mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 473282 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2023:473282.20231114 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP GURY & MAITRE |
Vu la procédure suivante :
La société Gamajo a demandé à la cour administrative d'appel de Douai d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le maire de Gravelines a refusé de lui délivrer un permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale en vue de la création d'un ensemble commercial d'une surface totale de vente de 6 773 m2 sur le territoire de sa commune. Par un arrêt n° 21DA01550 du 16 février 2023, la cour administrative d'appel a annulé cet arrêté et enjoint à la Commission nationale d'aménagement commercial (CNAC) et au maire de Gravelines de se prononcer sur la demande de permis de construire valant autorisation d'exploitation commerciale dans un délai de quatre mois à compter de la notification de son arrêt.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de commerce ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de Mme Camille Belloc, auditrice,
- les conclusions de M. Jean-François de Montgolfier, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gury et Maître, avocat de la société Kymadis ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai qu'elle attaque, la société Kymadis soutient qu'il est entaché :
- d'erreur de droit en ce qu'il juge que le projet d'ensemble commercial est compatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale (SCOT), en se fondant, d'une part, sur des éléments non pertinents tels que le zonage du plan local d'urbanisme et l'emplacement d'un ancien magasin, d'autre part, sur la seule existence d'une liaison piétonne, sans vérifier son " caractère sûr et agréable ", ainsi que l'exige le SCOT ;
- de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il juge cohérent avec l'objectif d'implantation des commerces au plus près des centres de villes un projet commercial périphérique situé en dehors des espaces urbanisés ;
- d'erreur de droit et d'insuffisance de motivation en ce qu'il ne mentionne pas que le SCOT prescrit que l'évolution de l'armature commerciale de la commune de Gravelines doit s'effectuer " sans foncier supplémentaire " ;
- de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il juge que c'est à tort que la CNAC a émis un avis défavorable au motif que le dossier de demande était insuffisant alors que la CNAC n'a pas entendu opposer le caractère incomplet de la demande à la société pétitionnaire ;
- d'erreur de droit en ce qu'il juge que la délivrance de l'autorisation d'exploitation commerciale ne peut pas être subordonnée à l'absence de toute incidence négative sur le tissu commercial des centres-villes ;
- de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il retient que la CNAC a exigé du projet l'absence de toute incidence négative sur le tissu commercial des centres-villes ;
- d'erreur de droit en ce qu'il retient que le projet est aisément accessible par la route et peut également être rejoint à pied pour apprécier la conformité du projet au critère prévu aux dispositions du d), 1°, I, de l'article L. 752-6 du code de commerce ;
- d'insuffisance de motivation en ce qu'il se borne à relever que le projet est desservi par les transports en commun, avec une fréquence limitée d'un bus toutes les trente minutes, sans préciser en quoi une telle fréquence est suffisante ;
- de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il juge satisfait le critère d'évaluation prévu aux dispositions du d), 1°, I, de l'article L. 752-6 du code de commerce ;
- d'insuffisance de motivation en ce qu'il ne répond pas au moyen de défense qu'elle soulevait tiré de ce que la contribution prévue par la société pétitionnaire à un réaménagement rendu nécessaire par le projet était illégale ;
- d'insuffisance de motivation en ce qu'il se borne à juger que l'existence d'un coût excessif des réaménagements nécessaires au projet pour la collectivité ne permet pas à lui seul de fonder le refus d'autorisation litigieux, sans caractériser d'erreur d'appréciation de la CNAC ;
- d'erreur de droit en ce qu'il juge qu'il résulte des dispositions du f), 1°, I, de l'article R. 752-6 du code de commerce que le coût pour la collectivité doit être mis en balance avec les avantages, économiques ou autres, que cet aménagement procurera aux collectivités ;
- de dénaturation des pièces du dossier et d'erreur de droit en ce qu'elle retient que la CNAC n'a pas procédé à un tel bilan, alors que la présentation des avantages, pour les collectivités, des aménagements envisagés pour la desserte du projet, incombait à la pétitionnaire, qui n'avait pas, en l'espèce, intégré une telle présentation à sa demande ;
- d'insuffisance de motivation et d'erreur de droit en ce qu'il énumère un certain nombre d'éléments susceptibles d'affecter le paysage avant d'en déduire que c'est à tort que la CNAC a relevé que le projet impactera fortement le paysage ;
- de dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il juge que c'est à tort que la CNAC a relevé que le projet impactera fortement le paysage alors que les éléments au dossier démontraient un fort impact paysager.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la société Kymadis n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Kymadis.
Copie en sera adressée à la société Gamajo, à la commune de Gravelines, à la Commission nationale d'aménagement commercial, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, à la société Auchan Hypermarchés, à la société Bricomat Gravelinois, à la société Distrifolq et à la société Dundis.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026