jeudi 24 février 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 450479 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:450479.20220224 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 10ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP FABIANI, LUC-THALER, PINATEL |
Vu la procédure suivante :
M. D C a demandé au tribunal administratif de Rouen :
- d'annuler la décision par laquelle le ministre chargé de l'agriculture a implicitement rejeté ses demandes tendant à la mise en œuvre de sa protection fonctionnelle, de reconnaître que les agissements dont il est victime sont constitutifs de harcèlement moral et d'enjoindre au ministre de mettre en œuvre sa protection fonctionnelle, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation du préjudice résultant du harcèlement moral dont il a fait l'objet de la part du proviseur du lycée d'enseignement général et technique agricole Edouard de Chambray de Gouville, d'enjoindre à l'Etat de prononcer une sanction disciplinaire à l'encontre de ce proviseur, d'annuler la décision par laquelle ce proviseur a implicitement refusé de supprimer du site internet du lycée le lien hypertexte faisant état de son remplacement, d'enjoindre à l'administration compétente de supprimer ce lien et de le déréférencer, d'annuler la décision du 14 septembre 2018 par laquelle le ministre chargé de l'agriculture a refusé de prendre en charge le coût de la consignation d'une somme de 500 euros versée dans le cadre d'une procédure de plainte avec constitution de partie civile enregistrée au tribunal de grande instance d'Evreux et d'enjoindre à l'Etat de lui rembourser cette somme ;
- d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie de Rouen a implicitement validé la modification que le proviseur du lycée Edouard de Chambray a faite de l'évaluation portée dans le livret scolaire des élèves de terminale scientifique pour le deuxième trimestre de l'année scolaire 2013-2014, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux, d'annuler la décision par laquelle le rectorat de Rouen a implicitement refusé de transmettre au jury du baccalauréat de la session 2014 son évaluation chiffrée des élèves, avant modification par le proviseur, et de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral découlant du refus du rectorat de transmettre au jury du baccalauréat son évaluation chiffrée non modifiée ;
- de condamner l'Etat, sous astreinte, à lui verser plusieurs sommes en réparation des préjudices résultant des agissements, carences, retards et mensonges de l'administration décrits dans ses diverses réclamations ;
- d'annuler la décision par laquelle le ministre chargé de l'agriculture a implicitement refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'affection ayant donné droit à un congé de longue durée depuis le 9 mars 2015, d'enjoindre au ministre de lui fournir l'attestation d'imputabilité au service demandée et de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 5 720 euros en réparation du préjudice résultant de l'illégalité de la décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service de son affection.
Par un jugement n° 1602239, 1603673, 1703537 et 1704008 du 28 février 2019, le tribunal administratif de Rouen a annulé la décision par laquelle le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a implicitement refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'affection ayant donné droit à un congé de longue durée dont a bénéficié M. C depuis le 9 mars 2015, a enjoint au ministre de procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette affection dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement et a rejeté le surplus des conclusions des demandes.
Par un arrêt n° 19DA01069 du 30 décembre 2020, la cour administrative d'appel de Douai a rejeté l'appel formé par M. C contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 mars et 8 juin 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. C demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 92-778 du 3 août 1992 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Bruno Delsol, conseiller d'Etat,
- les conclusions de Mme Esther de Moustier, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Fabiani, Luc-Thaler, Pinatel, avocat de M. D C ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, M. C soutient que la cour administrative d'appel de Douai l'a entaché :
- d'erreur de droit en jugeant que les décisions de validation des livrets scolaires par le rectorat et de refus de transmission de son évaluation chiffrée initiale pour les épreuves finales du baccalauréat étaient des mesures d'ordre intérieur insusceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir sans rechercher si elles n'étaient pas de nature à porter atteinte à ses droits et garanties statutaires ou constitutives d'un harcèlement moral ;
- d'erreur de droit en se bornant à analyser chaque élément invoqué de manière isolée sans les examiner dans leur globalité pour apprécier l'existence de faits de harcèlement moral ;
- d'inexacte qualification juridique des faits, d'insuffisance de motivation et de dénaturation des pièces du dossier en jugeant que les agissements dénoncés comme constitutifs d'un harcèlement moral étaient justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement ;
- de dénaturation des pièces du dossier et d'insuffisance de motivation en estimant que la lettre du 31 mars 2015 relative à l'octroi de la protection fonctionnelle ne permettait pas la prise en charge des frais d'avocat au titre de la procédure de dénonciation calomnieuse qu'il avait initiée ;
- de dénaturation des pièces du dossier en retenant qu'il ne s'était pas rapproché du médiateur de l'enseignement agricole, du médecin de prévention et de l'assistante sociale.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de M. C n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. D C.
Copie en sera adressée au ministre de l'agriculture et de l'alimentation et au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports.
Délibéré à l'issue de la séance du 10 février 2022 où siégeaient : Mme Nathalie Escaut, conseillère d'Etat, présidant ; M. Alexandre Lallet, conseiller d'Etat et M. Bruno Delsol, conseiller d'Etat-rapporteur.
Rendu le 24 février 2022.
La présidente :
Signé : Mme Nathalie Escaut
Le rapporteur :
Signé : M. Bruno Delsol
La secrétaire :
Signé : Mme A B450479
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026