jeudi 9 octobre 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE02480 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL ZAMOUR ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... C... et Mme A... C... ont demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à leur charge au titre des années 2014 et 2015.
Par une ordonnance du 9 avril 2020, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la demande de M. et Mme C....
Par un jugement n°2003958 du 10 octobre 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 10 novembre 2023, M. et Mme C..., représentés par la SELARL Zamour avocats, demandent à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 10 octobre 2023 ;
2°) de prononcer la décharge des impositions en litige ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
Ils soutiennent que :
la proposition de rectification est insuffisamment motivée, dès lors qu’elle ne précise pas le détail de chacun des chèques dont le montant est mentionné de manière globalisée ;
les sommes réintégrées par le service ne sauraient être qualifiées de revenus distribués sur le fondement des dispositions du c de l’article 111 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 avril 2024, le ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
-
les moyens invoqués sont infondés ;
-
si la cour devait juger que les dispositions du c de l’article 111 du code général des impôts n’étaient pas susceptibles de s’appliquer, l’administration entend maintenir les impositions, par voie de substitution de base légale, sur le fondement du 1° du 1 de l’article 109 du code général des impôts.
Par ordonnance du 16 janvier 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 17 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de Mme Troalen,
et les conclusions de M. Lerooy, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
M. et Mme C... ont fait l’objet d’un examen de leur situation fiscale personnelle au titre des années 2014 et 2015, à l’issue duquel leurs revenus imposables ont été rehaussés, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, au titre des années 2014 et 2015, de revenus regardés comme distribués par la SELARL C..., sur le fondement des dispositions du c de l’article 111 du code général des impôts. Des cotisations supplémentaires d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, assorties des intérêts de retard et de la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue par les dispositions de l’article 1729 du code général des impôts, ont été mises en recouvrement le 30 janvier 2019. M. et Mme C... relèvent appel du jugement du 10 octobre 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande tendant à la décharge des impositions ainsi mises à leur charge.
Sur la régularité de la procédure d’imposition :
Aux termes de l’article L. 57 du livre des procédures fiscales : « L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. » Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l’impôt concerné, de l’année d’imposition et de la base d’imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l’administration entend se fonder pour justifier les rehaussements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations.
La proposition de rectification adressée à M. et Mme C... le 21 juillet 2017 mentionne que la rectification envisagée porte sur la réintégration dans leur revenu imposable des sommes de 175 540 euros et 130 668 euros, versées respectivement au cours des années 2014 et 2015 sur le compte personnel de M. C... ouvert auprès de la banque HSBC, en encaissement de chèques établis par des patients dans le cadre de son activité libérale de stomatologue, exercée au sein de la SELARL C... dont il est à la fois gérant et associé unique, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement du c de l’article 111 du code général des impôts. Si cette proposition ne mentionne pas individuellement chacun des chèques encaissés, elle comporte en annexe un tableau faisant apparaître le nombre de chèques concernés, par date d’encaissement, ainsi que le montant des sommes versées à chacune de ces dates, ce qui permettait aux contribuables de formuler utilement leurs observations tant sur le principe des réintégrations effectuées que sur le montant des sommes concernées. La proposition de rectification du 21 juillet 2017 est, ainsi, suffisamment motivée.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
Aux termes de l’article 111 du code général des impôts : « Sont notamment considérés comme revenus distribués : / (…) c. Les rémunérations et avantages occultes ».
Pour imposer M. et Mme C... au titre des revenus distribués à M. C..., l’administration a constaté, au vu des relevés bancaires obtenus de la banque HSBC, l’encaissement sur le compte personnel de ce dernier de chèques, pour un montant total de 175 540 euros en 2014 et de 130 668 euros en 2015, et relevé que l’intéressé avait reconnu, au cours de l’examen de situation fiscale personnelle, qu’il s’agissait de chèques établis par ses patients dans le cadre de son activité libérale et signé, le 27 mars 2017, une attestation le confirmant, annexée au compte rendu de l’entretien avec le vérificateur du 27 mars 2017, rédigé le 31 mars 2017.
