LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-1802515

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-1802515

jeudi 24 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-1802515
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantBAZIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 juin 2018, le 12 octobre 2020 et le 11 juillet 2021, Mme B A, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 18 janvier 2018 par laquelle le président du département des Alpes-Maritimes a classé ses fonctions dans le groupe de fonction B1 pour l'attribution du régime indemnitaire tenant compte des fonctions et des sujétions ;

2°) d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de classer ses fonctions dans le groupe B2 pour l'attribution du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions et de l'expertise ; à défaut, d'enjoindre au département des Alpes-Maritimes de lui accorder un montant mensuel d'indemnité qui ne saurait se situer en deçà de 560, 14 euros ; à défaut, de réexaminer sa situation sans que cela ne puisse aboutir à une situation moins favorable que celle existant à la date du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de du département des Alpes-Maritimes une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la compétence du signataire de l'acte n'est pas établie ;

- la décision contestée n'est pas suffisamment motivée ;

- elle est entachée d'illégalité à raison de l'illégalité de la délibération du 2 décembre 2016, par laquelle le conseil départemental des Alpes-Maritimes a approuvé la mise en place d'un nouveau régime indemnitaire ; cette délibération méconnaît les critères énoncés par le décret du 20 mai 2014 ; cette délibération est entachée d'erreur de droit dans la mesure où elle vise à assurer une cohérence au sein des directions et des filières en méconnaissance des critères déterminés par le décret du 20 mai 2014 ;

- elle est également entachée d'illégalité à raison de l'illégalité de la délibération du 8 décembre 2016 ; cette délibération méconnaît les termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1084 portant diverses dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dès lors que cet article prévoit que les collectivités territoriales définissent les plafonds de chacune des parts en faisant usage des mêmes termes de référence que ceux employés pour les agents de l'Etat alors que la délibération a fixé des montants mensuels uniques ;

- la décision en litige est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où ses fonctions, qui nécessitent une grande technicité juridique, sont moins bien cotées que celles exercées par les juristes du département.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 septembre 2020, le 28 octobre 2020, le 28 juin 2021 et le 25 mars 2022, le département des Alpes-Maritimes, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 1.500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 5 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 mai 2022 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de Mme Belgueche, rapporteure publique,

- et les observations de Me Marginean, représentant le département des Alpes-Maritimes.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, titulaire du grade de rédacteur principal de 1ere classe, exerce les fonctions de formaliste au sein du service de la gestion immobilière et foncière du département des Alpes-Maritimes. Par deux délibérations, adoptées les 2 décembre 2016 et 8 décembre 2017, le département des Alpes-Maritimes a mis en place un nouveau régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel. Par un arrêté du 18 janvier 2018, dont Mme A demande l'annulation, le président du département des Alpes-Maritimes a, en application des deux délibérations précédemment citées, placé Mme A dans le groupe B1, et fixé son montant individuel de l'indemnité de fonctions de sujétions et d'expertise à la somme de 506 euros, à compter du 1er janvier 2018. Par un courrier du 9 février 2018, Mme A a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté. Par une décision du 16 mai 2018, dont Mme A demande également l'annulation, le président du département des Alpes-Maritimes a rejeté sa demande.

