mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 492524 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:492524.20240528 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP CELICE, TEXIDOR, PERIER |
Vu les procédures suivantes :
Par une décision du 18 octobre 2021, la chambre de discipline du conseil régional de l'ordre des pharmaciens d'Ile-de-France, statuant sur une plainte de l'agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France, a infligé à M. C A, pharmacien d'officine à Savigny-sur-Orge (Essonne), la sanction de l'interdiction d'exercer la pharmacie pendant une durée d'un an, dont six mois assortis du sursis.
Par une décision n° AD/04908-2 du 12 janvier 2024, la chambre de discipline du Conseil national de l'ordre des pharmaciens a, d'une part, rejeté l'appel formé par M. A contre cette décision et, d'autre part, décidé que la partie ferme de la sanction sera exécutée entre le 1er mai et le 31 octobre 2024 inclus.
1° Sous le n° 492524, par un pourvoi et deux mémoires, enregistrés les 12 mars, 3 et 7 mai 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'ARS d'Ile-de-France la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
2° Sous le n° 492837 par une requête, un mémoire en réplique et un nouveau mémoire, enregistrés les 22 mars, 3 et 7 mai 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. A demande au Conseil d'Etat d'ordonner, sur le fondement de l'article R. 821-5 du code de justice administrative, qu'il soit sursis à l'exécution de la décision du 12 janvier 2024 de la chambre de discipline du Conseil national de l'ordre des pharmaciens.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Christophe Barthélemy, conseiller d'Etat en service extraordinaire,
- les conclusions de M. Maxime Boutron, rapporteur public.
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Le Prado - Gilbert, avocat de M. A et à la SCP Célice, Texidor, Perier, avocat du Conseil national de l'ordre des pharmaciens.
Considérant ce qui suit :
1. Le pourvoi et la requête susvisés sont dirigés contre la même décision de la chambre de discipline du Conseil national de l'ordre des pharmaciens. Il y a lieu de les joindre pour statuer par une seule décision.
Sur l'admission du pourvoi :
2. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
3. Pour demander l'annulation de la décision qu'il attaque, M. A soutient que cette décision :
- est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle écarte le moyen tiré de la méconnaissance du principe du caractère contradictoire de la procédure en première instance sans rechercher si cette insuffisance n'a pas porté une atteinte irrémédiable aux droits de la défense et compromis définitivement la possibilité pour lui de bénéficier d'un procès conforme aux exigences résultant des stipulations de l'article 6, paragraphe 1, de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- a été rendue au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été informé de son droit de se taire avant de comparaître à l'audience ;
- est insuffisamment motivée en se bornant à énoncer que ses explications sont impropres à justifier l'ensemble des écarts entre les entrées et les sorties constatés par les inspecteurs assermentés ;
- dénature les faits et pièces du dossier et est entachée d'erreur de qualification juridique des faits en ce qu'elle retient que les ordonnances qu'il a versées au dossier ne permettent pas d'établir formellement la spécialité du médecin prescripteur et ainsi de s'assurer de son habilitation à prescrire les spécialités en cause ;
- dénature les faits et pièces du dossier en ce qu'elle énonce qu'il a indiqué avoir pris des mesures correctives en souscrivant des contrats de sous-traitance relatifs à des préparations magistrales, et ainsi reconnu les faits qui lui sont reprochés, alors qu'il a produit des contrats signés antérieurement à l'inspection conduite par l'agence régionale de santé d'Ile-de-France et qu'il conteste ce manquement ;
- inflige une sanction hors de proportion avec la gravité des faits retenus à son encontre.
4. Ces moyens sont de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Sur la requête à fin de sursis à exécution :
5. Aux termes de l'article R. 821-5 du code de justice administrative : " La formation de jugement peut, à la demande de l'auteur du pourvoi, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution d'une décision juridictionnelle rendue en dernier ressort si cette décision risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens invoqués paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation de la décision juridictionnelle rendue en dernier ressort, l'infirmation de la solution retenue par les juges du fond. () "
6. D'une part, la décision attaquée prononce à l'encontre de M. A la sanction de l'interdiction d'exercer la pharmacie pour une durée d'un an, dont six mois assortis du sursis, la partie ferme de cette sanction devant s'exécuter entre le 1er mai et le 31 octobre 2024. L'exécution de cette décision risque, en le privant de ses revenus professionnels, d'entraîner pour lui des conséquences difficilement réparables.
7. D'autre part, le moyen soulevé par M. A à l'encontre de la décision attaquée pris de ce qu'elle a été rendue au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été informé de son droit de se taire avant de comparaître à l'audience apparaît, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier, outre l'annulation de la décision juridictionnelle rendue en dernier ressort, l'infirmation de la solution retenue par les juges du fond.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de la décision du 12 janvier 2024 de la chambre de discipline du Conseil national de l'ordre des pharmaciens.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi n° 492524 de M. A est admis.
Article 2 : Jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le pourvoi n° 492524 de M. A tendant à l'annulation de la décision du 12 janvier 2024 de la chambre de discipline du Conseil national de l'ordre des pharmaciens, il est sursis à l'exécution de cette décision.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. C A et au Conseil national de l'ordre des pharmaciens.
Copie en sera adressée à l'agence régionale de santé d'Ile-de-France.
Délibéré à l'issue de la séance du 16 mai 2024 où siégeaient : M. Alain Seban, assesseur, présidant ; Mme Fabienne Lambolez, conseillère d'Etat et M. Christophe Barthélemy, conseiller d'Etat en service extraordinaire-rapporteur.
Rendu le 28 mai 2024.
Le président :
Signé : M. Alain Seban
Le rapporteur :
Signé : M. Christophe Barthélemy
Le secrétaire :
Signé : M. Bernard Longieras
N°s 492524, 492837VJ53DWD0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026