D’une part, si M. et Mme C... soutiennent que cette attestation a été obtenue sous la contrainte, la seule circonstance que M. C... n’était pas assisté par un conseil lors de l’entretien avec le vérificateur au cours duquel cette attestation a été établie ne saurait suffire à le démontrer. Ce document, bien qu’il ne mentionne pas les dates, le nombre et le montant des chèques concernés, est de nature à établir l’origine des sommes encaissées sur le compte personnel détenu à la banque HSBC par M. C..., dès lors qu’il indique l’ensemble des chèques correspondant aux honoraires perçus dans le cadre de son activité médicale déposés en 2014 et 2015 et qu’il a été établi après consultation contradictoire des relevés de ce compte, au cours de l’entretien du 27 mars 2017.
D’autre part, si M. et Mme C... soutiennent en appel que les sommes ainsi encaissées correspondraient à la rémunération de services rendus par M. C... à la SELARL C..., ils ne l’établissent pas.
Ainsi, c’est à bon droit que l’administration, qui justifie que M. C... a directement appréhendé des recettes non comptabilisées de la SELARL C..., a qualifié les sommes contestées de distributions occultes au sens du c de l’article 111 du code général des impôts.
Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C... ne sont pas fondés à soutenir que c’est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leur demande. Leur requête doit par suite être rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant à ce que soient mis à la charge de l’Etat les entiers dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête M. et Mme C... est rejetée.
Article 2 : Le présent arrêt sera notifié à M. B... C... et Mme A... C..., et au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente de chambre,
M. Tar, premier conseiller,
Mme Troalen, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2025.
La rapporteure,
E. Troalen
La présidente,
F. Versol
La greffière,
C. Drouot
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-24MA03276
La Cour administrative d'appel de Marseille, dans un arrêt du 25 mars 2026, a examiné le litige opposant la société EEA à l'office public de l'habitat Pays d'Aix Habitat Métropole (aux droits duquel vient la société Famille et Provence) concernant la résiliation de trois accords-cadres de travaux. Saisie en appel du jugement du tribunal administratif de Marseille ayant rejeté la demande de la société EEA, la cour a soulevé d'office un moyen tiré de la nullité des contrats en raison d'un conflit d'intérêts. Elle a constaté que le directeur technique de l'office, ayant participé à la procédure de passation des trois contrats, se trouvait dans une situation de conflit d'intérêts constitutive d'un vice d'une particulière gravité, justifiant ainsi l'annulation du jugement et la constatation de la nullité des accords-cadres.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02403
La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, est saisie par la société Neko Ramen d'une demande de suspension de l'exécution provisoire d'un jugement du tribunal administratif de Paris du 19 février 2026. Ce jugement avait partiellement annulé une décision de l'OFII du 14 septembre 2023, mais avait maintenu à la charge de la société une contribution spéciale de 661 650 euros pour emploi d'étrangers sans titre. La société invoque l'urgence et l'existence de moyens sérieux (irrégularité de procédure, erreur de droit dans la modulation, disproportion de la sanction). Le juge des référés rappelle que la suspension prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative nécessite une urgence justifiée et un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
04/05/2026
Cour administrative d'appel de Marseille — N° CAA13-25MA01426
Cette décision de la Cour administrative d'appel de Marseille concerne le non-renouvellement du contrat d'une assistante d'éducation par le collège des Hautes Vallées. La cour rejette la requête de Mme A... qui contestait ce non-renouvellement. Elle juge que l'absence d'entretien préalable, prévu par l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986, ne constitue pas une garantie dont la privation entraîne automatiquement l'annulation de la décision, sauf en cas de caractère disciplinaire, ce qui n'était pas le cas. La cour confirme ainsi le jugement du tribunal administratif de Marseille.
04/05/2026