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AccueilJurisprudence administrativeN° 459299

Conseil d'État — Décision N° 459299

jeudi 7 juillet 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier459299
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:459299.20220707
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP BUK LAMENT - ROBILLOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. B C et M. A du Boÿs ont demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler pour excès de pouvoir, à titre principal, la délibération du 12 décembre 2016 par laquelle le conseil municipal de Gometz-le-Châtel a approuvé le plan local d'urbanisme de la commune et, à titre subsidiaire, de l'annuler en tant qu'elle classe la parcelle cadastrée section AD n° 47 en zone N et en espace vert remarquable strict et la parcelle section AE n° 3 en espace vert remarquable évolutif, en tant qu'elle institue l'emplacement réservé n° 6 sur les parcelles cadastrées section AE n° 4, section AE n° 5 et section AE n° 6 et en tant qu'elle approuve l'orientation d'aménagement et de programmation relative au secteur " entre route de Chartres et rue du vieux Chemin ". Par un jugement n° 1701188 du 11 février 2019, le tribunal administratif de Versailles a annulé cette délibération, en tant seulement qu'elle institue l'emplacement réservé n° 6 sur les parcelles sections section AE n° 4, section AE n° 5 et section AE n° 6.

Par un arrêt n° 19VE01299 du 8 octobre 2021, la cour administrative d'appel de Versailles a rejeté l'appel formé par MM. C et du Boÿs contre ce jugement.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 9 décembre 2021 et 10 mars 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, MM. Flury-Hérard et du Boÿs demandent au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à leur appel ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Gometz-le-Châtel la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de Mme Manon Chonavel, auditrice,

- les conclusions de M. Arnaud Skzryerbak, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Buk Lament, Robillot, avocat de M. C et M. du Boÿs ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'ils attaquent, MM. C et du Boÿs soutiennent que :

- la cour a méconnu l'article R. 741-2 du code de justice administrative en ne visant pas le mémoire qu'ils ont produit le 14 septembre 2021 et a insuffisamment motivé son arrêt en ne statuant pas sur les éléments qu'il comportait ;

- elle a commis une erreur de droit, s'est méprise sur la portée de leurs écritures et a inexactement qualifié les faits qui lui étaient soumis en estimant que le tribunal avait suffisamment motivé son jugement en répondant au moyen relatif au classement en espaces verts remarquables des parcelles cadastrées section AE n° 3 et section AD n° 47 ;

- elle a commis une erreur de droit en jugeant qu'il ne ressortait d'aucune disposition législative ou réglementaire que le rapport de présentation devrait faire apparaître l'évolution entre le plan local d'urbanisme applicable et le plan local d'urbanisme projeté des zones urbaines, agricoles et naturelles ;

- elle a méconnu son office et commis une erreur de droit en jugeant que la mention portée par le commissaire enquêteur dans son rapport du 16 novembre 2016 affirmant que les avis des personnes publiques consultées figuraient dans le dossier soumis à l'enquête publique suffisait à regarder le dossier comme complet ;

- elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en estimant que la commune de Gometz-le-Châtel n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant la parcelle cadastrée section AD n° 47 en zone naturelle ;

- elle a commis une erreur de droit en jugeant que le classement de la parcelle cadastrée section AD n° 47 en espace vert remarquable strict et le classement de la parcelle section AE n° 3 en espace vert remarquable évolutif n'étaient pas entachés d'erreur manifeste d'appréciation sans rechercher si les interdictions de construction étaient le seul moyen d'atteindre les objectifs recherchés par les auteurs du plan local d'urbanisme ;

- elle a commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis se fondant sur la circonstance que la parcelle cadastrée section AE n° 3 ne faisait partie d'aucune continuité écologique identifiée par la commune dans le rapport de présentation mais qu'elle se situait en bordure de la trame verte pour considérer que le classement de la parcelle en espace vert remarquable évolutif n'était pas entaché d'erreur de droit ni d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en retenant que les parcelles cadastrées section AD n° 47 et section AE n° 3 étaient situées respectivement au sein d'une trame verte et en bordure de celle-ci.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de MM. C et du Boÿs n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B C, premier dénommé, pour les deux requérants.

Copie en sera adressée à la commune de Gometz-le-Châtel.

Délibéré à l'issue de la séance du 2 juin 2022 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Damien Botteghi, conseiller d'Etat et Mme Manon Chonavel, auditrice-rapporteure.

Rendu le 7 juillet 2022.

La présidente :

Signé : Mme Gaëlle Dumortier

La rapporteure :

Signé : Mme Manon Chonavel

La secrétaire :

Signé : Mme Anne Lagorce

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