mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 467886 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:467886.20230620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SAS BOULLOCHE, COLIN, STOCLET ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Mme B D et M. E D ont demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler pour excès de pouvoir les décisions de non-opposition à déclaration préalable des 28 avril 2017 et 29 mai 2019 du maire d'Igny (Essonne) concernant des travaux d'extension d'une maison d'habitation et la modification de la façade et l'édification d'une clôture en limite séparative, ainsi que le rejet de leur recours gracieux.
Par un jugement n° 1708827 du 18 novembre 2019, le tribunal administratif a rejeté leur demande.
Par un arrêt n° 20VE00293 du 29 juillet 2022, la cour administrative d'appel de Versailles a, après avoir annulé partiellement ce jugement, annulé la décision du maire d'Igny du 28 avril 2017 en tant qu'elle autorisait la création d'une portion d'égout de toit se situant au-dessus de six mètres de hauteur et accordé au pétitionnaire un délai de quatre mois afin de solliciter la régularisation de sa première demande et rejeté le surplus des conclusions de M. et Mme D et de la commune d'Igny.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 29 septembre et 20 décembre 2022 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. et Mme D demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt en tant qu'il n'a pas fait droit à leurs conclusions ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à l'ensemble de leurs conclusions d'appel ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Igny et de M. C la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Clément Tonon, auditeur,
- les conclusions de M. Philippe Ranquet, rapporteur public,
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Thouvenin, Coudray, Grevy, avocat de M. et Mme D ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 12 juin 2023, présentée par M. et Mme D ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'ils attaquent en tant qu'il n'a pas fait droit à leurs conclusions, M. et Mme D soutiennent que la cour administrative d'appel de Versailles a :
- commis une erreur de droit en rejetant comme irrecevables, au motif qu'elles avaient été soulevées pour la première fois en appel, leurs conclusions accessoires tendant à ce qu'il soit, sous astreinte, enjoint à la commune, d'une part de faire démolir le boulodrome, la piscine, la fenêtre de toit et le bardage en bois des façades, d'autre part, de faire dresser un procès-verbal d'infraction et de mettre M. C en demeure de s'y conformer, enfin, de saisir le procureur de la République et le tribunal judiciaire ;
- commis une erreur de droit en estimant que le mémoire qu'ils avaient produit le 31 octobre 2019 avait été enregistré après la clôture de l'instruction ;
- commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en retenant que l'adjointe au maire chargée de l'urbanisme était compétente pour signer les décisions de non-opposition du 28 avril 2017 et du 29 mai 2019 ;
- insuffisamment motivé sa décision en écartant le moyen tiré de ce que la délégation donnée le 1er octobre 2020 au maire par le conseil municipal pour ester en justice était irrégulière ;
- insuffisamment motivé sa décision en se bornant à juger, pour écarter le moyen tiré du défaut de motivation des décisions de non-opposition, que celles-ci n'entraient pas dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en écartant les moyens mettant en cause l'emprise au sol globale créée par les travaux litigieux ainsi que l'emprise au sol individuelle de chacune des annexes ;
- commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en estimant que les travaux qui étaient l'objet des décisions litigieuses ne méconnaissaient pas la règle, prescrite par l'article UH 13.2.1. du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, de conservation des espaces verts de pleine terre sur au moins 50 % de la superficie du terrain ;
- insuffisamment motivé sa décision, commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en jugeant que les omissions affectant les dossiers de déclaration préalable n'étaient pas de nature à fausser l'appréciation de l'administration sur la conformité du projet à la réglementation applicable ;
- entaché sa décision d'une contradiction de motifs en jugeant, pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'article UH 7.3. du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, qu'il ne ressortait pas des pièces du dossier que les travaux projetés auraient pour objet l'abaissement d'une quelconque fenêtre de la maison tout en relevant que la décision de non-opposition du 29 mai 2019 précisait que le positionnement d'une fenêtre serait modifié ;
- inexactement qualifié les faits de l'espèce et dénaturé les pièces du dossier en estimant, pour écarter le moyen tiré de la méconnaissance de la règle d'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, que les deux châssis créés en toiture de la construction ne devaient pas être regardés comme constituant des baies nouvelles au sens des dispositions de l'article U.H.7.3. du règlement du plan local d'urbanisme ;
- dénaturé les pièces du dossier en retenant que les décisions de non-opposition litigieuses n'avaient pas été obtenues par fraude et ne procédaient pas d'un détournement de pouvoir ;
- dénaturé les pièces du dossier en jugeant que le maire n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en ne s'opposant pas à des travaux portant atteinte aux lieux avoisinants, à l'esprit du village et à l'harmonie générale du quartier ainsi qu'à leur droit à un environnement équilibré, sain, respectueux de leur santé et exempt des troubles de voisinage ;
- insuffisamment motivé sa décision en ne répondant pas aux moyens, opérants, tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 421-9 et L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- commis une erreur de droit en faisant application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme pour prononcer une annulation partielle des décisions litigieuses alors que les vices qui affectaient ces décisions n'étaient pas susceptibles d'être régularisés ;
- entaché sa décision de contradiction de motifs et d'erreur de droit en n'annulant pas la décision du 29 mai 2019 portant sur la seconde déclaration préalable alors qu'elle a elle-même relevé que cette seconde déclaration était modificative de la première, sur laquelle portait la décision du 28 avril 2017 qu'elle a annulée.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
--------------
Article 1er : Le pourvoi de M. et Mme D n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. et Mme E et B D. Copie en sera adressée à la commune d'Igny et à M. A C.
Délibéré à l'issue de la séance du 25 mai 2023 où siégeaient : M. Jean-Yves Ollier, assesseur, présidant ; Mme Anne Courrèges, conseillère d'Etat et M. Clément Tonon, auditeur-rapporteur.
Rendu le 20 juin 2023.
Le président :
Signé : M. Jean-Yves Ollier
Le rapporteur :
Signé : M. Clément Tonon
La secrétaire :
Signé : Mme Annie Di Vita
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026