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AccueilJurisprudence administrativeN° 468656

Conseil d'État — Décision N° 468656

mardi 20 juin 2023

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier468656
ECLIECLI:FR:CECHS:2023:468656.20230620
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationZ
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP GASCHIGNARD, LOISEAU, MASSIGNON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Toulon, d'une part, d'annuler, en premier lieu, la décision du 15 juillet 2014 du ministre des armées portant non-renouvellement de son contrat d'engagement dans la marine nationale, en deuxième lieu, la décision implicite par laquelle le ministre de la défense a rejeté son recours administratif préalable formé le 4 août 2014, en troisième lieu, la décision implicite du 1er avril 2018 rejetant son recours administratif formé le 1er décembre 2017 et, en dernier lieu, la décision implicite du 3 octobre 2017 rejetant sa demande préalable reçue le 3 août 2017 tendant au retrait de la décision du 15 juillet 2014 portant non renouvellement de son contrat d'engagement dans la marine nationale et, d'autre part, de condamner l'Etat à l'indemnisation des préjudices causés par cette décision et à lui verser les sommes de 20 000 euros et de 10 000 euros en réparation de ses préjudices matériel et moral. Par deux jugements n° 1702398 du 28 octobre 2019 et n° 1801484 du 23 juin 2020, le tribunal administratif de Toulon a rejeté ses demandes.

Par un arrêt n°s 19MA05593, 20MA02993 du 25 mars 2022, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté les appels formés par M. B contre ces jugements.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 2 novembre 2022 et 3 février 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de M. B, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

En application des dispositions de l'article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l'avocat de M. B a été informé le 18 avril 2023 que la décision du Conseil d'Etat était susceptible d'être prise en application de l'article R. 822-5 du même code.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la défense ;

- le décret n° 2008-961 du 12 septembre 2008 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Aux termes de l'article R. 822-5 du code de justice administrative : " Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement ". Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique.

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, M. B soutient que la cour administrative d'appel de Marseille a :

- dénaturé les faits de l'espèce en se fondant sur un rapport du 11 juin 2014 du conseil d'unité du centre expert des ressources humaines qui n'a pas été versé aux débats et insuffisamment motivé son arrêt en ne précisant pas quels écarts de comportements pouvaient lui être reprochés ;

- dénaturé les pièces du dossier en relevant qu'il n'avait " globalement " pas donné satisfaction en 2013 et 2014 ;

- insuffisamment motivé son arrêt et commis une erreur de droit en s'abstenant de rechercher, ainsi qu'il lui était demandé, si le motif réel ayant justifié la décision de refus de renouvellement du contrat n'était pas fondé sur sa renonciation à suivre la formation du brevet d'aptitude technique, et si un tel motif avait pu légalement justifier la décision de non renouvellement de son contrat ;

- commis une erreur de droit en jugeant que la méconnaissance du délai institué par les dispositions de l'article 19 du décret du 12 septembre 2008 n'entraîne pas l'illégalité de la décision de non renouvellement du contrat et est seulement susceptible d'engager la responsabilité de l'administration ;

- dénaturé les pièces du dossier quant à la durée du retard fautif de l'administration.

3. Il est manifeste qu'aucun de ces moyens n'est fondé. Dès lors ce pourvoi, manifestement dépourvu de fondement au sens de l'article R. 822-5 du code de justice administrative, ne peut être admis.

O R D O N N E :

------------------

Article 1er : Le pourvoi de M. B n'est pas admis.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre des armées.

Fait à Paris, le 20 juin 2023.

Signé : O. Japiot

La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le secrétaire du contentieux, par délégation :

N. Pelat

468656

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