LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE02099

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE02099

jeudi 12 février 2026

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE02099
TypeDécision
Recoursplein contentieux
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCABINET ARTESIA (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. et Mme A... et C... B... ont demandé au tribunal administratif de Cergy- Pontoise de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes.

Par un jugement n° 1910120 du 20 juin 2023, le tribunal administratif de Cergy- Pontoise a constaté qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge à hauteur du dégrèvement de 10 915 euros prononcé en cours d’instance et a rejeté le surplus de leur demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 septembre 2023 et le 5 avril 2024, M. et Mme B..., représentés par Me Roumélian, demandent à la cour :

1°) d’annuler ce jugement en tant qu’il a rejeté leur demande de décharge relative à l’imposition des sommes versées en 2015 et 2016 par la SARL France Art Gallery à Mme B... à hauteur de 29 494 euros ;

2°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales restant à leur charge au titre des années 2015 et 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que Mme B... ayant prêté à la SARL France Art Gallery, détenue majoritairement et gérée par son époux, la somme de 29 500 euros, les sommes reversées par cette société constituent le remboursement de cet emprunt ; elle disposait de la capacité financière de prêter cette somme et établit la réalité des flux financiers ; elle n’était pas tenue de soumettre ce prêt à l’enregistrement.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 mars 2024, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 22 mai 2025 la clôture de l’instruction a été fixée au 20 juin 2025.

Le ministre a produit un mémoire enregistré le 7 janvier 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Besson-Ledey,
- et les conclusions de M. Illouz, rapporteur public,


Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B... ont fait l’objet d’un examen contradictoire de situation fiscale personnelle au titre des années 2014, 2015 et 2016. A l’issue de ce contrôle, l’administration a notamment taxé d’office, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales, plusieurs crédits inscrits sur les comptes bancaires des contribuables en 2015 et en 2016 dont l’origine est demeurée injustifiée. Des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales ont été mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016 à raison de ces revenus d’origine indéterminée. Ils font appel du jugement du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 20 juin 2023 qui, après avoir constaté qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge à hauteur du dégrèvement de 10 915 euros prononcé en cours d’instance, a rejeté le surplus de leur demande de décharge.

2. Aux termes de l’article L. 69 du livre des procédures fiscales : « (…) sont taxés d’office à l’impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d’éclaircissements ou de justifications prévues à l’article L. 16 ». Aux termes de l’article L. 192 du même livre : « (…) la charge de la preuve (…) incombe (…) au contribuable (…) en cas de taxation d'office à l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle en application des dispositions des articles L. 16 et L. 69 ». Il résulte de l’instruction que l’administration a taxé M. et Mme B..., selon la procédure de taxation d’office, prévue par l’article L. 69 du livre des procédures fiscales, à raison de crédits bancaires injustifiés dans la catégorie des revenus d’origine indéterminée au titre des années 2015 et 2016. Les requérants qui ne contestent pas le recours à cette procédure supportent la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions supplémentaires mises à leur charge à raison de ces rectifications, en application des dispositions précitées.

3. Il est loisible au contribuable taxé d'office en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales d'apporter devant le juge de l'impôt la preuve que les sommes concernées, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie déterminée de revenus. Dans ce cas, le contribuable peut obtenir, le cas échéant, une réduction de l'imposition d'office régulièrement établie au titre du revenu global, à raison de la différence entre les bases imposées d'office et les bases résultant de l'application des règles d'assiette propres à la catégorie de revenus à laquelle se rattachent, en définitive, les sommes en cause.

4. Les requérants soutiennent que les revenus d’origine indéterminée taxés entre leurs mains à hauteur de 3 000 euros en 2015 et de 26 500 euros en 2016 constituent le remboursement d’un prêt de Mme B... à la SARL France Art Gallery, détenue et gérée par son mari. Pour appuyer leurs dires, ils produisent des extraits des relevés de comptes bancaires de Mme B... et de la société précitée, dans lesquels des débits et des remises de chèques concordent en date et en montant, à hauteur de 6 500 euros le 26 juin 2015, de 7 000 euros le 30 juillet 2015, de 3 000 euros le 17 août 2015 et de 7 000 euros le 31 août 2015. En outre, ils justifient de ce que Mme B... a procédé au paiement d’une facture de 3 144 euros pour le compte de la société, en produisant la facture du 31 mai 2015 et un extrait du compte bancaire de Mme B... sur lequel figure un virement du même montant libellé avec le nom du fournisseur et la date de la facture. En revanche, le paiement par Mme B... d’un second achat pour le compte de la société, d’un montant de 2 850 euros le 16 août 2015, ne ressort d’aucune pièce du dossier. Ce faisant, les requérants établissent que Mme B... a versé ou payé pour le compte de la SARL France Art Gallery un montant total de 26 644 euros entre le 26 juin 2015 et le 31 août 2015. Par ailleurs, il est constant que cette société a opéré, entre le 26 décembre 2015 et le 23 décembre 2016, à Mme B... plusieurs versements s’élevant en totalité à 29 500 euros, montant très proche des paiements effectués quelques mois auparavant par Mme B... à la société. De plus, il résulte de l’instruction que lors du contrôle, les requérants ont apporté une attestation datée du 24 décembre 2016 et une déclaration de prêt du 23 juillet 2019, non enregistrée, mentionnant l’existence d’un prêt entre Mme B... et la société pour un montant de 29 500 euros et un remboursement opéré en 2015 et 2016. Si l’administration fait valoir que, devant le tribunal administratif, les requérants ont produit un courrier de juin 2022 mentionnant ce même prêt et la preuve de virement d’une première mensualité de remboursement, en contradiction avec leurs écrits précédents, cette seule circonstance ne peut suffire à écarter la qualification de prêt allégué, compte tenu des flux financiers établis, de la concordance entre les sommes versées par Mme B... et celles versées par la société et du faible délai s’étant écoulé entre elles. Eu égard à l’ensemble de ces circonstances, les requérants apportent la preuve que les sommes à hauteur de 3 000 euros en 2015 et de 23 644 euros en 2016 perçues par Mme B... en provenance de la SARL France Art Gallery constituaient le remboursement d’un prêt et n’étaient ainsi pas imposables.

5. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B... sont seulement fondés à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande de décharge des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales, en droits et pénalités, mises à leur charge au titre des années 2015 et 2016 à concurrence d’une réduction en base du montant de ces sommes.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.












D É C I D E :







Article 1er : La base de l’impôt sur le revenu et des contributions sociales de M. et Mme B..., dans la catégorie des revenus d’origine indéterminée, est réduite de 3 000 euros au titre de l’année 2015, et de 23 644 euros au titre de l’année 2016.

Article 2 : M. et Mme B... sont déchargés des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016, en droits et pénalités, à raison de la réduction de leur base imposable définie à l’article 1er.

Article 3 : Le jugement n° 1910120 du 20 juin 2023 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise est réformé en ce qu’il a de contraire au présent arrêt.

Article 4 : L’Etat versera à M. et Mme B... une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.









Article 6 : Le présent arrêt sera notifié à M. et Mme B... et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.

Délibéré après l’audience du 27 janvier 2026, à laquelle siégeaient :
Mme Besson-Ledey, présidente de chambre,
Mme Marc, présidente assesseure,
Mme Hameau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2026.

La présidente-rapporteure,

L. Besson-Ledey
La présidente-assesseure,

E. Marc


La greffière,

T. Tollim


La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



Décisions similaires

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02310

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Paris, prise par le juge des référés, concerne la reprise d’instance après cassation par le Conseil d’État d’un litige fiscal opposant la société American Express Carte France à l’administration. Le Conseil d’État avait annulé partiellement l’arrêt de la cour et renvoyé l’affaire pour qu’elle statue à nouveau sur certains points. La cour constate que la requête enregistrée sous le n° 26PA02310 est devenue sans objet et ordonne sa radiation du registre du greffe, en application du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02388

La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, a radié du registre du greffe le dossier n° 26PA02388, relatif à la reprise d'instance après cassation concernant la société American Express Carte France. Cette affaire portait sur des rappels de TVA, de taxe sur les salaires et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises pour les années 2014 à 2016, après un arrêt du Conseil d'État du 10 avril 2026 ayant partiellement annulé et renvoyé les précédents arrêts de la cour. La solution retenue est que la requête est devenue sans objet, probablement en raison de l'irrévocabilité de certaines parties de la décision antérieure. Aucun texte spécifique n'est mentionné dans l'ordonnance, mais la procédure s'inscrit dans le cadre du code de justice administrative.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-25PA00890

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a examiné la demande de transmission au Conseil d’État d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par M. A... à l’occasion d’un litige en plein contentieux fiscal. Le requérant contestait la conformité à la Constitution de l’article L. 85 du livre des procédures fiscales, qui permet à l’administration d’obtenir des données bancaires sans autorisation préalable ni information du contribuable. La cour a jugé que les dispositions contestées étaient applicables au litige et n’avaient pas déjà été déclarées conformes par le Conseil constitutionnel. Toutefois, estimant que la question soulevée était dépourvue de caractère sérieux, la cour a refusé de transmettre la QPC au Conseil d’État.

01/07/2026

CAA75plein contentieux

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA00231

La Cour administrative d’appel de Paris, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui contestait le jugement du tribunal administratif de Melun lui ayant refusé une indemnité de 50 000 euros pour des frais de mission FRONTEX et lui ayant infligé une amende pour recours abusif. La cour a constaté que la requête d’appel, qui n’était pas dispensée de ministère d’avocat, avait été présentée sans ce ministère et n’avait pas été régularisée malgré les mentions claires de la notification du jugement. En application des articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, l’irrecevabilité manifeste a été retenue, entraînant le rejet de l’appel.

01/07/2026

← Retour aux décisions