Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... C... A... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 21 octobre 2024 par lequel le préfet du Val-d’Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2415492 du 3 avril 2025, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 29 avril 2025, M. A..., représenté par Me Gien, demande à la cour :
1°)
d’annuler ce jugement ;
2°)
d’annuler cet arrêté ;
3°)
d’enjoindre au préfet du Val-d’Oise de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°)
de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
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le jugement est entaché d’erreurs d’appréciation ;
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la décision portant refus de séjour est insuffisamment motivée ;
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elle est entachée d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
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elle est entachée d’une erreur de droit et d’erreur manifeste d’appréciation dès lors que l’inscription à un cursus d’un niveau supérieur aux études précédemment suivies ne constitue pas une condition requise par les stipulations de l’article 9 de la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 et les dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et qu’il poursuit des études réelles et sérieuses malgré sa réorientation ;
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elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
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la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d’illégalité du refus de séjour ;
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elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
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la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
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la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992 ;
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le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
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le code des relations entre le public et l’administration ;
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la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
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le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
M. A..., ressortissant ivoirien né le 26 mai 1999, entré en France le 15 juillet 2021, qui a bénéficié de titres de séjour en qualité d’étudiant jusqu’au 3 octobre 2024, a présenté le 21 juillet 2024 une demande de renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l’article 9 de la convention franco-ivoirienne relative à la circulation et au séjour des personnes du 21 septembre 1992. Par l’arrêté contesté du 21 octobre 2024, le préfet du Val-d’Oise a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. M. A... relève appel du jugement du 3 avril 2025 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
En premier lieu, dans le cadre de l’effet dévolutif, le juge d’appel se prononce, non sur les motifs du jugement de première instance, mais sur les moyens mettant en cause la légalité des décisions contestées. Par suite, le moyen tiré des erreurs d’appréciation, dont le tribunal aurait entaché sa décision, est inopérant.
En deuxième lieu, M. A... reprend, sans apporter de précisions nouvelles et pertinentes, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de l’arrêté contesté. Il y a lieu d’écarter ce moyen par adoption des motifs retenus au point 5 du jugement attaqué.
En troisième lieu, les motifs de l’arrêté contesté révèlent que le préfet a procédé à un examen de la situation personnelle de M. A....
En quatrième lieu, aux termes de l’article 9 de la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992 : « Les ressortissants de chacun des États contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d’effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l’autre État doivent, outre le visa de long séjour prévu à l’article 4, justifier d’une attestation d’inscription ou de préinscription dans l’établissement d’enseignement choisi, ou d’une attestation d’accueil de l’établissement où s’effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d’existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention "étudiant". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d’existence suffisants. (…) ». Aux termes de l’article 10 de cette convention : « Pour tout séjour sur le territoire français devant excéder trois mois, les ressortissants ivoiriens doivent posséder un titre de séjour (…) Ces titres de séjour sont délivrés conformément à la législation de l’État d’accueil ».
M. A... se prévaut de la cohérence de son nouveau cursus avec son parcours antérieur, de revenus suffisants et de l’absence d’opportunités professionnelles dans son ancienne filière. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu’il a obtenu un diplôme de master mention « histoire et philosophie des sciences » à l’université Paris Cité au titre de l’année 2023-2024, qu’il a présenté à l’appui de sa demande de renouvellement de son titre de séjour mention « étudiant » un certificat de scolarité pour une formation de brevet de technicien supérieur (BTS) spécialité « management hôtel restauration » d’une durée de trois ans en alternance au sein de la faculté des métiers de l’Essonne au titre de l’année 2024-2025. En refusant de renouveler son titre de séjour au motif que ce changement de formation constituait un changement d’orientation et une régression eu égard à son parcours étudiant, le préfet du Val-d’Oise n’a pas entaché sa décision d’une erreur de droit et n’a pas fait une inexacte application des stipulations de l’article 9 de la convention franco-ivoirienne du 21 septembre 1992. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En cinquième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».
M. A... se prévaut de son ancienneté de séjour en France, de la présence de son oncle en situation régulière, de la poursuite de ses études et de son état de santé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu’il est entré en France le 15 juillet 2021, soit trois ans et trois mois à la date de l’arrêté contesté, qu’il est célibataire sans charge de famille et qu’il ne justifie pas être dépourvu d’attaches familiales dans son pays d’origine, où il a lui-même a vécu jusqu’à l’âge de vingt-deux ans. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, en dépit d’un certificat médical daté du 21 novembre 2024, postérieur à l’arrêté contesté et peu circonstancié, que le défaut de suivi médical dont bénéficie M. A... en raison d’une hépatite delta est susceptible d’entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité et qu’il ne peut effectivement bénéficier d’un traitement en Côte d’Ivoire. Dans ces conditions, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. A... et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet du Val-d’Oise n’a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
En dernier lieu, compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d’illégalité de la décision portant refus de séjour ne peut qu’être écarté.
Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A....
Fait à Versailles, le 10 novembre 2025.
Le magistrat désigné,
G. Camenen
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.