LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-1801854

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-1801854

mardi 6 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-1801854
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSELAS STIFANI - FENOUD- BECHTOLD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 avril 2018, le 4 janvier 2021 et le 27 mai 2021, l'association Dental Access demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 5 avril 2018 de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur portant suspension immédiate totale de l'activité du centre dentaire Dental Access situé au n° 13 rue des Serbes à Cannes ;

2°) de prononcer la nullité de la mission d'inspection formalisée par la lettre de mission du 30 mars 2018 ;

3°) de prononcer la nullité des opérations d'inspection diligentées le 30 mars 2018.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée de vices de procédure tirés de la violation de l'article L. 1421-1 du code de la santé publique en ce que la mission d'inspection était irrégulièrement composée et de la violation de l'article 6 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce que la mission d'inspection n'a pas été menée dans des conditions d'objectivité et d'impartialité ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2019, le directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 29 septembre 2021, le conseil départemental de l'ordre des chirurgiens-dentistes des Alpes-Maritimes conclut, en qualité d'observateur, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet.

Par un mémoire enregistré le 17 novembre 2021, M. B D, liquidateur judiciaire de l'association Dental Access, indique ne pas produire d'observations et laisser l'association Dental Access faire valoir ses prétentions.

Par un courrier en date du 19 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à prononcer la nullité de la mission d'inspection formalisée par la lettre de mission du 30 mars 2018 et à la nullité des opérations d'inspection diligentées le 30 mars 2018, dès lors qu'elles ne sont pas dirigées contre une décision administrative faisant grief.

Par ordonnance du 7 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 19 novembre 2021.

Un mémoire pour l'association Dental Access a été enregistré le 19 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Duroux, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 13 janvier 2018, une patiente atteinte de parodontite se rend au centre de santé dentaire Dental Access à Cannes afin d'y recevoir des soins consistant à l'extraction de 17 dents et à la pose de 14 implants. Au cours de l'intervention, la patiente a convulsé et a été admise aux services des urgences du centre hospitalier de Cannes. Le 24 mars 2018, la patiente se présente à nouveau au centre Dental Access pour y recevoir les soins d'implantologie prévus. Au cours de ces soins, la patiente est victime d'un arrêt cardio-respiratoire. Elle est admise une nouvelle fois au centre hospitalier de Cannes au sein duquel elle décède le 26 mars 2018. Le 29 mars 2018, l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur est informée de ce décès sur signalement du président du conseil départemental de l'ordre des chirurgiens-dentistes des Alpes-Maritimes. Après avoir diligenté une mission d'inspection, l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur décide, le 5 avril 2018, de suspendre en totalité l'activité du centre de santé dentaire Dental Access avec effet immédiat et de le mettre en demeure de remédier aux manquements constatés dans un délai de 8 jours. Par la présente requête, l'association Dental Access demande au tribunal d'annuler la décision du 5 avril 2018.

Sur l'irrecevabilité des conclusions tendant au prononcé de la nullité de la mission d'inspection formalisée par la lettre de mission du 30 mars 2018 et des opérations d'inspection diligentées le 30 mars 2018 :

2. Il ressort des pièces du dossier que les conclusions tendant à prononcer la nullité de la mission d'inspection formalisée par la lettre de mission du 30 mars 2018 et à la nullité des opérations d'inspection diligentées le 30 mars 2018 ne sont pas dirigées contre une décision administrative faisant grief. Par suite, elles sont irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 5 avril 2018 :

En ce qui concerne la légalité externe :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 1421-1 du code de la santé publique : " Les pharmaciens inspecteurs de santé publique, les médecins inspecteurs de santé publique, les inspecteurs de l'action sanitaire et sociale, les ingénieurs du génie sanitaire, les ingénieurs d'études sanitaires et les techniciens sanitaires contrôlent, dans le cadre de leurs compétences respectives, l'application des dispositions du présent code et, sauf dispositions spéciales contraires, des autres dispositions législatives et réglementaires relatives à la santé publique. / Ils peuvent recourir à toute personne qualifiée, désignée par l'autorité administrative dont ils dépendent. Cette personne peut les accompagner lors de leurs contrôles. Elle peut prendre connaissance de tout document ou élément nécessaires à la réalisation de sa mission ou de son expertise, y compris les données de nature médicale si ladite personne a la qualité de médecin ou de pharmacien, dans les conditions prévues à l'article L. 1421-3. / Ils peuvent procéder à des inspections conjointes avec des agents appartenant à d'autres services de l'Etat et de ses établissements publics. Lorsque ces personnes qualifiées ou ces agents sont des professionnels de santé, ils ne peuvent être traduits, pour des faits relevant de leur contribution à ces missions d'inspection, devant la juridiction disciplinaire de l'ordre dont ils relèvent, que par le ministre chargé de la santé, le procureur de la République ou le directeur général de l'agence régionale de santé. / Pour l'accomplissement de missions confiées par le ministre chargé de la santé, les membres de l'inspection générale des affaires sociales peuvent effectuer des contrôles en application du présent article. ".

