jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01913 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Avocat requérant | SARL HUBERT VEAUVY AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B Sarr a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du 12 février 2020 par lequel M. C A, maire de la commune de Chambray-lès-Tours, a abrogé l'arrêté municipal du 10 avril 2014 lui accordant une délégation de fonctions auprès de la communauté d'agglomération Tour plus et de condamner la commune de Chambray-lès-Tours à lui verser une somme au titre des indemnités de fonction, pour la période allant de mars 2017 à juillet 2020, ainsi qu'une somme au titre des préjudices matériel et moral subis.
Par un jugement n° 2002812 du 1er juin 2023, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté ses demandes.
Procédure devant la Cour :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2023, M. Sarr, représenté par Me Yamba, avocat, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) de condamner la commune de Chambray-lès-Tours à lui verser la somme de 58 790 euros et 22 centimes, assortie des intérêts aux taux légaux à compter du 10 août 2020 ;
4°) d'enjoindre à la commune de Chambray-lès-Tours de lui remettre des bulletins de salaires correspondant à la somme versée ;
5°) et de mettre à la charge de la commune de Chambray-lès-Tours la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est entaché d'irrégularité dès lors que c'est à tort que les premiers juges ont rejeté pour irrecevabilité, faute de liaison du contentieux, ses conclusions indemnitaires ;
- il a droit à la somme de de 58 790 euros et 22 centimes.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, la commune de Chambray-lès-Tours, représentée par Me Veauvy, avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. Sarr la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à bon droit que le tribunal a considéré que les conclusions indemnitaires de M. Sarr étaient irrecevables compte tenu de l'absence d'une décision de l'administration liant le contentieux ;
- pour le surplus, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () premiers vice-présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. Sarr, conseiller municipal de la commune de Chambray-lès-Tours, s'est vu accorder, par un arrêté n° 2014/133/SG du maire de la commune daté du 10 avril 2014, une délégation de fonctions auprès de la communauté d'agglomération Tour plus. Par un arrêté n° 2020/057/SG du 13 février 2020, le maire de la commune de Chambray-lès-Tours a abrogé l'arrêté du 10 avril 20104 précité, mettant par conséquent fin à la délégation de fonctions de M. Sarr. Ce dernier fait appel du jugement du 1er juin 2023 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté comme irrecevable en l'absence de demande indemnitaire préalable liant le contentieux, sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 février 2020 et à la condamnation de la commune de Chambray-lès-Tours à lui verser la somme de 58 790 euros et 22 centimes au titre des indemnités de fonction qui lui auraient été dues pour la période allant de mars 2017 à juillet 2020, plus la somme de 5 000 euros en réparation de son préjudice matériel et moral.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires de première instance :
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. (). ". Il résulte de ces dispositions qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. Sarr a saisi le tribunal administratif d'Orléans de conclusions indemnitaires tendant à la condamnation de la commune de Chambray-lès-Tours, sans avoir formé auprès de cette dernière une demande d'indemnisation préalable de nature à lier le contentieux. Ces conclusions de M. Sarr sont par suite irrecevables.
Sur la légalité de la décision contestée :
5. Les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 12 février 2020 ne sont assorties d'aucun moyen en appel. Par suite, elles ne peuvent qu'être rejetées.
6. Il résulte de ce qui précède que M. Sarr n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté ses demandes. Par suite, la requête d'appel de M. Sarr est manifestement dépourvue de fondement et doit, en application du dernier alinéa précité de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles afférentes aux frais de justice.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. Sarr est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B Sarr et à la commune de Chambray-lès-Tours.
Fait à Versailles le 29 février 2024.
Le premier vice-président de la Cour,
président de la 2ème chambre,
Bernard EVEN
La République mande et ordonne au préfet d'Indre-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026