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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-24VE03083

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE03083

jeudi 3 juillet 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-24VE03083
TypeDécision
Recoursexcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantCANDON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

MM. Pascal A et Johnny Demeter ont demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 29 octobre 2024 par lequel la préfète de l'Essonne a mis en demeure les propriétaires et les occupants des véhicules et résidences mobiles stationnés sur le parking de la société Colt DCS Developments France, situé 18 avenue du Québec sur le territoire de la commune de Villebon-sur-Yvette, de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures.

Par un jugement n° 2409411 du 31 octobre 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a annulé cet arrêté et rejeté les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 23 novembre 2024, la préfète de l'Essonne demande à la cour d'annuler l'article 1er de ce jugement et de rejeter la demande présentée par MM. A et Demeter devant le tribunal administratif de Versailles.

Elle soutient que :

- le maire de Villebon-sur-Yvette était bien compétent pour édicter une interdiction de stationnement sur son territoire dès lors que la communauté d'agglomération Paris-Saclay avait expressément renoncé au transfert des pouvoirs de police spéciale en cause sur l'ensemble de son ressort par une décision du 5 février 2021;

- elle s'en rapporte à ses écritures de première instance pour le surplus.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2025, M. A, représenté par Me Candon, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la décision du 5 février 2021 est largement postérieure à l'arrêté du 18 octobre 2011 et n'a pas d'effet rétroactif de sorte qu'elle n'est pas susceptible de produire des effets sur ce dernier ;

- la décision du 5 février 2021 n'est pas exécutoire à défaut d'avoir été publiée et soumise au contrôle de légalité du préfet conformément aux dispositions de l'article L. 5211-9-2 III du code général des collectivités territoriales ;

- à la date de l'arrêté municipal du 18 octobre 2011, la compétence d'accueil des gens du voyage était déjà exercée par la communauté d'agglomération Europ'Essonne (CAEE), établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre, auquel appartenait la commune de Villebon-sur-Yvette, qui a fusionné avec la communauté d'agglomération du Plateau de Saclay pour créer la communauté d'agglomération Paris-Saclay (CACPS) le 1er janvier 2016 ; or à la date de cet arrêté municipal, l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales avait déjà prévu le transfert de plein droit des pouvoirs de police au président de l'EPCI ;

- à supposer que l'arrêté du maire de Villebon-sur-Yvette du 18 octobre 2011 ait été pris compétemment, il fallait, pour qu'il puisse en être fait application dans la présente espèce, que les conditions d'adoption de cet arrêté demeurent remplies au cours du temps jusqu'à aujourd'hui ; or cet arrêté est devenu illégal à partir du 25 octobre 2015 dès lors que jusqu'à la loi n° 2017-957 du 7 novembre 2018, la loi du 5 juillet 2000 imposait que l'EPCI compétent satisfasse à toutes ses obligations pour que le stationnement puisse être interdit, même si une de ses communes membres disposait d'une aire d'accueil des gens du voyage ; c'est pourquoi l'article 3 de la loi n° 2018-957 du 7 novembre 2018 a réformé l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 en introduisant la possibilité pour une commune, disposant d'une aire d'accueil conforme au schéma départemental, d'interdire sur son territoire le stationnement des gens du voyage en dehors de cette aire, quand bien même l'EPCI auquel elle appartient ne remplirait pas toutes ses obligations d'accueil ; l'arrêté du maire de Villebon-sur-Yvette du 18 octobre 2011, devenu illégal le 25 octobre 2015, ne pouvait pas " redevenir légal " ; sa caducité, automatique ne pouvait lui permettre de " revivre " à la faveur de la loi du 7 novembre 2018 ;

- il se désiste du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte mais maintient l'ensemble des autres moyens développés en première instance.

Par un mémoire enregistré le 4 avril 2025, la préfète de l'Essonne conclut aux mêmes fins que sa requête et soutient en outre que :

- la décision de renonciation du président de la communauté d'agglomération n'est pas un acte règlementaire et n'est donc pas soumise aux obligations de publicité relevant de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales ; une simple notification aux maires des communes membres suffit à valider la renonciation ;

- les différents arrêtés produits relatifs à l'EPCI depuis 2006 permettent d'établir que le maire de la commune de Villebon-sur-Yvette est resté compétent pour interdire le stationnement des gens du voyage sur le territoire de la commune ;

- la commune est en conformité avec ses obligations en matière d'accueil des gens du voyage ; c'est par confusion que l'intimé soutient qu'il manquerait trois places à l'aire d'accueil ; au surplus, il n'établit aucunement l'indisponibilité de ces trois places ;

- le moyen tiré de ce que l'aire serait occupée de manière continue par des familles sédentarisées n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

Par un mémoire enregistré le 16 avril 2025, M. A persiste dans ses précédentes écritures et fait valoir en outre qu'il résulte des documents produits par l'Etat que le maire de Villebon-sur-Yvette a perdu la compétence de la police spéciale des gens du voyage à compter soit de l'entrée en vigueur de la loi du 21 avril 2014 si les statuts de la CAEE ont été modifiés en conséquence, soit à compter de la création de la CACPS le 1er janvier 2016, voire au plus tard le 1er janvier 2018 à l'occasion de l'entrée en vigueur de ses nouveaux statuts ; l'appréciation des obligations d'accueil se faisait donc au niveau de la CACPS à compter du 21 avril 2014 ou du 1er janvier 2016, voire du 1er janvier 2018 ; par suite, l'arrêté du maire de Villebon-sur-Yvette interdisant le stationnement était devenu illégal sur le fond et, émanant d'une autorité devenue incompétente, il ne pouvait plus demeurer dans l'ordre juridique et devenait caduc ; un arrêté devenu caduc ne pouvant ressusciter, l'entrée en vigueur du nouvel article 9 de la loi du 5 juillet 2000 dans sa rédaction tirée de la loi n° 2018-957 du 7 novembre 2018 est restée sans effet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 ;

- la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 ;

- la loi n° 2018-957 du 7 novembre 2018 ;

- l'arrêté conjoint n° 153 DDT-SHRU du 24 avril 2019 portant approbation du schéma départemental d'accueil et d'habitat des gens du voyage pour la période 2019-2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Florent,

- et les conclusions de Mme Janicot, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. La préfète de l'Essonne relève appel du jugement du 31 octobre 2024 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 29 octobre 2024 mettant en demeure les propriétaires et les occupants des véhicules et résidences mobiles stationnés sur le parking de la société Colt DCS Developments France, situé 18 avenue du Québec sur le territoire de la commune de Villebon-sur-Yvette, de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures en application de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage.

2. Aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage : " I.- Le maire d'une commune membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage () peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie : 1° L'établissement public de coopération intercommunale a satisfait aux obligations qui lui incombent en application de l'article 2 ; / () / 6° La commune est dotée d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage conformes aux prescriptions du schéma départemental, bien que l'établissement public de coopération intercommunale auquel elle appartient n'ait pas satisfait à l'ensemble de ses obligations. () / II.- En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux. / La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques. / La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. () ".

3. Aux termes par ailleurs de l'article L. 5211-9-2 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable : " I. - A. - / () / Par dérogation à l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage, lorsqu'un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre est compétent en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, les maires des communes membres de celui-ci transfèrent au président de cet établissement leurs attributions dans ce domaine de compétences. () III. - () un ou plusieurs maires peuvent s'opposer () au transfert des pouvoirs de police () Si un ou plusieurs maires des communes concernées se sont opposés au transfert de leurs pouvoirs de police, le président de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales peut renoncer, dans chacun des domaines mentionnés au A du I, à ce que les pouvoirs de police spéciale des maires des communes membres lui soient transférés de plein droit, dans un délai d'un mois suivant la fin de la période pendant laquelle les maires étaient susceptibles de faire valoir leur opposition. Il notifie sa renonciation à chacun des maires des communes membres. Dans ce cas, le transfert des pouvoirs de police n'a pas lieu ou, le cas échéant, prend fin à compter de cette notification, sur l'ensemble du territoire de l'établissement public de coopération intercommunale ou du groupement de collectivités territoriales. () ".

4. Il ressort des pièces produites par la préfète pour la première fois en appel que, dans le délai prescrit par les dispositions précitées suivant l'élection, le 8 juillet 2020, du président de la communauté d'agglomération Paris-Saclay, établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre compétent en matière de réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, ce dernier a informé le maire de Villebon-sur-Yvette, par décision du 5 février 2021, renoncer au transfert de plein droit des pouvoirs de police spéciale en ce domaine. En outre, les actes relatifs à l'institution des structures des organismes de coopération entre collectivités territoriales et à la répartition des compétences entre ces organismes et les collectivités qui en sont membres ne revêtant pas le caractère d'actes réglementaires, la décision du 5 février 2021 n'avait pas à faire l'objet d'une publication ou d'un affichage, ni d'une transmission au préfet dès lors qu'elle ne figure pas au sein des décisions limitativement listées aux dispositions de l'article L. 2131-2 du code général des collectivités territoriales. En application des dispositions précitées, le maire de Villebon-sur-Yvette était donc compétent à la date de l'arrêté du 29 octobre 2024 pour interdire sur son territoire, sur le fondement du I de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, le stationnement des gens du voyage en dehors des aires et terrains prévus à cet effet.

5. M. A fait valoir que l'arrêté du maire de Villebon-sur-Yvette du 18 octobre 2011 était devenu caduc et ne pouvait légalement fonder l'arrêté préfectoral contesté dès lors que l'établissement public de coopération intercommunal avait bénéficié d'un transfert de plein droit des pouvoirs de police durant plusieurs années avant que ne soit prise la décision de renonciation du 5 février 2021. Toutefois, le seul transfert de compétence, en l'absence de modification ou d'abrogation de l'arrêté du 18 octobre 2011, n'a pas eu pour effet de rendre caduc cet acte pris antérieurement au transfert des pouvoirs en cause. De même, la circonstance que postérieurement à l'adoption de l'arrêté du 18 octobre 2011, celui serait devenu illégal au motif que la commune ne s'était pas acquittée des obligations supplémentaires mises à sa charge par le schéma départemental de 2013 à l'expiration du délai imparti, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 29 octobre 2024 attaqué dès lors qu'à la date de son adoption, la rédaction de l'article 9 I de la loi du 5 juillet 2000, modifiée par la loi du 7 novembre 2018 relative à l'accueil des gens du voyage et à la lutte contre les installations illicites, autorisait le maire d'une commune dotée d'une aire d'accueil comme Villebon-sur-Yvette à adopter un tel arrêté d'interdiction de stationnement quand bien même l'établissement public de coopération intercommunale auquel elle appartient n'avait pas satisfait à l'ensemble de ses obligations.

6. Par suite, l'arrêté d'interdiction pris par le maire de Villebon-sur-Yvette le 18 octobre 2011, exécutoire le 24 octobre 2011, pouvait légalement fonder l'arrêté litigieux. Il suit de là que la préfète de l'Essonne est fondée à soutenir que c'est à tort que la juge de première instance a estimé que l'arrêté municipal du 18 octobre 2011 ne pouvait légalement fonder l'arrêté attaqué en raison du transfert des pouvoirs de police spéciale en la matière à la communauté d'agglomération Paris-Saclay.

7. Toutefois, il appartient à la cour administrative d'appel, saisie de l'ensemble du litige par l'effet dévolutif de l'appel, d'examiner les autres moyens soulevés par MM. A et Demeter devant le tribunal administratif de Versailles.

8. En premier lieu, MM. A et Demeter soutiennent que l'arrêté du maire de Villebon-sur-Yvette du 18 octobre 2011 et l'arrêté préfectoral litigieux sont illégaux dès lors qu'à la date de leur adoption, la communauté d'agglomération Paris-Saclay n'avait pas satisfait à ses obligations issues du schéma départemental d'accueil et d'habitat des gens du voyage (SDAGV) 2019/2024 et que l'aire d'accueil de la commune de Villebon-sur-Yvette ne répondait plus à sa destination légale du fait de son occupation par des familles sédentarisées. D'une part toutefois, la circonstance que le SDAGV indiquait lors de son élaboration en 2019 que l'aire d'accueil de Villebon-sur-Yvette était occupée par environ quatorze ménages sédentarisés toute l'année est insuffisante, en l'absence de tout élément produit par les requérants de nature à justifier que les familles en cause seraient toujours présentes en 2024 et sédentarisées avec l'accord de l'administration, pour établir que l'aire en cause ne répondrait pas, à la date de la décision contestée, à sa destination légale. D'autre part, la seule extraction d'une page d'information du site internet de la communauté d'agglomération indiquant la présence de onze places sur l'aire d'accueil de Villebon-sur-Yvette n'est, en tout état de cause, pas davantage suffisante pour établir que cette aire ne comporterait pas le nombre de places prévu par le schéma départemental de 2019 alors que celui-ci indiquait, lors de son élaboration, que l'aire en cause comportait quatorze places déjà réalisées. Enfin et ainsi qu'il a été dit au point 5, en application des dispositions précitées du 6° de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, la circonstance que la communauté d'agglomération Paris-Saclay n'avait pas satisfait à l'ensemble de ses obligations en matière d'accueil des gens du voyage au terme du délai qui lui était imparti ne faisait pas obstacle à ce que le maire de Villebon-sur-Yvette interdise sur son territoire le stationnement des gens du voyage en dehors des terrains aménagés à cet effet dès lors que la commune disposait d'une aire d'accueil dont il n'est pas établi qu'elle n'était pas conforme à cette date aux prescriptions du schéma départemental. Par suite, le moyen doit être écarté.

9. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier qu'ont été recensés sur le parking occupé sans autorisation 52 caravanes et 52 véhicules tracteurs ainsi qu'environ 100 personnes sur site qui se sont introduites sur ce terrain privé en forçant l'accès alors qu'un agent de sécurité tentait de leur faire barrage. Il ressort par ailleurs des rapports de constatation de la police municipale que les occupants alimentent leurs résidences mobiles en électricité à partir d'une armoire électrique, au moyen de relais et de câbles posés à même le sol, qui malgré l'installation de boitiers munis de disjoncteurs, peuvent présenter des risques pour la sécurité. Les forces de police ont ainsi notamment constaté des prises laissées sous la pluie, des raccordements passant par endroit sur des monticules d'herbes et de feuilles mortes et le branchement à l'extérieur de gros appareils électroménagers. Il ressort également des pièces du dossier que les occupants n'ont accès, dans des conditions adéquates, ni au réseau d'assainissement, que ne saurait constituer l'accès à la bouche d'égout dont font état MM. A et Demeter, ni à un dispositif de collecte de déchets et ne disposent pas de sanitaires en dehors de leurs caravanes. L'accès à l'eau courante se fait en outre par un branchement illicite sur une bouche d'incendie. Enfin, si MM. A et Demeter font état de ce que leurs caravanes sont équipées de sanibroyeurs et de cuves permettant de conserver les eaux usées pendant plusieurs jours, les conditions d'occupation précaires décrites ci-dessus d'un grand nombre de personnes ne sont pas compatibles avec le délai d'occupation prévisible de deux mois déclaré par les occupants. Par suite, malgré l'absence de dégradation ou vol des matériaux stockés sur le site, c'est à bon droit que la préfète de l'Essonne a considéré que le stationnement sur le terrain en cause était de nature à porter atteinte à la salubrité et à la sécurité publique. Si l'atteinte à la tranquillité publique n'est par ailleurs pas caractérisée, il résulte toutefois de l'instruction que la préfète aurait pris la même décision si elle s'était uniquement fondée sur ses deux premiers motifs.

10. En dernier lieu, en se bornant à soutenir qu'il n'existe aucune aire de passage libre et acceptable dans tout le secteur, sans apporter aucun début de preuve en ce sens, MM. A et Demeter n'établissent pas que le délai de vingt-quatre heures accordé aux occupants pour quitter les lieux serait insuffisant.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la préfète de l'Essonne est fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a annulé son arrêté du 29 octobre 2024. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre des frais exposés par MM. A et Demeter et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : Le jugement n° 2409411 de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles en date du 31 octobre 2024 est annulé.

Article 2 : La demande présentée par MM. A et Demeter devant le tribunal administratif de Versailles et leurs conclusions d'appel tendant à l'application dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent arrêt sera notifié à MM. Pascal A et Johnny Demeter et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne et à la commune Villebon-sur-Yvette.

Délibéré après l'audience du 12 juin 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Signerin-Icre, présidente de chambre,

M. Camenen, président assesseur,

Mme Florent, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2025.

La rapporteure,

J. Florent

La présidente,

C. Signerin-Icre

La greffière,

C. Richard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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