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AccueilJurisprudence administrativeN° 469824

Conseil d'État — Décision N° 469824

vendredi 9 juin 2023

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier469824
ECLIECLI:FR:CECHS:2023:469824.20230609
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation8ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP PIWNICA, MOLINIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La société Rungis Stocks a demandé au tribunal administratif de Melun, d'une part, d'annuler, ou à défaut de résilier, la convention d'occupation du domaine public conclue le 11 juillet 2016 entre la société d'économie mixte d'aménagement et de gestion du marché d'intérêt national de la région parisienne (Semmaris) et la société Immostef, d'autre part, de condamner la Semmaris à lui verser la somme de 710 251 euros au titre du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de la conclusion de cette convention, ou de désigner un expert en vue de permettre l'évaluation de ce préjudice. Par un jugement nos 1704491, 1709224 du 12 avril 2019, ce tribunal a rejeté ces demandes.

Par un arrêt n° 19PA01904 du 11 mai 2020, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel formé par la société Rungis Stocks contre ce jugement.

Par une décision n° 441799 du 16 juin 2021, le Conseil d'Etat, statuant au contentieux a annulé cet arrêt et renvoyé l'affaire à la cour administrative d'appel de Paris.

Par un arrêt n° 21PA03415 du 18 octobre 2022, cette cour a de nouveau rejeté l'appel de la société Rungis Stocks.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat les 19 décembre 2022 et 20 mars 2023, la société Rungis Stocks demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;

3°) de mettre à la charge de la Semmaris la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de commerce ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Vincent Mahé, conseiller d'Etat,

- les conclusions de Mme Karin Ciavaldini, rapporteure publique ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de la société Rungis Stocks ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elle attaque, la société Rungis Stocks soutient que la cour administrative d'appel de Paris :

- l'a insuffisamment motivé, l'a entaché de contradiction de motifs et d'erreur de droit et a dénaturé les pièces du dossier qui lui était soumis en relevant que la conclusion de la convention d'occupation du domaine public du 17 août 2010 avait nécessairement privé d'objet celle du 6 juin 1999 et que cette dernière n'était plus en vigueur ;

- l'a insuffisamment motivé, l'a entaché de contradiction de motifs et a commis une erreur de droit en jugeant qu'elle n'avait pas été empêchée d'être candidate à l'attribution de la concession d'occupation domaniale signée le 11 juillet 2016 malgré l'absence de mise en œuvre d'une procédure de publicité appropriée ;

- a commis une erreur de droit en jugeant que ce défaut de publicité n'avait pas été de nature à lui porter un préjudice direct et certain dès lors que les circonstances dans lesquelles son titre d'occupation avait été résilié ne lui donnaient aucune chance de se voir à nouveau attribuer l'emplacement ;

- a commis une erreur de droit en jugeant qu'elle ne pouvait invoquer ce défaut de publicité à l'appui de sa demande de résiliation de la convention du 11 juillet 2016, nonobstant l'atteinte qu'il portait au respect du principe d'égalité entre les postulants.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de la société Rungis Stocks n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Rungis Stocks.

Copie en sera adressée à la société d'économie mixte d'aménagement et de gestion du marché d'intérêt national de la région parisienne et à la société Immostef.

Délibéré à l'issue de la séance du 11 mai 2023 où siégeaient : M. Hervé Cassagnabère, conseiller d'Etat, présidant ; M. Jonathan Bosredon, conseiller d'Etat et M. Vincent Mahé, conseiller d'Etat-rapporteur.

Rendu le 9 juin 2023.

Le président :

Signé : M. Hervé Cassagnabère

Le rapporteur :

Signé : M. Vincent Mahé

La secrétaire :

Signé : Mme Magali Méaulle

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