mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 473504 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:473504.20240130 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | Z |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LE GUERER, BOUNIOL-BROCHIER |
Vu la procédure suivante :
Le Groupement d'intérêt économique (GIE) Inéo Rail a demandé au tribunal administratif de Lille de condamner le syndicat intercommunal de mobilité et d'organisation urbaine du Valenciennois (SIMOUV) à lui verser la somme de 1 194 559,50 euros HT au titre des travaux supplémentaires qu'il soutenait avoir réalisés dans le cadre d'un marché de travaux de construction d'une ligne de Tramway reliant les communes de Valenciennes et de Vieux-Condé. Par un jugement n° 1601357 du 16 février 2021, le tribunal administratif de Lille a condamné le SIMOUV à lui verser la somme de 100 228,39 euros TTC et a rejeté le surplus des conclusions du GIE Inéo Rail.
Par un arrêt n° 21DA00845 du 21 février 2023, la cour administrative d'appel de Douai a rejeté l'appel principal formé par le GIE Inéo Rail et l'appel incident formé par le SIMOUV contre ce jugement.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 avril et 21 juillet 2023 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le GIE Inéo Rail demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cet arrêt ;
2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;
3°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal de mobilité et d'organisation urbaine du Valenciennois la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 822-5-1 du code de justice administrative, l'avocat du GIE Inéo Rail a été informé le 4 octobre 2023 que la décision du Conseil d'Etat était susceptible d'être prise en application de l'article R. 822-5 du même code.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ". Selon l'article R. 822-5 du même code : " Lorsque le pourvoi est dirigé contre une décision rendue en appel, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas l'admettre s'il est manifestement dépourvu de fondement. " Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni audience publique.
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, le GIE Inéo Rail soutient que la cour administrative d'appel de Douai :
- a dénaturé les stipulations du contrat en considérant que les interventions nocturnes dont il demandait le paiement étaient prévues par le cahier des clauses administratives particulières ;
- a commis une erreur de droit en se fondant sur le motif tiré de ce que ces interventions avaient été rendues nécessaires par des fautes commises par d'autres intervenants à l'opération de construction, pour refuser de faire droit à sa demande de condamnation du maître d'ouvrage au paiement de ses interventions nocturnes ;
- a insuffisamment motivé son arrêt en rejetant sa demande de paiement du coût du changement d'implantation d'une armoire secondaire, sans répondre au moyen tiré de ce que ce changement avait été causé par une faute du maître de l'ouvrage dans la conception du marché, qui justifiait que soit retenue sa responsabilité contractuelle ;
- a dénaturé les stipulations contractuelles en rejetant ses demandes de paiement relatives à la mise à jour de la fiche interface des équipements de signalisation ferroviaire et de signalisation lumineuse tricolore au motif que cette prestation n'excédait pas le cadre de la mission qui lui incombait en exécution des articles 2.1.2 du cahier des clauses administratives particulières et 8 du cahier des clauses techniques particulières applicables au marché ;
- a dénaturé les stipulations contractuelles en rejetant la demande de paiement qu'il formait au titre des prestations relatives au matériel roulant, alors que celles-ci ne relevaient pas du lot dont elle était titulaire ;
- s'est méprise sur la portée de ses écritures en rejetant la demande de paiement de travaux supplémentaires résultant de la fourniture et du tirage des câbles et du câblage des connecteurs " non standards ", alors que sa demande portait sur des câbles " standards MR ".
3. Il est manifeste qu'aucun de ces moyens n'est fondé. Dès lors ce pourvoi, manifestement dépourvu de fondement au sens de l'article R. 822-5 du code de justice administrative, ne peut être admis.
O R D O N N E :
------------
Article 1er : Le pourvoi du GIE Inéo Rail n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée au GIE Inéo Rail.
Copie en sera adressée au syndicat intercommunal de mobilité et d'organisation urbaine du Valenciennois et à la société Ingerop Conseil et Ingénierie.
Fait à Paris, le 30 janvier 2024.
Signé : O. Japiot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :
N. Pelat
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026