jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1802404 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2018, Mme B C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2017 par laquelle le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes lui a attribué un complément indemnitaire annuel d'un montant de 600 euros bruts au titre de l'année 2017 ;
2°) de condamner le conseil départemental des Alpes-Maritimes à lui verser la somme de 900 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi correspondant à la différence non perçue entre le montant du complément indemnitaire annuel attribué en 2017 et le montant de son ancien reliquat de fin d'année et ce, pour tous les exercices séparant le présent recours à la date du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du conseil départemental des Alpes-Maritimes une somme de 300 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure ;
- il est entaché d'une erreur de droit
- elle a droit au versement de la somme de 900 euros au titre du préjudice subi correspondant à la perte financière résultant de la différence non perçue entre le montant du complément indemnitaire annuel attribué en 2017 et le montant du reliquat de fin d'année qui lui a été octroyé l'année précédente.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2020, le département des Alpes-Maritimes, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des frais de procédure.
Il fait valoir que :
S'agissant des conclusions d'annulation :
- le moyen tiré du vice de procédure est infondé et inopérant ;
- l'autre moyen soulevé par Mme C n'est pas fondé.
S'agissant des conclusions indemnitaires :
- à titre principal, elles sont irrecevables à défaut de liaison préalable du contentieux sur ces conclusions ;
- à titre subsidiaire, elles ne sont pas fondées dès lors qu'il n'a commis aucune faute susceptible d'engager sa responsabilité et que le préjudice invoqué est incertain et n'est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 4 novembre 2022 :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marginean, représentant le département des Alpes-Maritimes.
Considérant ce qui suit :
1. Le conseil départemental des Alpes-Maritimes, par délibérations des 2 décembre 2016 et 8 décembre 2017, a redéfini le régime indemnitaire de ses agents à compter du 1er janvier 2017, suite à l'intervention du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) dans la fonction publique d'Etat. Sur le fondement de ces délibérations, Mme C, médecin territorial hors classe exerçant les fonctions de médecin coordonnateur à l'insertion au sein de la direction insertion et lutte fraude au département des Alpes-Maritimes, s'est vue attribuer, par un arrêté du 13 décembre 2017 du président du conseil départemental, un complément indemnitaire annuel (CIA) de 600 euros bruts au titre de l'année 2017. Par courrier du 6 février 2018, Mme C a contesté cet arrêté. A la suite du silence gardé par l'administration, une décision implicite de rejet de son recours gracieux est née. Mme C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2017 et de condamner le conseil départemental des Alpes-Maritimes à lui verser la somme de 900 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de l'illégalité fautive entachant cette décision.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, Mme C soutient que l'arrêté en litige encourt l'annulation en ce qu'il n'est pas établi que le comité technique ait disposé des éléments nécessaires pour émettre un vote dans des conditions régulières ni des mêmes pièces que l'assemblée délibérante lors des votes des délibérations des 2 décembre 2016 et 8 décembre 2017. Toutefois, à supposer même qu'un tel moyen soit opérant, la requérante ne se prévaut, à son soutien, de la méconnaissance d'aucun texte ni d'aucun principe de sorte qu'elle ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier le bien-fondé de ce moyen.
3. En second lieu, aux termes de l'article 88 de loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa version applicable : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat () ". Aux termes de l'article 1er du décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le régime indemnitaire fixé par les assemblées délibérantes des collectivités territoriales et les conseils d'administration des établissements publics locaux pour les différentes catégories de fonctionnaires territoriaux ne doit pas être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes. / Le tableau joint en annexe établit les équivalences avec la fonction publique de l'Etat des différents grades des cadres d'emplois de la fonction publique territoriale dans le domaine de l'administration générale, dans le domaine technique, dans le domaine médico-social, dans le domaine culturel, dans le domaine sportif et dans le domaine de l'animation ". Aux termes de l'article 2 du décret précité : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. L'organe compétent fixe, notamment, la liste des emplois dont les missions impliquent la réalisation effective d'heures supplémentaires ouvrant droit aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires versées dans les conditions prévues pour leur corps de référence figurant en annexe au présent décret (). ". En application de l'annexe de ce décret, le cadre d'emploi des médecins territoriaux de la fonction publique territoriale correspond au corps de la fonction publique d'Etat des médecins inspecteurs de la santé publique.
4. Aux termes de l'article 1er du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. / Des arrêtés du ministre chargé de la fonction publique, du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé fixent, après avis du comité technique compétent ou du Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat, la liste des corps et emplois bénéficiant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, le cas échéant, du complément indemnitaire annuel mentionné à l'alinéa précédent () ".
5. Par un arrêté du 13 juillet 2018, la ministre des solidarités et de la santé et le ministre de l'action et des comptes publics, ont rendu applicables aux agents relevant du corps des médecins inspecteurs de santé publique les dispositions du décret du 20 mai 2014 précité, à compter du 1er juillet 2017.
6. La délibération du 2 décembre 2016 du conseil départemental des Alpes-Maritimes autorise la mise en place d'un nouveau régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP), constitué en deux parts, à savoir une indemnité mensuelle de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) fondée sur la nature des fonctions exercées par l'agent et un complément indemnitaire annuel (CIA) lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir de l'agent. Cette délibération prévoit : " d'appliquer dès le 1er janvier 2017, ce nouveau régime indemnitaire à l'ensemble des cadres d'emplois dont le texte correspondant a été publié, et de le mettre en œuvre dans les mêmes conditions au fur et à mesure de la publication des textes pour les autres cadres d'emplois et dans les limites prévues par les textes applicables aux personnels de l'Etat ".
7. Dans la mesure où le texte règlementaire du corps équivalent des médecins inspecteurs de la santé publique était entré en vigueur à la date à laquelle l'arrêté litigieux est intervenu, la requérante n'est, par suite, pas fondé à soutenir que l'acte attaqué est entaché d'une erreur de droit en ce qu'il lui fait application du régime indemnitaire du RIFSEEP défini par le conseil départemental des Alpes-Maritimes. Ce moyen doit donc être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 13 décembre 2017 lui attribuant au titre de l'année 2017 le montant de son complément indemnitaire annuel.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. A supposer que la requérante puisse être regardée comme invoquant l'illégalité fautive de la décision attaquée pour mettre en jeu la responsabilité du département, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le conseil départemental des Alpes-Maritimes n'a pas commis d'illégalité fautive en décidant par l'arrêté du 13 décembre 2017 de lui attribuer un CIA au titre du RIFSEEP pour l'année 2017. Par suite, sa demande indemnitaire doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du conseil départemental des Alpes-Maritimes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le département des Alpes-Maritimes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département des Alpes-Maritimes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au conseil départemental des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
D. A
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
B-P. Antoine
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026