mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 471428 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:471428.20230620 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | scpa J. TREMOLET DE VILLERS Th. SCHMITZ et G. le MAIGNAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, un mémoire en réplique et deux nouveaux mémoires, enregistrés les 16 février, 28 avril, 2 mai et 17 mai 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la Confédération française pour l'adoption comité de Brive, l'association Enfance Avenir M. et Mme I et G H, M. et Mme F et E B, M. et Mme A et D C demandent au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 octobre 2022 de la ministre de l'Europe et des affaires étrangères portant suspension temporaire des procédures d'adoption internationale concernant les enfants résidant à Madagascar, ainsi que les décisions du 14 décembre 2022 rejetant leurs recours gracieux, et, subsidiairement, d'annuler cet arrêté et ces décisions en tant qu'ils ne portent pas sur les seules adoptions internationales intrafamiliales ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention de La Haye du 29 mai 1993 relative à la protection des enfants et à la coopération en matière d'adoption internationale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- la loi n° 2022-219 du 21 février 2022 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Julien Eche, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Philippe Ranquet, rapporteur public ;
Vu la note en délibéré, enregistrée le 2 juin 2023, présentée par la Confédération française pour l'adoption comité de Brive et autres ;
Considérant ce qui suit :
1.Par un arrêté du 24 octobre 2022, la ministre de l'Europe et des affaires étrangères a suspendu temporairement les procédures d'adoption internationale concernant les enfants résidant à Madagascar. Les requérants demandent l'annulation pour excès de pouvoir de cet arrêté, ainsi que des décisions rejetant leurs recours gracieux.
2.En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'intervention de l'arrêté du 24 octobre 2022 est justifiée par les fragilités de l'Autorité centrale pour l'adoption à Madagascar, révélées notamment par le rapport du comité des droits de l'enfant de l'Organisation des Nations Unies du 9 mars 2022, ne permettant plus de disposer des garanties nécessaires en termes de sécurité et d'éthique des procédures d'adoption concernant ce pays, ainsi que de validité de certains documents d'état civil. Elle vise à éviter temporairement l'engagement de procédures d'adoption tant que perdure cette situation et à donner le temps aux autorités malgaches de renforcer les garanties entourant ces procédures, y compris par la consolidation du cadre réglementaire. En prenant la mesure de suspension litigieuse, qui ne s'applique pas aux procédures en cours ayant fait l'objet d'un apparentement, qui est provisoire et qui ne prive pas les personnes titulaires de l'agrément prévu aux articles L. 225-2 à L. 225-7 du code de l'action sociale et des familles de la possibilité d'engager une procédure d'adoption ailleurs qu'à Madagascar, la ministre a, au vu de ces circonstances et sans inexactitude matérielle des faits, pris une décision adaptée, nécessaire et proportionnée dans ses effets. Il en va de même, pour les mêmes motifs, en ce qu'elle n'a pas limité la suspension aux seules adoptions intrafamiliales, pour lesquelles, au demeurant, les adoptants sont également soumis à l'obligation d'être accompagnés par un organisme autorisé en application de l'article L. 225-11 du code de l'action sociale et des familles ou par l'Agence française de l'adoption, conformément aux dispositions de l'article L. 225-14-3 du même code issu de la loi du 21 février 2022 visant à réformer l'adoption.
3.En second lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des recommandations contenues dans le " guide de bonnes pratiques " consacré à l'agrément et aux organismes agréés en matière d'adoption dans le cadre de la mise en œuvre de la convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale.
4.Il résulte de tout ce qui précède que la Confédération française pour l'adoption comité de Brive et les autres requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions qu'ils attaquent.
5.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
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Article 1er : La requête de la Confédération française pour l'adoption comité de Brive et autres est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la Confédération française pour l'adoption comité de Brive, première dénommée, pour l'ensemble des requérants et à la ministre de l'Europe et des affaires étrangères.
Copie en sera adressée à la Première ministre.
Délibéré à l'issue de la séance du 25 mai 2023 où siégeaient : M. Jean-Yves Ollier, assesseur, présidant ; Mme Anne Courrèges, conseillère d'Etat et M. Julien Eche, maître des requêtes-rapporteur.
Rendu le 20 juin 2023.
Le président :
Signé : M. Jean-Yves Ollier
Le rapporteur :
Signé : M. Julien Eche
La secrétaire :
Signé : Mme Annie Di Vita
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026