mercredi 24 avril 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01718 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 13 juillet 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination, et d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à un nouvel examen de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour dans le délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Par un jugement n° 2210984 du 13 juillet 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et des pièces, enregistrées respectivement les 26 juillet 2023 et 10 novembre 2023, M. B, représenté par Me Laurent, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, la mention " salarié ", dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire au séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation, notamment au regard des critères de l'article L. 5221-20 du code du travail ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'aucune pièce complémentaire ne lui a été réclamée par la préfecture et que son employeur conteste avoir reçu une telle demande ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il remplit les conditions d'ancienneté de séjour en France avec une résidence habituelle de six ans et qu'il justifie d'une insertion professionnelle suffisante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B, ressortissant algérien né le 20 février 1984 et entré en France, selon ses déclarations, le 2 novembre 2015, a sollicité le 28 juillet 2021 la délivrance d'un certificat de résidence portant la mention " salarié " sur le fondement des stipulations 7 b) de l'accord franco-algérien. Par un arrêté du 13 juillet 2022, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination. M. C fait appel du jugement du 13 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué que, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet du Val-d'Oise a précisé les considérations de droit et de fait sur lesquelles il s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour tant sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien que sur celui de son pouvoir de régularisation. Il ressort également des mentions de cet arrêté que le préfet s'est livré à un examen particulier de la situation du requérant et a, notamment, tenu compte des éléments caractérisant sa situation professionnelle. A cet égard, si les motifs de l'arrêté attaqué ne font pas explicitement référence aux critères énoncés à l'article R. 5221-20 du code du travail, cette circonstance ne permet pas, en tout état de cause, d'établir que le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas tenu compte de ces dispositions, qui ont bien été visées. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de la décision portant refus de titre de séjour et du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doivent être écartés.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande adressée à l'administration est incomplète, celle-ci indique au demandeur les pièces et informations manquantes exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur. Elle fixe un délai pour la réception de ces pièces et informations ".
5. Il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que, pour rejeter la demande de certificat de résidence présentée par M. B, le préfet du Val-d'Oise ne s'est pas fondé sur l'absence de documents ou de justificatifs nécessaires à l'instruction de son dossier mais s'est borné à apprécier le bien-fondé de la demande dont il était saisi, au regard des textes régissant sa délivrance, en particulier l'article 7 b) de l'accord franco-algérien, et a estimé, d'une part, que l'intéressé ne justifiait pas d'un visa long séjour tel que visé à l'article 9 de cet accord et, d'autre part, qu'il ne produisait pas de contrat de travail visé conformément aux dispositions de l'article L. 5221-2 du code du travail. Si le préfet du Val-d'Oise a relevé par ailleurs que l'expérience professionnelle de l'intéressé sur la période de juillet 2020 à août 2021 était insuffisamment justifiée, en mentionnant notamment l'absence de réponse de la société " ARF Construction " aux demandes de pièces complémentaires de la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère, il a préalablement estimé que la durée de séjour du requérant était insuffisante pour justifier la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié et ne s'est ainsi pas fondé sur le caractère incomplet du dossier. Il suit de là que le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 114-5 du code des relations entre le public et l'administration.
6. En dernier lieu, M. B soutient que le préfet du Val-d'Oise a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre exceptionnellement au séjour au titre de son pouvoir général d'appréciation. Toutefois, s'il se prévaut de sa résidence habituelle en France depuis 2016, de son activité professionnelle entre juillet 2018 et septembre 2019 comme vendeur dans une boulangerie, puis comme carreleur depuis juillet 2020, ces éléments sont insuffisants pour établir l'existence d'un motif exceptionnel ou une circonstance humanitaire justifiant une admission au séjour. En outre, l'intéressé, qui est âgé de trente-huit ans, est célibataire et sans charge de famille, ne justifie d'aucun lien personnel et familial en France et ne démontre pas être démuni d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente-et-un ans. Par suite, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en considérant que M. B n'établissait pas l'existence d'une circonstance humanitaire ou d'un motif exceptionnel justifiant son admission au séjour.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonctions sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 24 avril 2024.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin-Icre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026