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AccueilJurisprudence administrativeN° 462719

Conseil d'État — Décision N° 462719

vendredi 14 octobre 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier462719
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:462719.20221014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP FOUSSARD, FROGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A D a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler l'arrêté du 13 mars 2018 par lequel le maire de Faverges-Seythenex a prononcé sa révocation et de condamner la commune de Faverges-Seythenex à lui verser, d'une part, un rappel de traitement à compter du 22 mars 2018, d'autre part, la somme de 8 500 euros à titre de dommages et intérêts. Par un jugement n° 1803009 du 10 décembre 2019, le tribunal administratif de Grenoble a rejeté cette demande.

Par un arrêt n° 20LY00627 du 26 janvier 2022, la cour administrative d'appel de Lyon a rejeté l'appel formé par M. D contre ce jugement.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 mars et 24 juin 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. D demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Favergues-Sythenex la somme

de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 28 mars 2022 et présenté en application de l'article R. 771-16 du code de justice administrative, M. D conteste le refus qui lui a été opposé par la cour administrative d'appel de Lyon de transmettre au Conseil d'Etat la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du VI de l'article 25 septies de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée portant droits et obligations des fonctionnaires.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la Constitution, notamment son article 61-1 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, notamment son article 25 septies ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de Mme Mélanie Villiers, maître des requêtes,

- les conclusions de M. B C de Vendeuil, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Foussard, Froger, avocat de M. D ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, M. D soutient que la cour administrative d'appel de Lyon a :

- commis une erreur de droit en jugeant que la question de la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du VI de l'article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 était dépourvue de caractère sérieux au motif que le reversement qu'elles prévoient constitue une simple mesure d'ordre comptable alors qu'il s'agit d'une sanction administrative ;

- commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation en jugeant que les dispositions du VI de l'article 25 septies de la loi du 13 juillet 1983 ne pouvaient être regardées comme applicables au litige au motif qu'il n'avait pas contesté l'arrêté de reversement ;

- commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de la méconnaissance du principe non bis in idem et de l'atteinte au principe de proportionnalité des peines, au motif que l'arrêté de reversement ne constituait pas une sanction ;

- commis une erreur de droit en jugeant qu'il ne pouvait pas se prévaloir des stipulations de l'article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour contester la régularité de la procédure disciplinaire ;

- commis une erreur de droit en écartant comme indifférents, pour apprécier la proportionnalité de la sanction, les motifs tirés de ce que le conseil de discipline s'était prononcé à l'unanimité pour une exclusion temporaire d'une durée de deux ans, de ce que la mesure avait pour effet de le priver brutalement de ses ressources, de ce que l'image de la commune n'avait pas été affectée et de ce qu'il avait été victime d'agressions en raison de son handicap ;

- en tout état de cause, a retenu une sanction hors de proportion avec la gravité des faits.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de M. D n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A D.

Copie en sera adressée à la commune de Faverges-Seythenex.

Délibéré à l'issue de la séance du 28 septembre 2022 où siégeaient : M. Olivier Japiot, président de chambre, présidant ; M. Gilles Pellissier, conseiller d'Etat et Mme Mélanie Villiers, maître des requêtes-rapporteure.

Rendu le 18 octobre 2022.

Le président :

Signé : M. Olivier Japiot

La rapporteure :

Signé : Mme Mélanie Villiers

La secrétaire :

Signé : Mme Pierrette Kimfunia

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