4. Il ressort des pièces du dossier que par une lettre de mission du 30 mars 2018, le directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a nommé les docteurs Pol-Henri Guivarch et Bruno Giunta pour mener une mission d'inspection au sein du centre de santé dentaire Dental Access tout en précisant que " les services de l'ordre départemental des chirurgiens-dentistes pourront être associés à ce contrôle. L'équipe d'inspection pourra également, en cas de besoin, bénéficier de l'appui technique d'autres personnels de l'ARS, ainsi que de personnes qualifiées au titre de leurs compétences techniques, à titre d'expert ", conformément à l'article L. 1421-1 du code de la santé publique précité. A ce titre, il ressort du rapport d'inspection du 5 avril 2018 que le docteur C Comte, chirurgien-dentiste, président du conseil départemental de l'ordre et le professeur A E, anesthésiste-réanimateur, chef du pôle anesthésie-réanimation-urgence du centre hospitalier universitaire de Nice, ont accompagné, en qualité de personnalités qualifiées, les docteurs Guivarch et Giunta. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'association requérante, le docteur Comte et le professeur E ne sont pas intervenus en qualité de membres de la mission d'inspection mais en qualité d'experts qualifiés. Dans ces conditions, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure tiré de l'irrégularité de la composition de la mission d'inspection.

5. D'autre part, l'association Dental Access ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article 6 paragraphe 1 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que la décision attaquée n'a pas été prise dans le cadre d'une procédure civile ou pénale. En tout état de cause, elle n'est pas fondée à soutenir que la désignation du président de l'ordre départemental des chirurgiens-dentistes en qualité d'expert constitue un manquement à l'exigence d'impartialité dès lors que ce dernier n'a pas participé à la rédaction du rapport d'inspection, lequel a été réalisé par les deux médecins inspecteurs de santé publique, et que les procédures disciplinaires engagées par l'ordre départemental des chirurgiens-dentistes sont indépendantes de la mission diligentée par l'agence régionale de santé. Par suite, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure tiré de la violation de l'article 6 § 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du non-respect des principes d'objectivité et d'impartialité.

En ce qui concerne la légalité interne :

6. Aux termes de l'article L. 1413-14 du code de santé publique : " Tout professionnel de santé, établissement de santé ou établissement et service médico-social ayant constaté soit une infection associée aux soins, dont une infection nosocomiale, soit tout événement indésirable grave associé à des soins, dans le cadre de soins réalisés lors d'investigations, de traitements, d'actes médicaux y compris à visée esthétique ou d'actions de prévention en fait la déclaration au directeur général de l'agence régionale de santé. () ". Aux termes de l'article R. 1413-67 du même code : " Un événement indésirable grave associé à des soins réalisés lors d'investigations, de traitements, d'actes médicaux à visée esthétique ou d'actions de prévention est un événement inattendu au regard de l'état de santé et de la pathologie de la personne et dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital, la survenue probable d'un déficit fonctionnel permanent y compris une anomalie ou une malformation congénitale. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le décès de la patiente survenu le 26 mars 2018 est associé à des soins réalisés au sein du centre de santé dentaire Dental Access au cours desquels elle a fait un arrêt cardiaque. Ce décès, qualifié d'évènement indésirable grave, aurait dû être déclaré au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur, conformément aux dispositions précitées du code de la santé publique. Or, il est constant que le centre de santé dentaire Dental Access n'a pas respecté cette obligation de déclaration. La circonstance, au demeurant non établie, que l'association Dentall Access ne connaissait pas en toute bonne foi cette obligation, est sans incidence sur la méconnaissance des dispositions précitées du code de la santé publique. Il ressort également des pièces du dossier que l'association requérante ne conteste pas que la totalité des pièces demandées dans le cadre de l'inspection réalisée le 30 mars 2018 n'a pas été communiquée à cette occasion ni ultérieurement. En outre, il ressort des pièces du dossier que les soins d'implantologie prévus sur la patiente décédée le 26 mars 2018 étaient particulièrement lourds alors même que celle-ci était âgée de 75 ans et qu'elle avait préalablement été victime de convulsions lors de la précédente intervention le 13 janvier 2018 au sein du même centre de santé dentaire Dentall Access. Dans ces circonstances, c'est sans erreur manifeste d'appréciation ni erreur de droit que l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a décidé de suspendre en totalité l'activé du centre de santé dentaire Dentall Access.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 5 avril 2018 doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'association Dental Access est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Dental Access, à Me Garnier et à Me D, mandataires judiciaires de l'association Dental Access, au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur et au conseil départemental de l'ordre des chirurgiens-dentistes des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 15 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Pascal, président,

Mme Duroux, conseillère,

Mme Chaumont, conseillère,

assistés de Mme Ravera, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

G. DUROUX

Le président,

signé

F.PASCALLa greffière,

signé

C. RAVERA

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef

Ou par délégation, le greffier

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions