LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-1803250

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-1803250

mercredi 1 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-1803250
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDEMES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement avant dire droit du 30 juin 2022, le tribunal, statuant sur la requête de Mme D E et de Mme C B tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er février 2018 par lequel le maire du Rouret a délivré à la société par actions simplifiée Denis Construction un permis de construire un bâtiment de deux logements sur la parcelle cadastrée section B n° 861, ainsi que de la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux, et à ce que soit mise à la charge de la commune une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, a, sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, décidé de surseoir à statuer pendant un délai de trois mois à compter de la date de notification de ce jugement sur toutes les conclusions, à charge pour la société Denis Construction, en sa qualité de pétitionnaire, de justifier d'une mesure de régularisation du vice tiré de ce qu'en l'absence de servitude de passage, le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2022, la commune du Rouret, représentée par Me Jacquemin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le permis de construire modificatif délivré le 20 juin 2022 a régularisé le vice dont était affecté le permis de construire initial.

Par un mémoire, enregistré le 22 septembre 2022, Mmes E et B maintiennent leurs conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er février 2018 par lequel le maire du Rouret a délivré à la société Denis Construction un permis de construire un bâtiment de deux logements sur la parcelle cadastrée section B n° 861, ainsi que de la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux, et à ce qu'il soit mis à la charge de la commune une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative

Elles soutiennent que :

- la résistance du pont permettant l'accès au projet à l'augmentation du passage générée par les deux constructions et le passage d'engins de chantier n'est pas garantie ;

- le chemin d'accès présente une largeur inférieure à 3 mètres en méconnaissance du règlement du plan local d'urbanisme et son élargissement n'est pas possible ;

- l'accès au projet nécessite la réalisation d'un ouvrage de soutènement en raison du différentiel de dénivelé entre les terrains ;

- la commune n'a pas vérifié que le tracé du chemin d'accès correspondait à la configuration des lieux ;

- l'accès méconnaît les dispositions du plan de prévention des risques d'incendie de forêt ;

- il méconnaît également les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.

Ces productions ont été communiquées à la société Denis Construction qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 26 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er février 2023 :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Four, représentant les requérantes, de Me Bessis-Osty, représentant la commune du Rouret, et de Me Orlandini, représentant la société pétitionnaire.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 1er février 2018, le maire du Rouret a délivré à la société Denis Construction un permis de construire un bâtiment de deux logements sur la parcelle cadastrée section B n° 861. Par courrier du 22 mars 2018, reçu le 26 mars suivant, Mmes E et B ont formé un recours gracieux contre cet arrêté, lequel a été implicitement rejeté. Saisi d'un recours, le tribunal a, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, décidé, après avoir écarté tous les autres moyens de la requête, de surseoir à statuer dans l'attente de la notification au tribunal, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, d'un permis de construire modificatif régularisant le permis de construire initial. Ce jugement a retenu l'irrégularité tirée de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme en l'absence de servitude de passage. Par un arrêté du 20 juin 2022, le maire de la commune a délivré à la société Denis Construction un permis de construire modificatif, produit dans l'instance.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. A compter de la décision par laquelle le juge fait usage de la faculté de surseoir à statuer ouverte par l'article L. 600-5-1, seuls des moyens dirigés contre le permis modificatif notifié, le cas échéant, au juge peuvent être invoqués devant ce dernier. Les parties ne peuvent soulever aucun autre moyen, qu'il s'agisse d'un moyen déjà écarté par la décision avant-dire droit ou de moyens nouveaux, à l'exception de ceux qui seraient fondés sur des éléments résultant de la régularisation.

3. En premier lieu, si les requérantes soutiennent que le service instructeur n'a pas pris la peine de vérifier que le tracé retenu par la société pétitionnaire satisfaisait aux prescriptions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, ce moyen a déjà été écarté par le jugement avant dire droit qui précisait, à son point 19, que les requérantes ne démontraient pas que la voie d'accès réelle serait inadaptée à l'importance et la nature du projet ou présenterait un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Par suite, ce moyen est inopérant et doit être écarté comme tel.

4. En deuxième lieu, si les requérantes se prévalent des dispositions du règlement de la zone B1A du plan de prévention des risques d'incendie de forêt de la commune du Rouret, ce moyen a lui aussi déjà été écarté par le jugement avant dire droit, en son point 26. Par suite, ce deuxième moyen est également inopérant et doit être écarté comme tel.

5. En troisième lieu, si les requérantes se prévalent des dispositions du règlement de la zone N du plan local d'urbanisme de la commune du Rouret entré en vigueur entre le permis initial et le permis modificatif, les moyens présentés à ce titre, tirés de la méconnaissance des articles N 2 et N 3 du règlement du plan local d'urbanisme, concernent des points qui n'ont pas été modifiés par le permis modificatif. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que ce moyen est inopérant. Il suit de là qu'il ne peut qu'être écarté.

6. En quatrième lieu, les requérantes soutiennent que la seconde option envisagée par l'expert judiciaire dans le cadre de la procédure de désenclavement, option différente de la première option retenue par la société pétitionnaire dans sa demande de permis de construire, pourrait impliquer de reconfigurer le projet. Toutefois, cette argumentation est purement hypothétique. En tout état de cause, la création d'une servitude de passage entraine seulement une modification portant sur un point précis et limité du projet, qui ne nécessite pas la présentation d'un nouveau projet. Ainsi, à supposer que le juge judiciaire retienne la seconde option envisagée par l'expert judiciaire, la société pétitionnaire pourrait solliciter un second permis modificatif pour procéder aux modifications nécessaires. Il suit de là que ce moyen doit également être écarté.

7. En dernier lieu, l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie./ Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic ".

8. Il résulte des dispositions citées au point précédent que l'autorité compétente et, en cas de recours, le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie.

9. En l'espèce, il a été constaté par le jugement avant dire droit que si le projet en litige prévoit un passage par les parcelles section B n° 862 et 1897, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que la société Denis Construction justifiait d'une servitude de passage et qu'il appartenait à l'autorité administrative d'assortir l'autorisation accordée d'une prescription visant à l'obtention d'un tel titre, une telle prescription apportant une modification du projet sur un point précis et limité qui ne nécessite pas la présentation d'un nouveau projet. Les requérantes étaient, dès lors, fondées à soutenir que le projet en litige méconnaissait les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme.

10. L'article 2 du permis de construire modificatif précise que le présent arrêté est conditionné à la production, par le bénéficiaire, de l'acte authentique de servitude de passage au plus tard lors de la déclaration d'ouverture de chantier. Dès lors, le permis de construire modificatif délivré le 20 juin 2022 a régularisé le permis de construire initial sur ce point.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 1er février 2018 par lequel le maire du Rouret a délivré à la société Denis Construction un permis de construire un bâtiment de deux logements sur la parcelle cadastrée section B n° 861, et de la décision implicite portant rejet de leur recours gracieux doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont les requérants étaient fondés à soutenir qu'elle était irrégulière et dont ils sont, par leur recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à leur charge ou à rejeter les conclusions qu'ils présentent à ce titre. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mmes E et B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Rouret et par la société Denis Construction sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à Mme C B, à la commune du Rouret et à la société par actions simplifiée Denis Construction.

Délibéré après l'audience du 1er février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Bonhomme, président,

Mme Soler, conseillère,

M. Holzer, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er mars 2023

La rapporteure,

Signé

N. A

Le président,

Signé

T. BONHOMME La greffière,

Signé

M.L. DAVERIO

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation la greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions