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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-25VE00549

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE00549

mardi 30 septembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE00549
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Procédures contentieuses antérieures :

M. A... B... a demandé au tribunal administratif d’Orléans d’annuler l’arrêté du 10 janvier 2025 par lequel le préfet de la Sarthe a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans.

Par un jugement n° 2500084 du 21 janvier 2025, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d’Orléans a annulé cet arrêté, enjoint au préfet de la Sarthe ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. B..., dans le délai de trois mois à compter de la notification du jugement, et de lui délivrer dans l’attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder à l’effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen et mis à la charge de l’État une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 21 février 2025, le préfet de la Sarthe demande à la cour d’annuler ce jugement et de rejeter la demande de M. B....

Le préfet soutient que :

- c’est à tort que le tribunal a annulé son arrêté, dès lors que le refus de séjour opposé à M. B... est justifié ;

- les autres moyens soulevés en première instance par M. B... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».

M. B..., ressortissant tunisien, né le 12 avril 1996, entré en France selon ses déclarations le 24 juillet 2020, a été mis en possession d’une carte de séjour temporaire en qualité de parent d’un enfant français, valable du 4 août 2023 au 3 août 2024, dont il a demandé le renouvellement le 27 mai 2024. À la suite de son interpellation, le 9 janvier 2025 pour des faits de violence sans incapacité sur sa compagne, le préfet de la Sarthe, par un arrêté du 10 janvier 2025, a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français durant cinq ans. Le préfet de la Sarthe relève appel du jugement du 21 janvier 2025 par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d’Orléans a annulé cet arrêté.

Aux termes de l’article L. 423-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger qui est père ou mère d’un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant dans les conditions prévues par l’article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d’une durée d’un an, sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1. »

Pour refuser de renouveler le titre de séjour dont M. B... était titulaire, en qualité de parent d’un enfant français, et lui faire obligation de quitter le territoire français en application du 3° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, par voie de conséquence de ce refus de séjour, le préfet de la Sarthe s’est fondé, par des motifs non dénués d’ambiguïté, sur les circonstances que M. B... n’a pas contesté la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, qui serait née le 27 septembre 2024, et que sa demande a été clôturée sur la plateforme ANEF pour incomplétude le 10 janvier 2025 au motif qu’il n’établissait pas contribuer à l’entretien et à l’éducation de ses enfants depuis leur naissance ou au moins deux ans. Cependant, l’arrêté en litige, portant refus explicite de refus de délivrance d’un titre de séjour à M. B..., ne peut être regardé comme purement confirmatif du rejet implicite de la demande de renouvellement de titre de séjour de l’intéressé, auquel il s’est substitué, ni d’un classement sans suite de cette demande. Le classement sans suite allégué ne ressort d’ailleurs d’aucune des pièces produites par le préfet, alors que M. B... était en possession d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande valable du 12 décembre 2024 au 11 mars 2025 et que, père de deux enfants de nationalité française nées le 13 mars 2023 et le 6 novembre 2024, il justifie d’une communauté de vie avec la mère de ses enfants, à la même adresse, depuis leur naissance et, au moins, jusqu’à la date de l’arrêté contesté. Dans ces conditions, le préfet de la Sarthe, qui ne pouvait fonder son refus de séjour sur les décisions implicite et de classement sans suite alléguées, n’est pas fondé à soutenir que c’est à tort que le magistrat désigné a annulé cette décision au motif qu’elle était entachée d’un défaut d’examen de la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. B... et a annulé, par voie de conséquence, les autres décisions contenues dans son arrêté du 21 janvier 2025.

Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel du préfet de la Sarthe doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête du préfet de la Sarthe est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre d’État, ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Sarthe.

Fait à Versailles, le 30 septembre 2025.

La magistrate désignée,

O. Dorion

La République mande et ordonne au ministre d’État, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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