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AccueilJurisprudence administrativeN° 490217

Conseil d'État — Décision N° 490217

mercredi 5 juin 2024

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier490217
ECLIECLI:FR:CECHS:2024:490217.20240605
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre jugeant seule
Avocat requérantCABINET FRANÇOIS PINET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La société Salsedo et Cie a demandé au tribunal administratif de Toulon d'annuler ou, à titre subsidiaire, de résilier la concession de service public pour l'exploitation des sous-traités d'exploitation de la plage de Pampelonne, à tout le moins les lots G3d et G4d - secteur Bonne, attribués par la commune de Ramatuelle respectivement à la société Les Bronzés et à la société CB, par contrats conclus le 19 octobre 2018, et de condamner la commune de Ramatuelle à lui verser la somme totale de 39 025 785 euros assortie des intérêts capitalisés en réparation du préjudice résultant de son éviction illégale du lot G4d, et, à titre subsidiaire, du lot G3d. Par un jugement n° 1803971 du 10 décembre 2020, le tribunal administratif de Toulon a rejeté cette demande.

Par un arrêt n° 21MA00546 du 16 octobre 2023, la cour administrative d'appel de Marseille a rejeté l'appel formé par la société Salsedo et Cie contre ce jugement.

Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 18 décembre 2023, 15 mars et 15 avril 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Salsedo et Cie demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler les articles 2 et 3 de cet arrêt ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Ramatuelle, de la société Indie Beach House, anciennement dénommée " Les bronzés ", et de la société CB la somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'ordonnance n° 2016-65 du 29 janvier 2016 ;

- le décret n° 2016-86 du 1er février 2016 ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Hervé Cassara, maître des requêtes,

- les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, avocat de la société Salsedo et Cie ;

Vu la note en délibéré, enregistrée le 16 mai 2024, présentée par la société Salsedo et Cie ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elle attaque, la société Salsedo et Cie soutient que la cour administrative d'appel de Marseille a :

- commis une erreur de droit en subordonnant la recevabilité de ses conclusions tendant à l'annulation ou à la résiliation de tous les sous-traités d'exploitation de la plage de Pampelonne à l'identification des contrats concernés et de leurs attributaires ;

- méconnu la portée de ses conclusions en jugeant que les lots de sous-concession et leurs attributaires n'étaient pas identifiés ;

- commis une erreur de droit en jugeant que les conclusions dirigées contre l'ensemble des lots de sous-concession étaient irrecevables au motif qu'il ressortait du dossier de première instance que seules les sous-concessions relatives aux lots G3d et G4d étaient contestées ;

- méconnu la portée de ses écritures en jugeant qu'elle contestait uniquement, en première instance, les sous-concessions relatives aux lots G3d et G4d, alors qu'elle avait soutenu devant les premiers juges qu'en interdisant aux candidats de présenter une offre pour plus de deux lots, le règlement de la consultation portait atteinte à l'égalité de traitement entre les candidats ;

- entaché son arrêt d'une contradiction de motifs en jugeant, d'une part, qu'elle ne contestait pas les sous-concessions relatives aux lots G3d et G4d et, d'autre part, qu'elle ne pouvait utilement se prévaloir de ce qu'elle aurait été empêchée de soumissionner aux autres lots dès lors que cette circonstance était sans rapport direct avec son éviction des lots G3d et G4d ;

- commis une erreur de droit en écartant comme inopérant le moyen tiré de la durée excessive des sous-concessions, au motif que ce moyen était sans lien avec son éviction ;

- commis une erreur de droit en subordonnant l'opérance du moyen tiré de la durée excessive des sous-concessions de plage à la démonstration que ce vice l'aurait privée de l'accès à ces sous-concessions ;

- inexactement qualifié les faits de l'espèce en jugeant que le vice tiré de la durée excessive du contrat n'était pas en rapport direct avec son éviction, alors qu'en son absence, elle aurait pu présenter une meilleure offre ;

- méconnu son office et ainsi commis une erreur de droit en écartant le moyen tiré de la méconnaissance du règlement de la consultation sur le nombre de candidatures par lot, sans faire usage, au préalable, de ses pouvoirs d'instruction ;

- commis une erreur de droit et dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier en jugeant que les liens entre les sociétés attributaires des lots C1, C2, C4, E1 et G3d n'étaient pas suffisants pour justifier qu'elles soient regardées comme un seul candidat.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de la société Salsedo et Cie n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société Salsedo et Cie.

Copie en sera adressée à la commune de Ramatuelle, à la société Indie Beach House et à la société CB.

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