LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° 507097

Conseil d'État — Décision N° 507097

jeudi 19 mars 2026

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier507097
ECLIECLI:FR:CECHS:2026:507097.20260319
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSCP MARLANGE, DE LA BURGADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

M. A... B... a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Paris, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de l’arrêté du 15 mai 2025 par lequel le ministre de l’intérieur l’a assigné à résidence pendant une durée de six mois. Par une ordonnance n° 2517716/4-3 du 11 juillet 2025, le juge des référés du tribunal administratif a constaté qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de l’exécution de cet arrêté.

Par un pourvoi et un nouveau mémoire, enregistrés les 8 août et 3 septembre 2025 au secrétariat du contentieux du Conseil d’Etat, M. B... demande au Conseil d’Etat :

1°) d’annuler cette ordonnance ;

2°) statuant en référé, de faire droit à ses demandes, ou, à tout le moins de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros au profit de Me De Sa Pallix par application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au profit de son avocat, la SCP Marlange-de la Burgade, au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;




Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Julien Eche, maître des requêtes,

- les conclusions de Mme Dorothée Pradines, rapporteure publique,

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Marlange, de La Burgade, avocat de M. B... ;






Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».

2. Il ressort des pièces du dossier soumis au juge des référés du tribunal administratif de Paris que, par arrêté du 15 mai 2025, le ministre de l’intérieur a astreint M. B... à résider, pour une durée de six mois, dans le département des Hautes-Alpes, dans les limites de la commune de Laragne-Montgélin. M. B... se pourvoit en cassation contre l’ordonnance du 11 juillet 2025 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Paris, après l’avoir admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, a prononcé un non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin de suspension et rejeté le surplus des conclusions de sa demande.

3. Aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : « L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence ». Aux termes du premier alinéa de l'article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ». L'article L. 522-3 de ce code précise qu’il peut se prononcer sans audience ni instruction lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou qu'il est manifeste qu’elle est irrecevable ou mal fondée. Aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-8 du même code : « L'instruction est close à l'issue de l'audience, à moins que le juge des référés ne décide de différer la clôture de l'instruction à une date postérieure dont il avise les parties par tous moyens. Dans ce dernier cas, les productions complémentaires déposées après l'audience et avant la clôture de l'instruction peuvent être adressées directement aux autres parties, sous réserve, pour la partie qui y procède, d'apporter au juge la preuve de ses diligences ». Il résulte de ces dispositions qu’obligation est faite au juge des référés, hors le cas où il est fait application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, de communiquer aux parties avant la clôture de l’instruction, par tous moyens les mettant à même d’y répondre, le cas échéant, en temps utile, les pièces et mémoires soumis au débat contradictoire qui servent de fondement à sa décision, y compris lorsqu’il statue sur une exception de non-lieu opposée par l’une des parties, et qui comportent des éléments de fait ou de droit dont il n’a pas été antérieurement fait état au cours de la procédure.

4. Il ressort des pièces de la procédure devant le juge de référés qu’après la clôture de l’instruction, intervenue à l’issue de l’audience du 8 juillet 2025, le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur, a présenté une note en délibéré, par laquelle il concluait au non-lieu à statuer, à l’appui de laquelle il produisait une décision du 2 juillet 2025 ayant abrogé l’arrêté litigieux. En se fondant sur cette pièce pour prononcer un non-lieu à statuer, sans l’avoir, au préalable, communiquée à M. B... en rouvrant l’instruction, le juge des référés du tribunal administratif de Paris a méconnu le caractère contradictoire de la procédure.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens du pourvoi, M. B... est fondé à demander l’annulation de l’ordonnance qu’il attaque.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de régler l’affaire au titre de la procédure de référé engagée par M. B... en application des dispositions de l’article L. 821-2 du code de justice administrative.

7. Il résulte des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête en référé, le ministre d’Etat, ministre de l’intérieur a procédé, par une décision du 2 juillet 2025, à l’abrogation de l’arrêté attaqué du 25 mai 2025. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de l’exécution de cet arrêté sont devenues sans objet.

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, faire application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros à verser à la SCP Marlange-de la Burgade, sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me De Sa-Pallix au titre de la première instance sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu’il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.




D E C I D E :
--------------

Article 1er : L’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Paris du 11 juillet 2025 est annulée.

Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension de l’arrêté du 15 mai 2025 portant assignation à résidence de M. B....

Article 3 : L’Etat versera à Me de Sa-Pallix une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cet avocat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État à l’aide juridictionnelle.

Article 4 : L’Etat versera à la SCP Marlange-de La Burgade, une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette société renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.

Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.



Délibéré à l'issue de la séance du 19 février 2026 où siégeaient : M. Jean-Yves Ollier, conseiller d'Etat, présidant ; M. Jérôme Goldenberg, conseiller d’Etat en service extraordinaire et M. Julien Eche, maître des requêtes-rapporteur.

Rendu le 19 mars 2026.


Le président :
Signé : M. Jean-Yves Ollier


Le rapporteur :
Signé : M. Julien Eche

Le secrétaire :
Signé : M. Guillaume Auge


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions