LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° 500631

Conseil d'État — Décision N° 500631

vendredi 13 mars 2026

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier500631
ECLIECLI:FR:CECHR:2026:500631.20260313
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème et 5ème chambres réunies
Avocat requérantSELAS FROGER & ZAJDELA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête sommaire, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 16 janvier, 17 avril et 13 février 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, M. B... A... demande au Conseil d'Etat :

1°) d’annuler pour excès de pouvoir la décision du 16 novembre 2024, notifiée le 2 décembre, par laquelle le procureur général près la cour d'appel d'Aix-en-Provence a prononcé un avertissement à son encontre ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.



Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la Constitution ;
- l’ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 ;
- le code de justice administrative ;



Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de Mme Nathalie Destais, conseillère d'Etat,


- les conclusions de Mme Amélie Fort-Besnard, rapporteure publique ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger et Zajdela, avocat de M. A... ;





Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article 43 de l’ordonnance du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature : « Tout manquement par un magistrat (…) à la loyauté, à la conscience professionnelle (…) ou aux devoirs de son état constitue une faute disciplinaire. / (…) / La faute s'apprécie pour un membre du parquet (…) compte tenu des obligations qui découlent de sa subordination hiérarchique ». Si l’article 45 de cette ordonnance définit les sanctions disciplinaires applicables aux magistrats, son article 44 dispose que : « En dehors de toute action disciplinaire, (…) les procureurs généraux et les directeurs ou chefs de service à l'administration centrale ont le pouvoir de donner un avertissement aux magistrats placés sous leur autorité. / Le magistrat à l'encontre duquel il est envisagé de délivrer un avertissement est convoqué à un entretien préalable. Dès sa convocation à cet entretien, le magistrat a droit à la communication de son dossier et des pièces justifiant la mise en œuvre de cette procédure. Il est informé de son droit de se faire assister de la personne de son choix. / (…) / L'avertissement est effacé automatiquement du dossier au bout de cinq ans si aucun nouvel avertissement ou aucune sanction disciplinaire n'est intervenu pendant cette période ». S’agissant plus spécifiquement de la discipline des magistrats du parquet, l’article 59 de la même ordonnance prévoit que : « Aucune sanction contre un magistrat du parquet ne peut être prononcée sans l'avis de la formation compétente du Conseil supérieur de la magistrature ».

2. Il ressort des pièces du dossier que M. A..., procureur de la République adjoint près le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, a fait l’objet d’un avertissement, prononcé le 16 novembre 2024 par le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence, en application des dispositions précédemment citées de l’article 44 de l’ordonnance du 22 décembre 1958, au motif de manquements répétés et, pour certains, d’une particulière gravité, à son obligation de diligence s’agissant de l’information due au parquet général.

3. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que l’avertissement prononcé à l’encontre de M. A... reposerait de manière déterminante sur les propos qu’il a tenus, alors qu’il était assisté de son conseil, au cours de son audition le 5 novembre 2024 par le procureur général près la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Par suite, le moyen tiré de ce qu’aurait été méconnue, lors du recueil des explications de l’intéressé concernant les faits qui lui étaient reprochés, l’obligation de lui notifier le droit de se taire doit, en tout état de cause, être écarté.

4. En deuxième lieu, la décision attaquée décrit, de façon précise, les comportements qui ont justifié l’avertissement qui a été adressé à M. A.... Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée doit, par suite, être écarté.

5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A..., alors procureur de la République adjoint près le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence, a, lors de sa permanence du 26 février 2024, omis de rendre compte immédiatement au parquet général d’une tentative d’homicide volontaire commise au centre de détention d’Aix-Luynes à l’encontre d’un accusé en cours de comparution devant une cour d’assises et, lors de sa permanence du 25 juillet 2024, omis de rendre compte immédiatement au parquet général d’une agression commise sur une surveillante pénitentiaire alors qu’elle regagnait son domicile à l’issue de son service dans ce même établissement. Il ressort également des pièces du dossier que, dans un contexte sensible marqué par l’agression subie peu de temps auparavant par des personnels pénitentiaires lors de l’extraction d’un détenu, la remontée très rapide d’informations au parquet général sur les agressions commises en milieu carcéral ou les violences visant les personnels pénitentiaires présentait une importance particulière et qu’un rappel de la nécessité d’informer avec diligence le parquet général, conformément aux instructions du procureur général, avait été adressé à M. A... par sa hiérarchie après le premier incident. Il ressort enfin des pièces du dossier que le rapport établi le 1er octobre 2024 par le procureur de la République près le tribunal judiciaire d’Aix-en-Provence sur la manière de servir de l’intéressé faisait état de sa loyauté et de son fort investissement dans l’accomplissement de ses obligations juridictionnelles mais aussi de retards épisodiques dans l’information de sa hiérarchie sur certaines affaires de flagrant délit devant être particulièrement suivies et dans les réponses apportées aux demandes du parquet général sur certaines affaires en cours. Il résulte de ce qui précède que, si le requérant fait valoir le caractère particulièrement exigeant des permanences qu’il assurait et sa transmission, dès le lendemain, des informations requises sur les deux agressions en cause, il n’est pas fondé à soutenir, alors qu’il était soumis à une obligation de diligence dans l’information du parquet général, que la décision attaquée ne reposerait pas sur des motifs de nature à la justifier légalement.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation pour excès de pouvoir de la décision qu’il attaque. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.







D E C I D E :
--------------

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B... A... et au garde des sceaux, ministre de la justice.


Délibéré à l'issue de la séance du 18 février 2026 où siégeaient : M. Jacques-Henri Stahl, président adjoint de la section du contentieux, présidant ; Mme Isabelle de Silva, M. Jean-Philippe Mochon, présidents de chambre ; Mme Laurence Helmlinger, M. Jérôme Marchand-Arvier, M. Stéphane Hoynck, M. Christophe Pourreau, Mme Cécile Isidoro, conseillers d'Etat et Mme Nathalie Destais, conseillère d'Etat-rapporteure.

Rendu le 13 mars 2026.



Le président :
Signé : M. Jacques-Henri Stahl


La rapporteure :
Signé : Mme Nathalie Destais

La secrétaire :
Signé : Mme Marie-Adeline Allain





Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions