lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 473245 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:473245.20240311 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP WAQUET, FARGE, HAZAN |
Vu la procédure suivante :
La société Village éco sport a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler pour excès de pouvoir, d'une part, les arrêtés du 27 juillet 2020 par lesquels le maire de la commune de Bois-Guillaume (Seine-Maritime) a retiré les arrêtés du 28 février 2020 par lesquels il lui a délivré deux permis de construire pour la réalisation, respectivement, de bâtiments destinés à accueillir des activités sportives et de loisirs et d'une " halle multi-activités " et, d'autre part, les deux arrêtés du 3 août 2020 par lesquels ce maire a rejeté les demandes de permis de construire présentées par la société Village éco sport pour la réalisation des mêmes projets.
Par un jugement n° 2003539 du 13 janvier 2022, le tribunal administratif de Rouen a rejeté ces demandes.
Par un arrêt n° 22DA00598 du 16 février 2023, la cour administrative d'appel de Douai a rejeté l'appel formé par la société Village éco sport.
Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire enregistrés les 13 avril, le 7 juin 2023 et le 6 février 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Village éco sport demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler l'arrêt du 16 février 2023 ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bois-Guillaume la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Alexandre Trémolière, maître des requêtes en service extraordinaire,
- les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique,
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Waquet, Farge, Hazan, avocat de la société Village Eco sport ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elle attaque, la société Village éco sport soutient que la cour administrative d'appel de Douai a :
- commis une erreur de droit et dénaturé les faits et pièces du dossier pour estimer que la commune de Bois-Guillaume ne lui demandait pas une substitution de motifs en invoquant, au soutien de la légalité des arrêtés de retrait, le motif tiré de l'absence de production d'une étude d'impact dans les dossiers de demande de permis de construire, alors que ces arrêtés se bornent à mentionner deux motifs distincts, tirés de l'absence d'une évaluation environnementale et de la nécessité de prononcer un sursis à statuer ;
- commis une erreur de droit, inexactement qualifié les faits et dénaturé les pièces du dossier pour estimer que les projets litigieux devaient être " pris globalement " pour apprécier la nécessité d'une évaluation environnementale ;
- dénaturé les faits et pièces du dossier pour estimer que les projets, pris globalement, présentent une surface de plancher justifiant leur soumission à évaluation environnementale en application de la rubrique 39 du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement ;
- commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de ce que la commune ne pouvait légalement fonder les arrêtés de retrait et de refus de permis de construire litigieux sur le motif tiré de l'incomplétude des dossiers de demande de permis de construire en l'absence d'étude d'impact, alors qu'elle ne lui a préalablement adressé aucune demande tendant à la production de cette pièce ;
- commis une erreur de droit en estimant que l'absence de mention de la possibilité d'un sursis à statuer dans le certificat d'urbanisme qui lui a été délivré le 20 septembre 2018 pour les terrains d'assiette des projets litigieux ne faisait pas obstacle à ce que le maire de la commune de Bois-Guillaume oppose ensuite un sursis à statuer à ses demandes de permis de construire ;
- commis une erreur de droit et dénaturé les pièces du dossier en estimant que les arrêtés de retrait sont légalement fondés sur le motif tiré de la nécessité de prononcer un sursis à statuer sur le fondement des dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, à tout le moins, dénaturé les arrêtés en litige et méconnu son office en se fondant, sans recourir au mécanisme de substitution de motifs, sur le motif, qui n'apparaissait pas dans les arrêtés de retrait, tiré de ce que les projets étaient de nature à compromettre l'exécution de l'orientation n° 3 du projet d'aménagement et de développement durables (PADD) ;
- commis une erreur de droit en estimant que la circonstance qu'un second débat sur les orientations générales du PADD du plan local d'urbanisme intercommunal a eu lieu le 8 novembre 2018, soit postérieurement à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, ne faisait pas obstacle à ce que le maire de Bois-Guillaume puisse opposer des sursis à statuer aux demandes de permis de construire sur le fondement de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- dénaturé les faits et pièces du dossier pour estimer que l'orientation n° 3 du PADD du futur plan local d'urbanisme intercommunal présentait, à la date de délivrance du certificat d'urbanisme, un degré de précision suffisant pour justifier le prononcé d'un sursis à statuer sur le fondement de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme ;
- dénaturé les faits et pièces du dossier pour estimer que le maire a pu légalement se fonder sur l'absence d'étude d'impact pour rejeter ses demandes de permis de construire.
3. Ces moyens ne sont pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la société Village éco sport n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Village éco sport.
Copie en sera adressée à la commune de Bois-Guillaume.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026