mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 452025 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2022:452025.20221116 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 10ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SAS BOULLOCHE, COLIN, STOCLET ET ASSOCIÉS |
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Myriam Benlolo Carabot, maître des requêtes en service extraordinaire,
- les conclusions de Mme Esther de Moustier, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Foussard, Froger, avocat de M. J et autres et à la SAS Bouloche, Colin, Stoclet et Associés, avocat de la commune de Saint-Maur-des-Fossés ;
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 juin 2019, le maire de Saint-Maur-des-Fossés a délivré à M. et Mme K un permis de construire à fin de construction d'une maison individuelle sur un terrain enclavé situé 4, voie " Villa Jean-Philippe Rameau ". M. J, M. C, M. et Mme B, Mme D, M et N, voisins du terrain d'assiette du projet, se pourvoient en cassation contre le jugement du tribunal administratif de Melun du 24 février 2021 ayant rejeté leur demande tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de l'arrêté portant délivrance du permis de construire et de la décision du 23 septembre 2019 de rejet de leur recours gracieux tendant au retrait de cet arrêté.
Sur les conditions de desserte du terrain litigieux :
2. Aux termes de l'article U.3 - 3-1 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Maur-des-Fossés : " Conditions de desserte des terrains par des voies publiques ou privées / Tout terrain doit être desservi par une voie carrossable publique ou privée en bon état de viabilité et présentant des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. / La largeur de cette voie ne peut être inférieure à 3,50 m () ". Aux termes de l'article U.3 - 3-2 du même règlement : " Conditions d'accès aux voies ouvertes au public / Tout terrain doit disposer d'un accès d'une largeur minimale de 3,50 m sur une voie ouverte à la circulation publique, ou bénéficier d'une servitude de passage d'une largeur minimale de 3,50 m, jusqu'à celle-ci ".
3. Le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, si l'administration et, en cas de recours, le juge administratif doivent s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie, il ne leur appartient de vérifier ni la validité de cette servitude ni l'existence d'un titre permettant l'utilisation de la voie qu'elle dessert, si elle est privée, dès lors que celle-ci est ouverte à la circulation publique.
4. Pour écarter le moyen tiré de la violation des dispositions citées au point 2, le tribunal administratif s'est fondé, d'une part, sur ce qu'il ressortait des pièces du dossier et notamment du relevé du géomètre effectué le 31 mai 2018 ainsi que du site officiel Géoportail, accessible tant au juge qu'aux parties, que la voie " Villa Jean-Philippe Rameau " présentait une largeur supérieure à 3,50 mètres et, d'autre part, sur la circonstance que l'existence d'une servitude de passage sur cette voie ne saurait avoir de conséquence sur sa largeur.
5. En premier lieu, si le juge administratif ne peut, en principe, se fonder, de sa propre initiative, sur des informations n'ayant pas été soumises au contradictoire, il ressort des pièces du dossier soumis au juge du fond que les pièces du dossier permettaient, par elles-mêmes, au tribunal administratif d'en déduire que la largeur de la voie de desserte du terrain litigieux était supérieure à 3,50 mètres.
6. En deuxième lieu, dès lors qu'il ressortait des pièces du dossier et qu'il n'était d'ailleurs pas contesté que la voie de circulation était ouverte au public, le tribunal administratif n'a pas entaché son jugement d'insuffisance de motivation ou d'erreur de droit en jugeant qu'étaient sans incidence, en l'espèce, sur la légalité du permis de construire, les moyens relatifs à la portée des servitudes de passage.
Sur les obligations en matière de plantations :
7. Aux termes de l'article U.3 13-2 du règlement du plan local d'urbanisme de Saint-Maur-des-Fossés : " Plantations et aménagements paysagers : / Les projets de constructions devront être étudiés dans le sens d'une conservation maximale des plantations existantes, sous réserve de leur bon état phytosanitaire ".
8. Les dispositions citées au point 7 fixent un objectif général devant être poursuivi par le pétitionnaire, sans exclure par principe que puissent être abattus des arbres, une telle exclusion ne concernant, aux termes de l'article U.3 13-3 du règlement, que les arbres " remarquables ". Par suite, c'est sans erreur de droit que le tribunal administratif a jugé que les pétitionnaires avaient pu, sans méconnaître les dispositions précitées de l'article U.3 13-2, décidé de ne conserver que trois des six arbres existants afin de permettre l'implantation de la construction.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. J et autres ne sont pas fondés à demander l'annulation du jugement qu'ils attaquent.
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. J et autres le versement à la commune de Saint-Maur-des-Fossés de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge solidaire de M. et Mme K et de la commune de Saint-Maur-des-Fossés qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de M. J et autres est rejeté.
Article 2 : M. J et autres verseront à la commune de Saint-Maur-des-Fossés la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par M. J et autres au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. I J, premier dénommé, et à la commune de Saint-Maur-des-Fossés.
Copie en sera adressée à M. F K et à Mme G K.
Délibéré à l'issue de la séance du 14 octobre 2022 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; Mme Nathalie Escaut, conseillère d'Etat et Mme Myriam Benlolo Carabot, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteure.
Rendu le 16 novembre 2022.
Le président :
Signé : M. Bertrand Dacosta
La rapporteure :
Signé : Mme Myriam Benlolo Carabot
La secrétaire :
Signé : Mme Naouel Adouane
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026