2. En premier lieu, la décision en litige est signée par Mme D C, directrice des ressources humaines, qui justifie pour ce faire d'une délégation du 25 octobre 2017 à l'effet de signer tous les actes, certificats et attestations relatifs au personnel de la collectivité. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent./ A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ;/2° Infligent une sanction ;/ 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ;/ 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ;/ 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ;/ 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ;/ 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ;/ 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". La décision en litige, qui n'entre pas dans l'une des catégories énoncées par cet article n'est ainsi pas soumise à l'obligation de motivation prévue par le code des relations entre le public et l'administration.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Le régime indemnitaire fixé par les assemblées délibérantes des collectivités territoriales et les conseils d'administration des établissements publics locaux pour les différentes catégories de fonctionnaires territoriaux ne doit pas être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat exerçant des fonctions équivalentes. Le tableau joint en annexe établit les équivalences avec la fonction publique de l'Etat des différents grades des cadres d'emplois de la fonction publique territoriale dans le domaine de l'administration générale, dans le domaine technique, dans le domaine médico-social, dans le domaine culturel, dans le domaine sportif et dans le domaine de l'animation. ". Aux termes de l'article 2 du même décret : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements ". Il résulte des dispositions de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 et du décret du 6 septembre 1991 qu'il revient à l'assemblée délibérante de chaque collectivité territoriale de fixer elle-même la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités bénéficiant aux fonctionnaires de la collectivité, sans que le régime ainsi institué puisse être plus favorable que celui dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etat d'un grade et d'un corps équivalents au grade et au cadre d'emplois de ces fonctionnaires territoriaux. Il s'ensuit également que pour ce faire, la collectivité n'est pas tenue par les critères énoncés par le décret du 20 mai 2014, applicable aux seuls agents de la fonction publique d'Etat.

5. En tout état de cause, par la délibération en litige du 8 décembre 2017, le conseil départemental des Alpes-Maritimes a décidé de substituer dès le 1er janvier 2018, le régime indemnitaire en vigueur par une indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise fondée sur la nature des fonctions exercées par l'agent et classées dans 10 groupes de fonctions selon les modalités décrites dans la délibération du 2 décembre 2016. Cette délibération du 2 décembre 2016 acte que la répartition des postes de travail dans les groupes de fonctions sera objectivée à partir de trois critères, définis, en premier lieu, au regard de l'encadrement de la coordination, du pilotage et de la conception de projet, en deuxième lieu au regard de la technicité, de l'expertise ou des qualifications nécessaires à l'exercice des fonctions, en troisième lieu au regard des sujétions particulières et du degré d'exposition du poste au regard de son environnement et de son niveau de contraintes. Au regard de ces critères, qui s'inspirent très largement des critères du décret du 20 mai 2014, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la collectivité aurait retenu pour seul critère de définition du régime indemnitaire de ses agents la cohérence entre les directions et filières, ni partant, à se prévaloir à ce titre de l'illégalité de la délibération du 2 décembre 2016.

6. En quatrième lieu, Mme A, qui conteste dans le cadre du présent litige le seul classement de ses fonctions en catégorie B1 et non le montant attribué, ne peut utilement se prévaloir de ce que la délibération du 8 décembre 2017 n'a pas fixé des montants maxima mais des montants uniques, la détermination de ces montants ne constituant pas la base légale du classement contesté. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la délibération du 8 décembre 2017 doit être écarté.

7. En cinquième lieu, Mme A fait valoir que ses fonctions, cotées B1 " application avec expertise et technicité métier/ encadrement d'équipe de premier niveau ", seraient d'un niveau d'expertise et de responsabilité équivalent à celui des juristes du département, bénéficiant d'une cotation B2 " pilotage de projets ou encadrement d'équipe de 2eme niveau ". Toutefois, il ressort de la fiche de poste de Mme A, que lui incombent des missions d'organisation et de secrétariat ainsi que la rédaction d'actes authentiques en la forme administrative pour le compte du département. Il ressort en revanche des pièces du dossier qu'un juriste du département est en charge du contrôle préalable des actes juridiques, de la veille juridique, du règlement et de la gestion des conflits et contentieux, de l'assistance et du conseil aux élus et instances décisionnelles. Au regard du degré d'expertise et d'exposition de ces fonctions respectives, le département des Alpes-Maritimes n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en classant les fonctions exercées par Mme A dans la catégorie B1 pour l'attribution de l'indemnité de fonctions, de sujétion et d'expertise.

8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 18 janvier 2018. Ses conclusions doivent dès lors être rejetées, y compris celles à fins d'injonctions et au titre des frais liés à l'instance.

9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du département des Alpes-Maritimes au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le département des Alpes-Maritimes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert, présidente,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022 .

La rapporteure,

signé

L. E

La présidente,

signé

V. Chevalier-AubertLa greffière,

signé

B.P. Antoine

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions