février 2024.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin-Icre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026