jeudi 23 décembre 2021
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 453343 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2021:453343.20211223 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP MATUCHANSKY, POUPOT, VALDELIEVRE |
Vu la procédure suivante :
La société civile immobilière GRS a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 13 mars 2019 par lequel le maire de Lissieu a délivré à M. G D et Mme A D un permis de construire en vue de l'édification d'une maison individuelle et l'arrêté du 24 juin 2019 transférant cette autorisation de construire à Mme F E. Par un jugement n° 1906966 du 8 avril 2021, le tribunal administratif de Lyon a rejeté cette demande.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 7 juin et 6 septembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société GRS demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Lissieu la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Pierre Boussaroque, conseiller d'Etat,
- les conclusions de M. Vincent Villette, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, avocat de la société GRS ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation du jugement qu'elle attaque, la société GRS soutient que :
- en n'exposant pas les raisons pour lesquelles il jugeait que les murs de soutènement ne constituaient pas des bâtiments au sens des dispositions de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme, ce dont il a déduit que leur démolition n'était pas soumise à l'obtention d'un permis de démolir, le tribunal a insuffisamment motivé son jugement et il a commis une erreur de droit en se référant à la notion de bâtiment, qui ne régit pas le champ d'application du permis de démolir, au lieu de rechercher si ces travaux étaient susceptibles, au vu des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme, de relever des articles R. 421-27 ou R. 421-28 du code de l'urbanisme ;
- il a commis une erreur de droit en jugeant que la démolition des murs de soutènement n'était pas soumise à permis de démolir et, par suite, en écartant comme inopérant le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme ;
- en retenant, pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, qu'il n'existait au dossier de demande du permis de construire aucune ambiguïté sur la consistance du terrain d'assiette du projet litigieux, le tribunal a dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier qui lui était soumis ;
- en retenant, pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, que la notice paysagère figurant au dossier de la demande du permis litigieux avait suffisamment éclairé le service instructeur sur la végétation existante sur le terrain d'assiette du projet et, en particulier, sur la présence de deux grands cèdres, le tribunal a dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier qui lui était soumis et il a commis une erreur de droit en se fondant sur la circonstance que ces arbres ne bénéficiaient pas d'une protection particulière, qui était inopérante ;
- il a commis une erreur de droit en se fondant sur la circonstance que le bâtiment remarquable à proximité du projet litigieux était identifié au plan local d'urbanisme en raison de son caractère patrimonial et non de son intérêt architectural pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 11 UD du règlement du plan local d'urbanisme, selon lesquelles les constructions doivent respecter le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants et s'insérer dans leur environnement naturel et bâti, et il a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis et les faits de la cause en écartant ce moyen sans tenir compte de la présence d'une autre construction présentant des caractéristiques architecturales remarquables et en estimant que l'abattage des deux cèdres existants ne suffisait pas à devoir l'accueillir ;
- en jugeant que la délivrance du permis litigieux n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme compte tenu de la pente du terrain d'assiette, le tribunal a, d'une part, insuffisamment motivé son jugement en ce qui concerne le risque de mouvement de terrain en se bornant à affirmer qu'il ressortait des pièces du dossier que la démolition projetée ne concernait pas l'intégralité des murs de soutènement présents et, d'autre part, s'est mépris sur la portée de l'avis rendu par les services techniques de la métropole de Lyon, qui s'est prononcé sur le seul risque d'inondation mais non sur celui de mouvement de terrain, et a dénaturé cet avis.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Le pourvoi de la société GRS n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière GRS.
Copie en sera adressée à la commune de Lissieu.
Délibéré à l'issue de la séance du 10 décembre 2021 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Damien Botteghi, conseiller d'Etat et M. Pierre Boussaroque, conseiller d'Etat-rapporteur.
Rendu le 23 décembre 2021.
La présidente :
Signé : Mme Gaëlle Dumortier
Le rapporteur :
Signé : M. Pierre Boussaroque
La secrétaire :
Signé : Mme B C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026