mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE02455 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. C A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 5 septembre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, et d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui communiquer le dossier pénal sur lequel s'appuie les décisions attaquées.
Par un jugement n° 2311736 du 12 octobre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 7 novembre 2023 et 30 mai 2024, M. A B, représenté par Me Gôme, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision juridictionnelle à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter de cette même date et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est irrégulier dès lors qu'il n'a pas été répondu aux moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté contesté, du défaut d'examen sérieux de sa situation, de la méconnaissance par la décision portant obligation de quitter le territoire français du principe d'égalité et du champ d'application de la loi et de l'erreur de droit commise par le préfet, qui n'a pas vérifié s'il pouvait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée dès lors que le préfet n'a pas pris position sur les quatre critères énoncés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté attaqué a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été entendu préalablement à son édiction, en méconnaissance du principe général du droit de l'Union européenne de respect des droits de la défense et des stipulations de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il méconnaît les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il est le père d'un enfant né le 2 août 2023 et qu'il contribue à son éducation et à son entretien ;
- il méconnaît le champ d'application de la loi dès lors qu'il devait bénéficier d'une protection au titre des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le préfet aurait dû examiner s'il pouvait bénéficier de cette protection ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 7 de la Charte des droits fondamentaux, celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le préfet a commis une erreur de droit en s'abstenant de vérifier s'il pouvait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit ; il peut prétendre à la délivrance d'un titre en application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis des erreurs de fait faute d'avoir examiné sérieusement sa situation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. A B, ressortissant ivoirien né le 22 avril 1985, fait appel du jugement du 12 octobre 2023 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 5 septembre 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de sa destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
3. En premier lieu, il ressort de l'examen du jugement attaqué que, contrairement à ce que soutient le requérant, le juge de première instance a répondu, au point 5 de sa décision, au moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté attaqué. En outre, si M. A B soutient que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif a omis de répondre aux moyens tirés du défaut d'examen sérieux de sa situation, de la méconnaissance du principe d'égalité, de la méconnaissance du champ d'application de la loi et de l'erreur de droit commise par le préfet à ne pas avoir vérifié s'il pouvait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit, il ressort toutefois de ses écritures de première instance que l'intéressé n'avait soulevé aucun de ces moyens. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le jugement attaqué serait irrégulier de ce chef.
4. En deuxième lieu, M. A B reprend en appel, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'il a déjà fait valoir devant le tribunal administratif, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.
5. En troisième lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué que le préfet des Hauts-de-Seine a visé les 4° et 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relevé, d'une part, que M. A B s'était soustrait à une précédente mesure d'éloignement prononcée par le préfet de police le 24 juin 2021, et, d'autre part, qu'il avait explicitement déclaré, lors de son audition, son intention de ne pas se conformer à une obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine a satisfait à l'obligation de motiver le refus d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de ce refus doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, que pour prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet des Hauts-de-Seine, après avoir rappelé les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a notamment relevé que l'intéressé ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire particulière, que sa situation familiale ne faisait pas état de fortes attaches sur le territoire et qu'il avait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement à laquelle il ne s'était pas conformé. Dans ces circonstances, alors qu'il n'avait pas à faire état expressément de l'absence de menace à l'ordre public, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas entaché sa décision d'un défaut de motivation.
7. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et, notamment pas des mentions de l'arrêté attaqué, rappelées aux points précédents, que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de M. A B avant de prendre l'arrêté contesté. Par ailleurs, le requérant n'établit pas que le préfet se serait fondé sur des faits matériellement inexacts. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
8. En sixième lieu, les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne sont pas en elles-mêmes invocables par un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement telle qu'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations est inopérant. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A B a été entendu par les services de police le 5 septembre 2023, préalablement à l'édiction des décisions contestées, audition au cours de laquelle il a été mis à même de présenter ses observations sur les conditions de son entrée et de son séjour sur le territoire français ainsi que sur sa situation personnelle et professionnelle. Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté aurait méconnu son droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union, doit être écarté.
9. En septième lieu, si M. A B soutient, pour la première fois en appel, que la mesure d'éloignement attaqué a été prise en méconnaissance des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit, qu'il serait père d'un enfant de nationalité française à l'entretien et à l'éducation duquel il contribuerait effectivement dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que les dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur, ont été méconnues.
10. En huitième lieu, si M. A B soutient que le préfet a méconnu les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. En neuvième lieu, le requérant reprend en appel, sans apporter aucune précision supplémentaire et pertinente par rapport à celles qu'il a déjà fait valoir devant le tribunal administratif, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Dans ces conditions, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par le tribunal administratif. Il y a lieu, par ailleurs, d'écarter, pour les mêmes motifs, d'une part, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui garantissent également le respect de la vie privée et familiale, et d'autre part, le moyen tiré de ce que le requérant remplirait les conditions prévues par l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient M. A B, le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office si l'intéressé remplissait les conditions pour obtenir un titre de séjour de plein droit. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit commise par le préfet des Hauts-de-Seine doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B. Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 18 juin 2024.
La présidente de la 5ème chambre,
Corinne Signerin-Icre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-25TL01714
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, prise par le juge des référés, rejette la requête de M. A..., ressortissant algérien, qui contestait le refus de séjour et l’obligation de quitter le territoire français pris par le préfet de la Haute-Garonne. La cour estime que l’arrêté préfectoral est suffisamment motivé et que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de l’intéressé. Elle écarte également les moyens tirés de la violation de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, jugeant que la requête est manifestement dépourvue de fondement. La solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA00532
La Cour administrative d'appel de Marseille a examiné le recours du préfet de la Haute-Corse contre un jugement du tribunal administratif de Bastia. Ce jugement avait annulé les arrêtés du 2 janvier 2025 refusant un titre de séjour à M. A... B..., ressortissant brésilien, et prononçant son éloignement. Le préfet soutenait que le comportement de l'intéressé constituait une menace à l'ordre public, justifiant le refus sur le fondement de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La cour a rejeté la requête préfectorale et confirmé le jugement de première instance, validant ainsi l'annulation des arrêtés et l'injonction de délivrer une carte de séjour temporaire mention "salarié".
04/05/2026