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AccueilJurisprudence administrativeN° 462904

Conseil d'État — Décision N° 462904

lundi 5 décembre 2022

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier462904
ECLIECLI:FR:CECHS:2022:462904.20221205
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre jugeant seule
Avocat requérantHAAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La société Constructions Bâtiments Immobiliers (CBI) a demandé au tribunal administratif de Nantes, d'une part, de la décharger de l'obligation de payer les sommes mises à sa charge par les décomptes généraux qui lui ont été notifiés par l'office public de l'habitat (OPH) Habitat 44 au titre des soldes des marchés conclus le 8 octobre 2009 du lot " gros œuvre " de construction d'une " maison de l'emploi " et de logements sociaux, et de reconversion en locaux associatifs de l'ancien centre de tri postal de la commune de Nort-sur-Erdre, d'autre part, de condamner la communauté de communes d'Erdre et Gesvres ainsi que l'OPH Habitat 44 à lui verser, respectivement, les sommes de 14 606,72 et 12 639,53 euros au titre des soldes de ces marchés. Par un jugement n° 1608727 du 26 septembre 2018, le tribunal administratif de Nantes a rejeté cette demande et a condamné la société CBI à verser à l'OPH Habitat 44 et à la communauté de communes d'Erdre et Gesvres les sommes respectives de 82 390,71 euros et de 78 268,88 euros au titre des soldes des marchés conclus le 8 octobre 2009, assorties des intérêts au taux légal et de leur capitalisation.

Par un arrêt n° 18NT04112 du 25 octobre 2019, la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel formé par la société CBI contre ce jugement.

Par une décision n° 437148 du 27 avril 2021, le Conseil d'Etat statuant au contentieux a annulé cet arrêt en tant qu'il statuait sur les conclusions de la société CBI relatives aux sommes mises à sa charge au titre des travaux de reprise des malfaçons et renvoyé l'affaire, dans cette mesure, à la cour administrative d'appel de Nantes.

Par un arrêt n° 21NT01182 du 4 février 2022, la cour administrative d'appel de Nantes a, sur appel de la société CBI, en premier lieu, ramené les sommes prises en compte, par le tribunal administratif de Nantes, au crédit d'Habitat 44 et de la communauté de communes d'Erdre et Gesvres pour la détermination du solde du marché au titre des travaux de reprise des malfaçons à la somme de 42 186,26 euros TTC au profit d'Habitat 44 et à la somme de 33 849,8 euros TTC au profit de la communauté d'Erdre et Gesvres, en deuxième lieu, réformé en ce sens le jugement du tribunal administratif de Nantes et, enfin, rejeté le surplus de la requête d'appel de la société CBI.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 4 avril et 4 juillet 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société CBI demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt en tant qu'il rejette le surplus de son appel ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;

3°) de mettre à la charge de Habitat 44 et la communauté de communes d'Erdre et Gesvres la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le décret n° 76-87 du 21 janvier 1976 ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. François Lelièvre, maître des requêtes,

- les conclusions de M. A B de Vendeuil, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à Maître HAAS, avocat de la société Constructions Bâtiments Immobiliers ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elle attaque, la société CBI soutient que la cour administrative d'appel de Nantes a :

- insuffisamment motivé son arrêt faute de répondre, d'une part, au moyen tiré du respect de l'autorité de la chose jugée par le Conseil d'Etat au contentieux, d'autre part, au moyen discutant de la responsabilité des autres intervenants aux opérations de travaux ;

- commis une erreur de droit en jugeant que le droit de suivi du titulaire initial du marché est exclu pour une partie des nouveaux marchés conclu avec de nouveaux entrepreneurs pour la reprise des malfaçons et l'achèvement de l'ouvrage, alors que ce droit de suivi s'applique à l'ensemble des marchés de substitution du fait de la mise en régie du marché initial et de la finalité mixte de reprise des malfaçons et d'achèvement de l'ouvrage ;

- inexactement qualifié les faits en jugeant que les marchés de substitution conclus avec plusieurs entrepreneurs ne constituaient pas des marchés mixtes soumis au droit de suivi de l'entrepreneur initial ;

- commis une erreur de droit en méconnaissant l'autorité de la chose jugée par la décision du 27 avril 2021 du Conseil d'Etat statuant au contentieux.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de la société Constructions Bâtiments Immobiliers n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Constructions Bâtiments Immobiliers.

Copie en sera adressée à Habitat 44 et à la communauté de communes d'Erdre et Gesvres.

Délibéré à l'issue de la séance du 26 octobre 2022 où siégeaient : M. Gilles Pellissier, assesseur, présidant ; M. Benoît Bohnert, conseiller d'Etat et M. François Lelièvre, maître des requêtes-rapporteur.

Rendu le 5 décembre 2022.

Le président :

Signé : M. Gilles Pellissier

Le rapporteur :

Signé : M. François Lelièvre

La secrétaire :

Signé : Mme Corinne Sak

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