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AccueilJurisprudence administrativeN° 459891

Conseil d'État — Décision N° 459891

vendredi 4 novembre 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier459891
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:459891.20221104
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationZ
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP RICARD, BENDEL-VASSEUR, GHNASSIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La commune de Saint-Tropez (Var) a demandé au juge du référé du tribunal administratif de Toulon, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une part, d'ordonner la libération de l'emplacement référencé n° ND 10 du port de plaisance municipal et l'expulsion du bateau TENKARRA appartenant à M. B A des infrastructures du port dans un délai maximal de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir, au besoin par le concours de la force publique aux frais et risques du défendeur et, d'autre part, d'enjoindre à M. A de procéder à l'évacuation du bateau TENKARRA des infrastructures du port de plaisance municipal sous astreinte d'une somme de 1 000 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai d'expulsion fixé par le tribunal.

Par une ordonnance n° 2102075 du 26 octobre 2021, le juge des référés de ce tribunal a enjoint à M. A ainsi qu'à tous occupants de son chef de libérer l'emplacement référencé n° ND 10 du port de Saint-Tropez occupé irrégulièrement, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, à l'expiration d'un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance.

Par un pourvoi, enregistré le 28 décembre 2021 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat d'annuler cette ordonnance.

Par une décision du 23 novembre 2021 notifiée le 3 décembre 2021, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. A.

Par une ordonnance du 1er mars 2022, notifiée le 10 mars 2022, le président de la section du contentieux a confirmé ce refus d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 822-5 de ce même code : " Lorsque le pourvoi est irrecevable pour défaut de ministère d'avocat (), le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre ". Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique.

3. Selon l'article R. 821-3 de ce même code : " Le ministère d'un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation est obligatoire pour l'introduction, devant le Conseil d'Etat, des recours en cassation, à l'exception de ceux dirigés contre les décisions des juridictions de pension ".

4. En vertu du deuxième alinéa de l'article R. 612-1 de ce même code, le Conseil d'Etat, juge de cassation, peut rejeter, sans demande de régularisation préalable, un pourvoi qui n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque l'obligation de représentation a été mentionnée dans la notification de la décision attaquée.

5. Le pourvoi de M. A ne fait pas partie de ceux que l'article R. 821-3 du code de justice administrative dispense de l'obligation de représentation par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. Il n'a pas été présenté par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation alors que la notification de la décision attaquée faisait mention de cette obligation. Il n'a pas été régularisé par M. A à la suite du rejet de sa demande d'aide juridictionnelle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 23 novembre 2021, confirmée par une ordonnance du président de la section du contentieux du 1er mars 2022, notifiée le 10 mars 2022. Ce pourvoi n'est donc pas recevable et ne peut, dès lors, être admis.

ORDONNE :

Article 1er : Le pourvoi de M. A n'est pas admis.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée à la commune de Saint-Tropez.

Fait à Paris, le 4 novembre 202

Le président :

Signé : Pierre Collin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

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