Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif d’Orléans d’annuler l’arrêté du 29 décembre 2023 par lequel la préfète du Loiret a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2400385 du 25 mars 2025, le tribunal administratif d’Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2025, M. A..., représenté par Me Da Silva, demande à la cour :
1°)
d’annuler ce jugement ;
2°)
d’annuler cet arrêté ;
3°)
d’enjoindre à la préfète du Loiret, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
4°)
de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
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l’arrêté contesté méconnaît les dispositions de l’article L. 422-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
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il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 24 juin 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
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la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
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la convention entre la France et le Togo relative à la circulation et au séjour des personnes du 13 juin 1996 ;
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le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
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la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
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le code de justice administrative.
Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
M. A..., ressortissant togolais né le 24 mars 1990, entré en France le 27 septembre 2022 muni d’un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention « étudiant », a présenté le 2 septembre 2023 une demande de renouvellement de son titre de séjour afin de poursuivre ses études. Par l’arrêté contesté du 29 décembre 2023, la préfète du Loiret a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi. M. A... relève appel du jugement du 25 mars 2025 par lequel le tribunal administratif d’Orléans a rejeté sa demande d’annulation de cet arrêté.
En premier lieu, aux termes de l’article 9 de la convention entre la France et le Togo relative à la circulation et au séjour des personnes du 13 juin 1996 : « Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d’effectuer un stage de formation dans des disciplines spécialisées qui n’existent pas dans l’Etat d’origine sur le territoire de l’autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l’article 4, justifier d’une attestation d’inscription ou de préinscription dans l’établissement d’enseignement choisi, ou d’une attestation d’accueil de l’établissement où s’effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d’existence suffisants. Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention « étudiant ». Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d’existence suffisants ». Il résulte de ces stipulations que le renouvellement de la carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » est subordonné, notamment, à la justification par son titulaire de la réalité et du sérieux des études qu’il a déclaré accomplir. Il appartient à l’administration, saisie d’une demande de renouvellement d’une carte de séjour en qualité d’étudiant, de rechercher, à partir de l’ensemble des pièces du dossier, si l’intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études.
Il ressort des termes de l’arrêté contesté que pour refuser de renouveler le titre de séjour en possession de M. A..., la préfète du Loiret s’est fondée sur la circonstance, non remise en cause par les pièces du dossier, que l’intéressé n’a produit aucun élément de nature à démontrer qu’il a suivi un enseignement universitaire en France au titre de l’année universitaire 2022-2023, le caractère réel et sérieux des études suivies par le requérant n’étant, dès lors, pas établi. Pour contester cette appréciation, M. A..., qui justifie s’être inscrit en troisième année de bachelor dans un établissement d’enseignement supérieur au titre de l’année universitaire 2023-2024, soutient avoir souffert de problèmes de santé consécutifs à un accident subi au Togo le 22 septembre 2022. Toutefois, si l’appelant a produit, au soutien de cette allégation, un extrait de son carnet de santé, un certificat médical établi le 25 septembre 2022 à Lomé lui prescrivant cinq jours de repos, ainsi qu’un second certificat médical du 11 septembre 2023 indiquant qu’il a fait l’objet d’une intervention pour une fracture coronaire, ces seuls éléments ne sont pas de nature à établir que M. A... a été dans l’impossibilité de suivre des enseignements universitaires au titre de l’année 2022-2023. M. A... ne produit aucune nouvelle pièce en appel. Par suite, en refusant de renouveler le titre de séjour de M. A..., la préfète du Loiret n’a pas entaché son arrêté d’une erreur d’appréciation.
En second lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (…). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. ».
M. A..., qui se borne à soutenir que l’arrêté contesté méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention précitée, n’apporte aucune précision sur la nature et l’intensité des attaches qu’il aurait noués sur le territoire français. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance par l’arrêté en litige des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Versailles, le 14 octobre 2025.
Le magistrat désigné,
G. Camenen
La République mande et ordonne au ministre d’État, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.