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AccueilJurisprudence administrativeN° 489898

Conseil d'État — Décision N° 489898

vendredi 15 mars 2024

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier489898
ECLIECLI:FR:CECHS:2024:489898.20240315
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP GASCHIGNARD, LOISEAU, MASSIGNON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Mme B A a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Nantes d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 5 septembre 2023 par laquelle l'autorité consulaire française à Cotonou (Bénin) a refusé de lui délivrer un visa de long séjour pour études.

Par une ordonnance n° 2315808 du 31 octobre 2023, la juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande.

Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et deux nouveaux mémoires, enregistrés les 4 et 19 décembre 2023 et 17 janvier et 5 février 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme A demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cette ordonnance ;

2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. François Lelièvre, maître des requêtes,

- les conclusions de M. Marc Pichon de Vendeuil, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Gaschignard, Loiseau, Massignon, avocat de Mme A ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Si la décision implicite ou explicite statuant sur le recours administratif préalable obligatoire intervient après que le juge des référés a statué sur la demande de suspension de la décision initiale, à laquelle elle se substitue, et avant l'introduction d'un pourvoi en cassation formé contre l'ordonnance du juge des référés, les conclusions de ce pourvoi sont dépourvues d'objet et ne sont, par suite, pas recevables.

3. Il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que Mme A a formé, le 2 octobre 2023, un recours administratif, qui était obligatoire en vertu de l'article D. 312-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à l'encontre du refus de visa de long séjour qui lui a été opposé le 5 septembre 2023. Une décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur ce recours est ainsi née le 2 décembre 2023. Par suite, les conclusions du pourvoi de Mme A, enregistré le 4 décembre 2023 au secrétariat de la section du contentieux, tendant à l'annulation de l'ordonnance du 31 octobre 2023 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Nantes a rejeté sa demande de suspension de l'exécution de la décision du 5 septembre 2023, sont dépourvues d'objet et donc irrecevables. Il n'y a dès lors pas lieu d'admettre ce pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de Mme A n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

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