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AccueilJurisprudence administrativeN° 453563

Conseil d'État — Décision N° 453563

jeudi 30 juin 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier453563
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:453563.20220630
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationZ
Formation10ème chambre
Avocat requérantSAS CABINET BOULLOCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A B a formé une plainte le 21 février 2020 auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) à la suite de la décision du 11 février 2020 de refus de déréférencement opposée par la société Google LLC à sa demande. Le 24 février 2020, la CNIL en a accusé réception et a indiqué informer le requérant, dans un délai de trois mois, de l'état d'avancement du dossier. Par un courriel du 3 novembre 2020, la CNIL a informé M. B de sa décision de demander à Google LLC de reconsidérer le refus de déréférencement, en indiquant que le reconfinement était susceptible d'affecter les délais de traitement. Entre le 9 décembre 2020 et le 14 avril 2021, M. B a contacté à plusieurs reprises la CNIL pour obtenir des informations sur les suites données à sa demande.

Par une requête enregistrée le 14 juin 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B, représenté par la SCP Boulloche, demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler le refus de la CNIL d'informer l'exposant des suites de sa plainte ;

2°) d'enjoindre à la CNIL de l'informer des suites données à sa plainte ;

3°) subsidiairement, d'annuler la décision de la CNIL de ne pas mettre en demeure l'exploitant du moteur de recherche Google de procéder au déréférencement visé par la plainte du 21 février 2020 ;

4°) subsidiairement, d'enjoindre à la CNIL de procéder à cette mise en demeure dans un délai d'un mois à compter de la notification de cette décision, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de la CNIL la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 25 octobre 2021, M. B conclut à ce que le Conseil d'Etat constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions principales, le déréférencement litigieux ayant été effectué par la société Google LLC le 13 août 2021 suite à la demande de la CNIL. Il maintient ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une lettre enregistrée le 12 janvier 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la CNIL indique ne pas produire d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 122-12 du code de justice administrative : " Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d'Etat mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que, suite à une intervention de la CNIL, la société Google LLC a procédé au déréférencement des résultats de recherche concernant M. B le 13 août 2021. Dès lors, les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation du refus de la CNIL de l'informer des suites données à sa plainte et de sa décision de ne pas mettre en demeure la société Google LLC de procéder au déréférencement litigieux, ainsi que ses conclusions à fin d'injonction, sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision de la CNIL de ne pas l'informer des suites de sa plainte et aux fins d'injonction à la CNIL de mettre en demeure la société Google LLC.

Article 2: L'Etat versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la Commission nationale de l'informatique et des libertés.

Fait à Paris, le 30 juin 202Le président : Bertrand Dacosta

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

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