Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Mme A... B... a demandé au tribunal administratif de la Guyane d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 11 janvier 2021 par lequel le maire de Remire-Montjoly (Guyane) a accordé un permis de construire à la société civile immobilière (SCI) Fort Diamant Uptown sur une parcelle située route des plages, ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux présenté le 9 mars 2021. Par un jugement n° 2100927 du 3 mars 2022, le tribunal administratif de la Guyane a rejeté sa demande.
Après avoir, par un premier arrêt n° 22BX01524 du 11 janvier 2024, sur le fondement des dispositions de l’article L. 600-5-1 du code de l’urbanisme, sursis à statuer sur la requête d’appel de Mme B... jusqu’à l’expiration d’un délai de quatre mois, à compter de la notification de son arrêt, imparti à la SCI Fort Diamant Uptown pour lui notifier un permis de construire régularisant les illégalités tirées de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 121-49 du code de l’urbanisme et des articles UD 9 et UD 13 du règlement du plan local d’urbanisme de la commune de Remire-Montjoly, la cour administrative d’appel de Bordeaux, statuant par un second arrêt n° 22BX01524 du 13 mars 2025 sur les conclusions de Mme B..., tendant en outre à l’annulation du permis de régularisation délivré le 16 mai 2024 à la SCI Fort Diamant Uptown, a annulé le jugement du tribunal administratif de la Guyane du 3 mars 2022, ainsi que l’arrêté du 11 janvier 2021 accordant un permis de construire à la SCI, la décision implicite rejetant le recours gracieux de Mme B... et l’arrêté du 16 mai 2024 accordant un permis de régularisation à la SCI.
Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 juin et 12 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, la SCI Fort Diamant Uptown demande au Conseil d’Etat :
1°) d’annuler ces deux arrêts ;
2°) réglant l’affaire au fond, de rejeter l’appel formé par Mme B... ;
3°) de mettre à la charge de Mme B... la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et du logement ;
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Philippe Bachschmidt, maître des requêtes ;
- les conclusions de Mme Charline Nicolas, rapporteure publique ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SELAS Froger & Zajdela, avocat de la SCI Fort Diamant Uptown ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 822-1 du code de justice administrative : « Le pourvoi en cassation devant le Conseil d’Etat fait l’objet d’une procédure préalable d’admission. L’admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n’est fondé sur aucun moyen sérieux ».
2. En premier lieu, pour demander l’annulation du premier arrêt de la cour administrative d’appel de Bordeaux qu’elle attaque, la SCI Fort Diamant Uptown soutient qu’il est entaché :
- d’erreur de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il juge que les articles L. 121-46 et L. 121-47 du code de l’urbanisme ne sont pas applicables en l’espèce au motif que le projet est implanté dans une zone caractérisée par une urbanisation diffuse, et en considérant que la circonstance que la parcelle appartienne à un secteur identifié comme espace urbanisé sur la carte du schéma de mise en valeur de la mer de la Guyane est sans incidence ;
- de dénaturation des faits et des pièces du dossier en ce qu’il retient, pour l’application de l’article L. 121-49 du code de l’urbanisme, que le projet ne peut être regardé comme étant situé à proximité des parties urbanisées de la commune ;
- d’erreurs de droit et de dénaturation des pièces du dossier en ce qu’il considère que le permis de construire méconnaît l’article UD 9 du règlement du plan local d’urbanisme relatif à la hauteur des constructions, alors que, en premier lieu, le projet faisant moins de 9 mètres de haut, la seule méconnaissance du nombre de niveaux ne suffit à constituer une telle violation, et, alors que, en second lieu, le rez-de-chaussée semi enterré qui se situe entièrement au-dessous du terrain naturel ne doit pas être pris en compte ;
- d’erreur de droit en ce qu’il considère que le projet méconnaît l’article UD 13 du règlement du plan local d’urbanisme relatif aux obligations en matière de performance énergétique environnementale, alors que, en premier lieu, ces dispositions ne sont opposables qu’aux constructions et ne sont donc pas opposables en matière d’urbanisme, en deuxième lieu, qu’elles imposent, en tout état de cause, seulement que l’autorisation d’urbanisme soit en cohérence avec la réglementation thermique, en troisième lieu, qu’il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet n’est pas en cohérence avec ces dispositions et, en dernier lieu, qu’il ne peut lui être reproché de n’avoir pas assorti sa demande d’éléments permettant de justifier la conformité du projet à ces dispositions alors que sa demande est réputée complète.
3. En second lieu, la SCI Fort Diamant Uptown soutient que le second arrêt doit être annulé par voie de conséquence de l’annulation du premier et, en tout état de cause, qu’il est entaché :
- d’erreur de droit en ce qu’il juge que le vice tiré de l’absence de conformité du projet à l’article L. 121-49 du code de l’urbanisme n’a pas été régularisé par le permis de construire modificatif ;
- d’erreur de droit et de dénaturation des faits et des pièces du dossier en ce qu’il considère que le permis modificatif n’a pas régularisé le vice tiré de la violation de l’article UD 9 du règlement du plan local d’urbanisme retenu dans l’arrêt du 11 janvier 2024 ;
- d’erreur de droit en ce qu’il juge qu’il ne ressort pas davantage de la demande de permis de régularisation que le projet aurait été conçu dans le respect des dispositions de l’article UD 13 du règlement du plan local d’urbanisme.
4. Aucun de ces moyens n’est de nature à permettre l’admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi de la SCI Fort Diamant Uptown n’est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à la SCI Fort Diamant Uptown.
Copie en sera adressée à Mme A... B... et à la commune de Remire-Montjoly.
Délibéré à l'issue de la séance du 5 février 2026 où siégeaient : M. Bertrand Dacosta, président de chambre, présidant ; M. Olivier Yeznikian, conseiller d'Etat et M. Philippe Bachschmidt, maître des requêtes.
Rendu le 20 mars 2026.
Le président :
Signé : M. Bertrand Dacosta
Le rapporteur :
Signé : M. Philippe Bachschmidt
La secrétaire :
Signé : Mme Marie-Léandre Monnerville