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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE01640

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE01640

jeudi 16 mai 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE01640
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
Avocat requérantBAYONNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A C a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté en date du 16 décembre 2022 par lequel la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.

Par un jugement n° 2300845 du 14 avril 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023 et régularisée le 14 septembre 2023, Mme A C, représentée par Me Bayonne, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Loiret de réexaminer sa situation.

Elle soutient que :

- le préfet a méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en estimant que sa situation ne répondait pas à des considérations humanitaires ou à des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour ;

- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A C, ressortissante congolaise née le 28 mai 1980 à Loubomo, qui a déclaré être entrée en France le 31 août 2018, a sollicité le 10 mai 2021 son admission au séjour au titre de l'asile. Par un arrêté en date du 16 décembre 2022, la préfète du Loiret l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée. Mme A C relève appel du jugement du 14 avril 2023 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. La requérante soutient à nouveau en appel que l'arrêté en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux termes desquelles : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Ces stipulations ne sauraient, en tout état de cause, s'interpréter comme comportant pour un État l'obligation générale de respecter le choix, par un demandeur de titre de séjour, d'y établir sa résidence privée et de permettre son installation ou le regroupement de sa famille sur son territoire. La requérante vit en France depuis 2018, soit depuis un peu plus de quatre ans à la date de l'arrêté litigieux, avec ses quatre enfants désormais scolarisés. Ces seules circonstances ne caractérisent pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, alors que l'intéressée ne fait état d'aucune attache en France ni d'aucune intégration sociale ni professionnelle, et qu'elle ne justifie pas d'un obstacle à son retour dans son pays d'origine avec ses enfants, alors d'ailleurs que sa demande d'asile a été rejetée par les juridictions compétentes. Le moyen doit être écarté.

4. La requérante reprend en appel le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Elle ne fait état, cependant, d'aucun élément nouveau. Dès lors, par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal et exposés aux points 6 et 7 du jugement attaqué, le moyen doit être écarté.

5. Enfin, la requérante ne peut utilement invoquer, à l'encontre de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet, la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'admission exceptionnelle au séjour, lesquelles ne prévoient pas la délivrance de plein droit d'un titre de séjour. Ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A C est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées à titre accessoire.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C.

Copie en sera adressée à la préfète du Loiret.

Fait à Versailles, le 16 mai 2024.

La Conseillère d'État,

Présidente de la cour administrative d'appel de Versailles

N. MASSIAS

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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