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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE02644

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE02644

mardi 16 juillet 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE02644
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C A a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du 17 août 2022 par lequel la préfète du Loiret a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite.

Par un jugement n° 2203733 du 5 juin 2023, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2023, M. A, représenté par Me Duplantier, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement attaqué et l'arrêté contesté ;

2°) d'enjoindre au préfet du Loiret, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ou à défaut, de l'admettre au séjour le temps de procéder à un nouvel examen de sa situation, dans le délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de saisir à nouveau le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de sa situation médicale et de l'admettre provisoirement au séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision de refus de titre de séjour a méconnu l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, dès lors que son état de santé s'est aggravé ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation du refus de séjour.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision n° 2023/2775 du 23 octobre 2023 du tribunal judiciaire de Versailles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 mai 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente-assesseure de la 1ère chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier l'alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :" Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. A, ressortissant guinéen, né le 30 septembre 1987, qui déclare être entré en France le 13 novembre 2018, a présenté une demande de protection internationale rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 11 mars 2019, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 20 novembre 2019, et une demande de réexamen rejetée pour irrecevabilité par l'PFPRA le 4 juin 2021, décision confirmée par la CNDA le 27 août 2021. Le 16 septembre 2021, M. A a présenté une demande de titre de séjour pour motif médical, sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté contesté du 17 août 2022, la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit. M. A relève appel du jugement du 5 juin 2023 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa requête d'annulation de cet arrêté.

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () ".

4. Pour rejeter la demande de titre de séjour de M. A, la préfète du Loiret s'est fondée sur l'avis du collège de médecins du service médical de l'OFII, selon lequel l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Il ressort des pièces du dossier que M. A est porteur d'une hépatite virale B qui, à la date de l'arrêté contesté, était asymptomatique et ne nécessitait qu'un suivi régulier tous les six mois. Le requérant ne soutient pas utilement que son état de santé s'est aggravé depuis la décision contestée, dès lors que la légalité de cette décision s'apprécie à la date à laquelle elle a été prise. En tout état de cause, l'unique certificat médical du 20 juin 2023 produit, selon lequel l'état de santé de M. A nécessite un traitement au long cours et une prescription d'un antiviral pour six mois, ne permet pas de tenir pour établi que le défaut de prise en charge de son état de santé pourrait emporter des conséquences d'une exceptionnelle gravité.

5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Loiret n'aurait pas procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. A.

6. Les moyens dirigés contre la décision portant refus de séjour étant écartés, la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire n'est pas illégale par exception d'illégalité du refus de séjour.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.

Copie en sera adressée à la préfète du Loiret.

Fait à Versailles, le 16 juillet 2024.

La présidente-assesseure de la 1ère chambre,

O. DORION

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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